Parti québécois

Guy Nantel aux portes de la course ? 

Québec et Brossard — Guy Nantel deviendra membre du Parti québécois jeudi et confirmera du même coup s’il se lance dans la course pour devenir le 10e chef de l’histoire du parti.

L’humoriste en fera l’annonce à 10 h lors d’une mêlée de presse à la permanence du PQ à Montréal. Dans son entourage politique, on affirmait mercredi avec enthousiasme que « tout indique » que M. Nantel sera de la course. Dans un bref échange téléphonique, l’imprésario de l’humoriste a aussi dit à La Presse qu’il allait « l’encourager de loin », mais qu’il ne l’accompagnerait pas en politique. Il lui laisse toutefois le soin de confirmer sa décision. 

En spectacle mercredi soir à Brossard, Guy Nantel s’est gardé de tout commentaire quant à son intention de se lancer dans la course à la direction du PQ. Même si la chose politique est au cœur de Nos droits et libertés, spectacle qui en est à sa troisième année d’existence, l’humoriste n’a pas usé de sa tribune pour solliciter l’appui du public.

« Ce sont deux univers complètement différents [l’humour et la politique], a-t-il dit à La Presse après sa prestation. Je comprends quand les gens mélangent les deux, mais je ne suis pas dans le cynisme. La politique, pour moi, ce n’est pas le Parti Rhinocéros. »

« Si je me présente, j’ai l’impression que je vais attirer le focus sur le parti, et forcer les candidats à se positionner sur les questions essentielles. Trop souvent, j’ai trouvé que le parti [PQ] a été vague », a ajouté Guy Nantel.

Plusieurs questions

La direction du Parti québécois a aussi prévenu mercredi les autres candidats de la course que Guy Nantel signerait jeudi sa carte de membre. Le député Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon et l’enseignant Frédéric Bastien ont déjà annoncé qu’ils se lançaient dans la course.

Mais le fait de confirmer sa décision jeudi à la permanence du parti a soulevé plusieurs questions, mercredi, auprès de ceux qui sont déjà dans la course. Au parti, on leur a toutefois assuré qu’aucun soutien technique (micros, salle de conférence ou autre) ne serait accordé à Guy Nantel pour son annonce. 

Au parti comme dans l’aile parlementaire péquiste, certains se posent une question : Guy Nantel sera-t-il candidat du PQ aux prochaines élections, qu’il soit élu chef ou non ? Certains souhaitent connaître la réponse rapidement.

« Décomplexer » le PQ

Lors de son passage récemment à l’émission Tout le monde en parle, Guy Nantel a affirmé qu’il deviendrait membre du parti s’il se lançait dans la course. Sur le plateau de Guy A. Lepage, l’humoriste a affirmé que le Parti québécois devait « se décomplexer ».

« J’ai ça dans le sang, j’aime le débat, la joute, le combat. J’aime le Québec », a-t-il également dit. 

Deux débats seront organisés pendant la course, dont le premier aura lieu le 17 avril. Pour la première fois de l’histoire du parti, les « sympathisants » (c’est-à-dire des non-membres) pourront voter pour l’élection du nouveau chef, moyennant une contribution de 5 $. 

Il est prévu pour l’instant que Guy Nantel donne une représentation de son spectacle Nos droits et libertés le 19 juin prochain. Or, les péquistes éliront leur nouveau chef le même soir. S’il se lance, l’humoriste pourrait donc devoir annuler le spectacle ou en changer la date.

obligation de céder des terrains pour la construction d’écoles

Une hausse des taxes inévitable, estime Montréal

La décision du gouvernement Legault d’obliger les villes à céder des terrains pour la construction d’écoles pourrait représenter plusieurs centaines de millions de dollars dans la seule ville de Montréal, ce qui ferait bondir l’impôt foncier des propriétaires de la métropole, estime l’administration de la mairesse Valérie Plante.

Après un premier mouvement d’indignation à la suite de l’adoption vendredi dernier de la loi 40 qui concerne notamment l’organisation et la gouvernance scolaires, le monde municipal a sorti sa calculatrice. Les grandes villes du Québec, dont Montréal, vont quantifier lors d’une conférence de presse, jeudi après-midi, l’impact estimé de la décision gouvernementale.

