Les vins de la semaine

Blanc comme l’hiver, mais frais comme le printemps !

Il fait peut-être froid et la neige s’accumule, mais les journées allongent – on peut rêver à la belle saison ! Voici trois vins blancs pleins de fraîcheur et de vitalité qui revigorent avec leurs airs printaniers, mais qui ont aussi toute leur place en hiver. Comme les blancs vifs et légers qu’on sert avec une fondue au fromage.

Une bouffée d’air frais

La famille Raventos, qui élabore certains des meilleurs vins effervescents de Catalogne, est derrière cette marque qui propose des cavas à très bon prix, issus d’une viticulture bio. Élaboré avec les cépages classiques du cava, xarel-lo, maccabeu et parellada, celui-ci est une bouffée d’air frais. Des arômes délicats de pomme jaune, de fleurs séchées, de foin et d’agrumes ouvrent le bal, avec cette note plus terreuse, qui me rappelle la pomme russet. Léger, pimpant, hyper frais et très sec, avec un caractère aérien et une bulle fine, il fait saliver. Pas compliqué et très authentique, il est parfait pour l’apéro, avec des poissons ou fruits de mer grillés, ou tout simplement pour rêver au printemps.

La Vida al Camp Cava Brut 2016, 20,85 $ (12693895) 11,5 % Bio

Garde : 2 à 3 ans

Seul ou accompagné

Aucun lien avec la famille Raventos ci-dessus. Ou plutôt oui, mais un lien rompu depuis longtemps. Ce domaine-ci, qui s’appelle Raventos d’Alella, est entre les mains du groupe Codorniu. Alella est l’appellation, la Denominación de Origen (DO), toute petite, située au nord-est de Barcelone. Pansa blanca est le nom local du cépage qui y est le plus cultivé : le xarel-lo. Il donne ici un vin léger, frais et délicieusement juteux. Un bel exemple d’un vin fruité, mais complètement sec, avec des arômes d’agrumes, d’orange, une pointe de fleurs blanches. Simple et savoureux, il met le sourire aux lèvres. Délicieux seul, mais aussi très polyvalent, il accompagnera une cuisine simple, axée sur la fraîcheur.

Raventos d’Alella Pansa Blanca Alella 2018, 17,30 $ (13637502) 12 %

Garde : 2 à 3 ans

Les poissons l’adoreront

Le garganega, cépage phare de l’appellation Soave, est très productif et donne des vins ordinaires si ses rendements ne sont pas contrôlés. Mais cette région de Vénétie, au terroir singulier, avec entre autres des sols d’origine volcanique, compte son lot de vignerons méticuleux qui cultivent la vigne avec soin. Filippo Filippi est de ceux-là. Il bichonne des vieilles vignes, cultivées en bio avec de petits rendements et des vinifications peu interventionnistes. Issu du cru de Castelcerino, ce Soave charme avec un nez invitant de poire, d’amande et de coing. La bouche offre du gras, de l’éclat et de la fraîcheur, avec des saveurs pures, et une délicate salinité. Il brillera avec sashimis, saumon au beurre blanc, pétoncles poêlés.

Filippi Castelcerino Colli Scaligeri Soave 2018, 24,25 $ (12129119) 12,5 % Bio

Garde : 4 à 6 ans

Gourmand

À la carte

La scène gastronomique montréalaise se réinvente sans cesse. Ouvertures de restaurants, nouveaux menus, évènements... Nous vous présentons chaque semaine ce qu’il ne faut pas manquer pour bien boire et bien manger.

En vedette

Party viet !

La Belle Tonkinoise a ouvert une deuxième succursale sur la rue Beaubien, à trois coins de rue de la première, cachée dans un sous-sol de la rue Jean-Talon. Quand nous y sommes allés, un vendredi soir, l’endroit était plein à craquer dans une ambiance de party. Mais qu’est-ce qui se passe ici ? se disait-on en regardant les murs garnis de photos d’époque de kung-fu et de manga dans une ambiance dictée par une trame sonore hip-hop.

Mais pourquoi avoir ouvert un deuxième restaurant – appelé La Belle Tonki – si près du premier ? « On manquait d’espace », résume le copropriétaire Michel Nguyen. Concrètement, ça veut dire qu’on va sur Jean-Talon pour le lunch, puis pour le souper (et faire la fête), le rendez-vous est sur la rue Beaubien.

Mais relatons d’abord la fabuleuse histoire de La Belle Tonkinoise. Quand Michel « Mitch » Nguyen a commencé à aider sa mère avec son restaurant vietnamien ouvert 14 ans plus tôt, le comptable ne se doutait pas qu’il allait y rester. Sa mère avait une bonne clientèle, mais elle tenait son restaurant à bout de bras.

Mitch a fait appel à son ami d’enfance Michel « Miche » Lim, danseur professionnel de breakdance qui a aussi étudié en cuisine. « Cela devait être temporaire, raconte ce dernier. Puis la mère de Michel nous a suggéré de reprendre le restaurant. »

Lui et Mitch ont décidé de délaisser les plats vietnamiens traditionnels pour un menu « funky ». Ils se sont dotés d’un permis de bar au lieu d’être un « apportez votre vin ». Un troisième associé, Mikhael Lopez, s’est joint à eux.

