Un Borduas et un Riopelle volés auraient refait surface

La police est sur la piste pour les restituer à leurs propriétaires

Deux œuvres de grande valeur de peintres québécois volées dans les années 90, un Borduas et un Riopelle, auraient récemment refait surface sur le marché noir, a appris La Presse. La police est sur la piste et espère mettre la main dessus pour les restituer à leurs propriétaires légitimes.

Les enquêteurs spécialisés de la Sûreté du Québec (SQ) ont obtenu des informations qui portent à croire que quelqu’un aurait fait des démarches dans le but de remettre en vente les toiles des deux signataires du manifeste Refus global. Les deux œuvres avaient disparu depuis longtemps.

Un appel à la vigilance a été lancé aux marchands d’art québécois cette semaine, dans l’espoir que des connaisseurs puissent aider à résoudre le crime.

« On demande aux gens de joindre les policiers s’ils sont approchés au sujet de ces œuvres ou s’ils détiennent des informations », a confirmé le lieutenant Hugo Fournier, porte-parole de la SQ.

Exposée à Paris 

La première des deux toiles est probablement celle dont la valeur serait la plus élevée, selon les experts. Intitulée L’autel aux idolâtres, elle a été peinte par Paul-Émile Borduas en 1946 et exposée l’année suivante à Paris, à la Galerie du Luxembourg, en même temps que de nombreux ouvrages d’artistes canadiens de l’époque.

Un article de l’Agence France-Presse publié dans les pages de La Presse en 1947 précisait que l’art de Borduas avait « étonné » le public lors du vernissage de l’exposition, qui avait attiré « nombre de critiques et peintres parisiens, de même que plusieurs étudiants canadiens actuellement à Paris ».

L’autre toile sur laquelle enquêtent les policiers, peinte par Jean Paul Riopelle en 1988, est intitulée Plumage d’or. La SQ n’a pas voulu dévoiler plus d’informations sur l’enquête à ce stade.

Turbulences dans le milieu

L’appel à la vigilance lancé par les enquêteurs survient alors que des turbulences agitent le milieu très fermé du trafic clandestin d’œuvres d’art à Montréal.

Dans un autre dossier, le 16 octobre dernier, le juge de la Cour du Québec David Simon a libéré un proche de la mafia montréalaise, Carlo Farruggia, d’une accusation de possession de biens volés.

M. Farruggia, propriétaire d’une centaine de guichets automatiques et connu pour avoir fréquenté la mafia et les Hells Angels, avait été arrêté en 2017 pour avoir exposé trois Riopelle volés dans sa maison.

Au terme de son enquête préliminaire, le juge a estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves indiquant une intention criminelle pour justifier un procès sur le chef d’accusation de possession de biens volés. M. Farruggia sera tout de même jugé pour possession d’une arme prohibée, un poing américain trouvé chez lui lors d’une perquisition de la police.

Au début du mois d’octobre, de nombreuses œuvres d’art volées saisies chez l’importateur de cocaïne Bruno Varin ont par ailleurs été restituées à leurs propriétaires légitimes. Une trentaine de tableaux et d’autres pièces avaient été retrouvés par les policiers du SPVM chez le trafiquant en 2014, notamment un bronze de Salvador Dalí.

Parmi les peintures, on retrouvait un tableau du peintre canadien Tom Thomson valant 1 million de dollars, un Cornelius Krieghoff peint au milieu du XIXe siècle ainsi que des Marc-Aurèle Fortin, des Alfred Pellan, des Paul-Émile Borduas et d’autres.

— Avec la collaboration de Louis-Samuel Perron et de Daniel Renaud, La Presse

Inondations

Le monde municipal critique le régime d’indemnisation

Le programme d’indemnisation mis sur pied après les dernières crues printanières est moins efficace que ne le prétend le gouvernement Legault, ont affirmé des élus municipaux, jeudi, lors d’un sommet sur les inondations. Le rassemblement organisé par l’Union des municipalités (UMQ) vise à alimenter la réflexion sur la manière de mieux protéger les Québécois en période de crue et de mieux indemniser ceux dont la maison est endommagée.