Ainsi, sur 40 écoles projetées à travers le Québec, la construction de 14 d’entre elles est prévue à Montréal afin de répondre à l’augmentation du nombre d’élèves sur le territoire. Lors d’une mêlée de presse mercredi, la mairesse Plante a d’abord rappelé que le gouvernement ne pouvait pas se délester d’une compétence provinciale et faire supporter le poids financier de sa responsabilité sur les seuls contribuables. Elle a cité à titre d’exemple la valeur d’un terrain au centre-ville qui peut s’élever jusqu’à 40 millions. « Ce qui veut dire au final que pour un Montréalais, l’éducation va coûter plus cher ici que, par exemple, dans une municipalité qui ne vit pas une flambée des prix. C’est inéquitable », a commenté Valérie Plante.

Même en considérant que les autres terrains ne coûteraient pas aussi cher pour ériger des écoles, la multiplication des projets laisse entrevoir un problème de plusieurs centaines de millions qui augmenterait le fardeau fiscal des propriétaires, explique-t-on au cabinet de la mairie. Concrètement, chaque tranche de 40 millions équivaut à une hausse directe d’environ 1 % des taxes foncières pour les Montréalais, ajoute-t-on.

À Longueuil, le coût estimé que devront absorber les propriétaires à cause de la loi 40 s’élève à quelque 120 millions, soutient-on au cabinet de la mairesse Sylvie Parent. La construction de chacune des 10 écoles projetées à Longueuil pourrait entraîner une hausse de 3 % des taxes municipales, ajoute-t-on.

Roberge persiste et signe

Depuis samedi dernier, les municipalités exigent d’obtenir une compensation financière lorsqu’elles seront obligées de céder un terrain. Il n’en est pas question, a réitéré le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Selon ce dernier, la construction d’une école pourrait stimuler le développement résidentiel dans les environs. À Montréal, ce scénario ne semble pas tenir la route en raison de la densité de la construction, dit-on à l’hôtel de ville.

En fin d’après-midi mercredi, le ministre Roberge et sa collègue des Affaires municipales, Andrée Laforest, ont rencontré les représentants de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et de la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Si la présidente intérimaire de l’UMQ, la mairesse de Sainte-Julie Suzanne Roy, a parlé d’une « discussion franche » au terme de laquelle il a été convenu de se revoir d’ici deux semaines, elle maintient qu’une hausse des taxes foncières est un enjeu réel, tout comme une possible augmentation du service de la dette des villes.

Course à la direction du Parti conservateur

Une équipe prend forme pour appuyer John Baird

OTTAWA — L’ancien ministre des Affaires étrangères John Baird pourra compter rapidement sur une équipe d’organisateurs aux quatre coins du pays s’il décide de se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur.

M. Baird continue de jauger ses appuis en multipliant les rencontres. Il était de passage en Colombie-Britannique mercredi, après avoir rencontré des conservateurs influents la veille à Toronto. Sa réflexion n’est toutefois pas terminée, même s’il fait l’objet de vives pressions du premier ministre de l’Alberta Jason Kenney, et même de l’ancien premier ministre Stephen Harper, pour briguer la direction du Parti conservateur et, par ricochet, empêcher le meneur actuel de la course, l’ancien ministre de la Justice Peter MacKay, de prendre les commandes du parti.

« Il continue de consulter les gens. Sa décision n’est pas encore prise, mais sa réflexion avance », a confié mercredi à La Presse une source conservatrice qui a requis l’anonymat.

Le temps commence toutefois à presser pour que M. Baird, qui a aussi été ministre de l’Environnement et président du Conseil du Trésor dans l’ancien gouvernement de Stephen Harper, annonce ses couleurs. La date limite pour s’inscrire comme candidat et répondre aux exigences initiales est le 27 février.

« S’il décide de plonger, il aura une équipe prête à l’appuyer dès le premier jour. On commence à recueillir des signatures des membres qui l’appuient dans l’éventualité où il dit oui », a confié cette source conservatrice.