Résultat, trois ans plus tard ? Un succès. « Je dis souvent que nous sommes un centre communautaire avec des habitués », dit Mitch. « Nous servons du comfort food vietnamien à saveur montréalaise », ajoute le chef Miche.

La partie « funky » du menu de La Belle Tonki remplit sa mission. Ce sont des plats « impossibles à trouver ailleurs ». Les mélanges improbables sont hautement réussis. On y croyait plus ou moins, mais le ramen au cheddar fort épicé est délectable, tout comme la poutine pho. La salade de chou ? Divine.

Pour boire, La Belle Tonki sert des cocktails et des bières de la microbrasserie 4 Origines. Pour l’instant, la carte de vins est sommaire, mais elle sera bonifiée sous peu.

— Émilie Côté, La Presse

1335, rue Beaubien Est

Actualités

Hà + Cantine Tran= Dinh Dinh

Au début, il y avait le Pho Tay Ho, une institution vietnamienne du quartier Petite-Patrie, propriété de la famille Tran, puis Souvenirs d’Indochine, un établissement vietnamien de l’avenue du Mont-Royal mené par le regretté M. Hà. Ensuite, la nouvelle génération, soit la Cantine Tran, ouverte par Marylyn Tran et son mari, dans Saint-Henri, et le restaurant Hà, la version revampée de Souvenirs d’Indochine, dont la transformation a été réalisée à l’époque où M. Hà était encore de ce monde avec une jeune équipe formée du chef Ross Louangsignotha, de Nicolas Urli, Flore-Anne Ducharme et Francisco Randez, et qui a depuis donné des petits (Hà Vieux-Montréal et le comptoir Hà dans le Cathcart). Qu’ont-ils en commun ? Ils allient leurs forces, soutenues par le groupe A5, pour faire naître le nouveau Dinh Dinh, une brasserie vietnamienne décontractée et décomplexée, qui verra le jour ce printemps dans Saint-Henri, dans l’ancien Cho, avec un tout nouveau design signé par les Gauley Brothers. « Les héritiers, si on veut, se mettent ensemble pour lancer un projet plus jeune, plus funky, dans un quartier qui l’est tout autant », résume Nic Urli. Bouchées et plats à partager à la vietnamienne, inspirés par la bouffe de rue du pays, beaux et bons vins, cocktails inspirants, bières fraîches et ambiance festive devraient être au menu de l’endroit dont le nom fait référence au mot « famille » en vietnamien (dia dinh). « La nourriture restera très authentiquement vietnamienne, avec toute la fraîcheur, la convivialité et les saveurs de cette cuisine », conclut Mme Tran.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

4450, rue Notre-Dame Ouest

Ouverture

Délices coréens

Nous profitons du sacre du film Parasite au dernier gala des Oscars pour faire connaître le restaurant coréen SSAM, situé sur la rue Bélanger, à deux pas de la Plaza St-Hubert. Pas de doute, à voir comment la propriétaire salue les clients du midi, c’est un repaire d’habitués de travailleurs du quartier (et un secret bien gardé). Quand Jade Seo cherchait à ouvrir un restaurant de cuisine coréenne en 2017, elle tenait à ce que ce soit à l’est de la ligne orange, et elle voulait pouvoir servir un kimchi qui goûte celui de sa mère. Bibimpap, Jjigae ou Jeongol, la cuisine de Jade Seo est authentique et rehaussée par toutes ses savoureuses sauces maison. La propriétaire insiste aussi pour servir ses plats sur de lourdes assiettes de pierre venues de la Corée du Sud. Nous avons raffolé du ssam – plat typiquement coréen, à qui le restaurant doit son nom –, qui consiste à envelopper une viande grillée dans des feuilles de laitue avec du riz, de la sauce Ssamjang, des oignons marinés et du kimchi. La prochaine fois, nous allons goûter au Pajeon, la crêpe croustillante aux fruits de mer. Pour le reste, l’ambiance de SSAM – mi-Chinatown mi-bistro – est chaleureuse. C’est sans prétention, tout comme la carte des vins qui ratisse large. On peut boire un Sauvignon blanc populaire (les Jamelles), mais aussi un Chinon nature (Le vin de ma mère). Il y a aussi des bières asiatiques (dont la coréenne Kloud), différentes sortes de Soju, des sakés et du Bokbunja.

— Émilie Côté, La Presse

756, rue Bélanger

Évènement

Champagne et fattoush

Le domaine champenois Vouette et Sorbée, certifié en agriculture biologique et biodynamique depuis plus de 20 ans, est un des chefs de file de la « renaissance » des champagnes de vignerons. Le 23 février, au restaurant Damas, Bertrand Gautherot sera sur place pour présenter quatre des cuvées qu’il élabore avec sa femme, Hélène. Le chef Fuad Alnierabie préparera pour sa part un festin en cinq services qui s’arrimera aux fines bulles du couple, représenté par l’agence RéZin. Seules 25 places, en salle semi-privée, sont disponibles. Qui dit champagne de grande qualité dit aussi addition corsée. La soirée coûte 400 $, taxes et service inclus. Le reste de la salle pourra goûter à deux cuvées Vouette et Sorbée avec le menu régulier du Damas.

— Ève Dumas, La Presse

Damas, 1201, avenue Van Horne

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