À cet égard, les élus ont vivement critiqué les mesures mises en place par le gouvernement de la Coalition avenir Québec.

Questionné pour savoir si ses membres avaient remarqué une amélioration par rapport aux précédentes inondations, en 2017, le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, a répondu sans détour : « Non. »

« Cette année, ce que j’ai entendu de mes collègues, c’est que, sur la question des dédommagements, ç’avait été plus long, a-t-il déploré. Il y a peut-être de grosses statistiques qui sont intéressantes, mais ça n’a pas mieux fonctionné cette année que la dernière fois. »

Selon lui, le programme d’indemnisation a enterré nombre de municipalités sous de la « paperasse ». Bien qu’il soit favorable à une reddition de comptes, il estime que les municipalités doivent avoir plus de latitude pour aider leurs citoyens en période de crise.

« Il va falloir se doter de programmes plus efficaces sur le coup, a dit M. Cusson. Là, aujourd’hui, tout est réglé et c’est beau. Mais quand les gens ont les deux pieds dedans, il faut les sortir de la bureaucratie et les laisser agir sur le terrain. »

Rapide, mais compliqué

À Gatineau, les sinistrés ont généralement été indemnisés rapidement, a convenu le maire Maxime Pedneaud-Jobin. En revanche, il estime que Québec a compliqué la vie aux municipalités comme la sienne en leur refilant une partie de la facture des services de la Croix-Rouge.

« Ça n’a pas d’allure », a souligné M. Pedneaud-Jobin.

Cette décision a forcé sa ville à allonger près de 600 000 $ pour payer les services d’hébergement des sinistrés. Résultat : les inondations de 2019 coûteront plus cher à Gatineau que celles de 2017, même si elles ont fait moins de sinistrés.

« C’est une façon de nous pelleter une responsabilité financière de plus en temps de crise », a dénoncé M. Pedneaud-Jobin.

Quelques minutes plus tôt, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, s’était félicitée du programme qu’elle avait mis en place pour épauler les victimes ce printemps. Il prévoit des indemnisations pouvant atteindre 200 000 $. Ceux qui s’en prévalent ne pourront plus faire de réclamation à la suite d’une inondation.

Le traitement des demandes a été beaucoup plus rapide, a souligné Mme Guilbault. Le gouvernement a ainsi versé des indemnisations totalisant 152 millions.

« On a versé près de trois fois plus d’aide financière à ce jour qu’à pareille date en 2017, a relevé Mme Guilbault. On a fermé 20 fois plus de dossiers qu’à pareille date en 2017. Donc, le nouveau programme, son objectif d’aller plus rapidement et d’aider plus de gens, il fonctionne. »

Pont Jacques-Cartier

La piste cyclable ouverte l’hiver prochain à 25 cyclistes

La piste multifonctionnelle du pont Jacques-Cartier sera déneigée sur toute sa longueur pour la première fois, l’hiver prochain, au bénéfice d’un groupe restreint de 25 cyclistes, qui testeront la qualité du déneigement et la sécurité des déplacements hivernaux à vélo entre Longueuil et Montréal.

La société fédérale des Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCCI) consacrera un peu plus de 700 000 $ à cette expérience qui permettra d’évaluer les conditions d’utilisation sécuritaires de la piste, les coûts de son entretien et le niveau de service qu’il serait envisageable d’offrir, éventuellement, à un plus large public.

« C’est la première fois qu’on va entretenir la totalité des trois kilomètres de cette piste-là, et c’est la première fois qu’on va l’entretenir tout un hiver », affirme la directrice des communications de PJCCI.  « Ce sera aussi la première fois qu’on aura des cyclistes qui vont contribuer au projet, en traversant le pont le plus souvent possible, quand les conditions vont le permettre. »

Les 25 cyclistes choisis devront signer un accord de participation volontaire et bénévole avec PJCCI. Ils recevront chaque jour, avant la période de pointe du matin et avant celle de la fin de la journée, un courriel qui les informera de l’ouverture ou non de la piste cyclable. L’accès à la piste sera toujours bloqué par une clôture, mais les volontaires en auront la clé. À chaque courriel sera joint un court questionnaire « qui leur permettra de commenter l’état de la piste au moment de leur traversée ».