Le quotidien The Toronto Star a rapporté mercredi que d’anciens proches collaborateurs de M. Baird alors qu’il était ministre attendaient son signal, tout comme plusieurs de ses amis.

Parmi ceux-ci, on retrouve ses anciens directeurs des communications, Rick Roth et Mike Van Soelen, de même que ses anciens directeurs des politiques Shuvaloy Majumdar et Oren Cainer.

Deltell n'a pas tranché

Joint mercredi, le député conservateur Gérard Deltell a soutenu que la candidature de John Baird serait bien accueillie par les troupes conservatrices.

« S’il y va, ça s’ajoute à une belle liste qu’on a jusqu’à maintenant », a-t-il affirmé.

M. Deltell, qui a lui-même songé à se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur, a dit ne pas avoir pris de décision quant à savoir quel candidat il appuierait.

« Je veux regarder comment la campagne va, je veux savoir qui va être là sur la ligne de départ aussi. […] Laissons les gens se présenter, et laissons les candidatures s’officialiser, et après ça, on pourra juger », a-t-il dit.

Durant la dernière course, remportée en 2017 par Andrew Scheer, M. Deltell avait appuyé le député conservateur Erin O’Toole, qui est de nouveau sur les rangs. Ce dernier avait terminé troisième.

Outre Peter MacKay et Erin O’Toole, les autres candidats qui sont dans la course sont la députée du sud de l’Ontario Marilyn Gladu ainsi que l’homme d’affaires de l’Alberta Rick Peterson.

D’autres candidats pourraient aussi être sur les rangs. Rudy Husny, ancien militant conservateur du Québec qui a travaillé pour d’anciens ministres conservateurs, Richard Décarie, ancien proche collaborateur de Stephen Harper alors qu’il était chef de l’opposition officielle en 2005, et Derek Sloan, jeune député de la circonscription de Hastings-Lennox and Addington, en Ontario, ont exprimé de l’intérêt. Ils ont jusqu’au 27 février pour soumettre leur candidature et répondre aux exigences initiales.

— Avec Mélanie Marquis, La Presse

Meurtre de Noémie Lavoie

Au moins 15 ans de prison pour avoir égorgé sa conjointe

Noémie Lavoie n’a jamais pu prendre le train pour son Saguenay natal. Alors qu’il était menacé d’expulsion pour de nombreux crimes violents l’hiver dernier, son conjoint l’a étranglée, puis égorgée. Ses deux sœurs se trouvaient pourtant à l’étage de leur résidence de Montréal.

Ali Mahadi Mahamat a plaidé coupable mardi à une accusation de meurtre non prémédité devant la juge Lyne Décarie. Il a écopé de la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans pour ce crime gratuit et répugnant, évitant ainsi un procès l’automne prochain.

L’affaire avait fait grand bruit l’hiver dernier. La jeune femme de 24 ans avait été assassinée brutalement dans un logement du quartier Ahuntsic. Son conjoint, un récidiviste violent, était visé depuis trois semaines par une mesure d’expulsion vers le Tchad, son pays natal.

Même s’il avait déjà été impliqué dans une sordide agression sexuelle, il avait été libéré pendant les procédures d'immigration.

Le jour fatidique, le 26 février 2019, Noémie Lavoie passe la soirée avec son bourreau au sous-sol de leur domicile. Les deux sœurs de celui-ci sont à l’étage. Vers 19 h 32, la jeune femme parle pour la dernière fois avec sa mère. Elle lui demande alors de l’aide pour acheter un billet de train pour retourner au Saguenay le lendemain, selon le résumé des faits.

Une demi-heure plus tard, la sœur du meurtrier descend au sous-sol pour discuter de vêtements avec Noémie. Elle entend des rires et de la musique au sous-sol toute la soirée, indique-t-elle. Mais vers 20 h 30, Ali Mahadi Mahamat rejoint ses sœurs à l’étage. Il est blessé au nez et a une tache sombre sur son chandail. Il demande à ses sœurs de sortir du logement. C’est alors que sa sœur cadette fait la macabre découverte au sous-sol.

Noémie Lavoie n’a eu aucune chance. Son conjoint l’a étranglée avant de lui trancher la gorge et de la poignarder à quatre reprises au thorax. Selon le rapport d’autopsie, la jeune femme est morte des coups de couteau à la gorge et au thorax, et non de l’étranglement. L’arme du crime a été retrouvée sur une pile de vêtements. Le motif du meurtre n’est toutefois pas mentionné dans les documents de cour.

lourds antécédents

Malgré son jeune âge, l’homme de 24 ans avait de lourds antécédents criminels de violence. À seulement 20 ans, la liste de ses antécédents judiciaires comptait déjà 27 infractions.

En 2017, il a été condamné à 24 mois de prison pour agression armée, voies de fait graves et complicité après le fait.

Ali Mahadi Mahamat avait participé à une horrible affaire d’agression sexuelle à l’endroit d’un autostoppeur pris à l’Étape par le couple quelques jours plus tôt. La victime, un jeune homme, avait vécu l’enfer. Ses bourreaux l’avaient forcé à faire une fellation. On l’avait aussi battu à répétition à coups de tringles à rideaux et tailladé de coups de couteau.

Ali Mahadi Mahamat avait ensuite lavé le logement pour faire disparaître les traces de l’agression. Pendant une audience, la procureure de la Couronne l’avait décrit comme un « danger pour la société ». Notons que dans cette affaire, Noémie Lavoie avait été condamnée à 105 jours de prison pour complicité après le fait.

Mes Catherine Perreault et Jasmine Guillaume représentaient le ministère public dans la cause de meurtre, alors que Me Tom Pentefountas défendait l’accusé.

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Une Montréalaise veut sauver son chien de l’euthanasie

La Ville de Montréal exige qu’un chien soit euthanasié en raison du « risque élevé » qu’il pose pour la sécurité publique. Même si l’animal n’a jamais mordu, il est jugé à « forte probabilité d’agressions ». Carolane Parisé ne veut pas euthanasier sa chienne de trois ans et demi, comme l’exige la Ville. Dans une demande d’injonction déposée cette semaine, elle explique que la demande est « déraisonnable » et que d’autres mesures pourraient être prises pour préserver la sécurité publique sans pour autant tuer Khaleesi, une femelle malamute croisée à un boxer. En juillet 2019, la propriétaire a appris que des personnes de son voisinage qui ne se « sentaient pas en sécurité » avaient porté plainte à un agent de prévention en contrôle animal de la Ville. Quelques mois plus tard, dans une salle de la SPCA de Montréal, la vétérinaire Suzanne Lecomte a jugé que le potentiel dangereux de Khaleesi était de 8 sur une échelle de 10. La propriétaire demande une contre-expertise par un autre vétérinaire avant que l’euthanasie soit ordonnée. L’avocate Anne-France Goldwater tentera de sauver le chien, vendredi, en s’adressant à la Cour supérieure.

— Véronique Lauzon, La Presse

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La journaliste Christie Blatchford n’est plus

La journaliste canadienne Christie Blatchford est morte mercredi à l’âge de 68 ans après avoir reçu un diagnostic de cancer du poumon l’automne dernier. Native de Rouyn-Noranda, Mme Blatchford a marqué les esprits. Son caractère intransigeant et ses reportages sur les enjeux judiciaires au Canada étaient mentionnés dans plusieurs témoignages à travers les réseaux sociaux mercredi matin. Lauréate de prix prestigieux en journalisme, l’ancienne correspondante de guerre a signé de nombreux textes dans le National Post, le Toronto Star et le Globe and Mail. Les reportages de guerre et de droit criminel sont généralement des histoires de vie ou de mort, ce qui les rend vraiment importantes, avait expliqué Mme Blatchford lors de son intronisation au Canadian News Hall of Fame, en novembre dernier. Le premier ministre ontarien Doug Ford a rendu hommage sur son compte Twitter à la célèbre columnist : « Le journalisme canadien subit une énorme perte aujourd’hui à la suite du décès de Christie Blatchford. »

— Mayssa Ferah, La Presse

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