Une navette VéloBus

Pour les autres cyclistes, la navette VéloBus Jacques-Cartier sera remise en service. Contrairement à l’an dernier, la navette partira du pied du pont Jacques-Cartier où se trouve l’accès à la piste cyclable, du côté de Longueuil, et se rendra à la station de métro Papineau, à Montréal.

Une première expérience de déneigement menée l’hiver dernier s’est avérée « non concluante », assure Mme Lessard.

« C’est une piste à la géométrie très particulière. Elle est étroite, il y a des pentes abruptes, des virages très serrés. Et comme elle est située au-dessus du fleuve Saint-Laurent, exposée aux grands vents et à l’humidité, les conditions [de circulation] sont très changeantes. »

La structure du pont rend aussi son déneigement très compliqué, dit la porte-parole de PJCCI.

« Pour une grande portion du pont, qui fait trois kilomètres, ce serait possible de souffler la neige dans un camion qui va rouler juste à côté dans la voie adjacente à la piste. Mais dans la section de la superstructure en acier qui est illuminée, on ne peut pas souffler de la neige sur la structure. Cela pourrait endommager la peinture qui protège l’acier, mais aussi les équipements d’illumination du pont. »

« Et cette portion-là, ajoute-t-elle, fait 600 mètres de long. On ne peut pas juste pousser la neige par en avant, c’est bien trop long, et on ne peut pas souffler la neige dans le fleuve non plus. »

Selon la société fédérale, ce projet permettra enfin d’évaluer le niveau de service qu’on pourra éventuellement offrir sur le pont Jacques-Cartier. « Est-ce que la piste cyclable sera ouverte 25 % du temps, 45 % ou 75 % du temps ? C’est ce qu’il faudra aussi évaluer, en tenant compte des coûts de l’entretien, évidemment. »

Un homme plaide coupable du meurtre d’une adolescente autochtone

Dix-neuf ans après les faits, un homme de 35 ans a plaidé coupable mercredi du meurtre d’une adolescente autochtone de la communauté algonquine de Lac-Rapide, en Outaouais.

Le corps inerte de Rosiana Poucachiche, 17 ans, a été découvert dans son lit, le matin du 10 octobre 2000, dans la maison qu’elle habitait avec son père. Selon le coroner, elle avait été battue à mort.

Comme son assassin était mineur au moment des faits (il avait seize ans et demi), la loi nous interdit de le nommer. Il n’est pas membre de la famille de la victime.

« Enfin, on va pouvoir tourner la page », a déclaré jeudi la sœur de la victime, Marylynn Poucachiche.

Dans un reportage publié en 2016, La Presse avait raconté la détresse de la famille Poucachiche, qui attendait toujours que justice soit rendue. « L’enquête est morte avec ma sœur », croyait alors Marylynn.

Le coupable soupçonné depuis longtemps

Tant la famille que la police soupçonnaient depuis longtemps l’auteur du crime, lui aussi membre de la communauté de Lac-Rapide. « Ce ne sont que des spéculations, mais ça me fait mal. Il habite ici. Je le croise », avait confié Marylynn à l’époque.

Il aura finalement fallu 17 ans à la police pour mettre la main au collet du meurtrier. Il s’était retrouvé dans la ligne de mire des enquêteurs de la Sûreté du Québec dès les mois ayant suivi le meurtre – son domicile avait fait l’objet d’une perquisition –, mais les analyses réalisées à l’époque n’avaient pas permis de le relier au meurtre. Ce sont des avancées technologiques concernant l’analyse d’ADN qui ont mené à son arrestation, en juillet 2017. Il se trouvait alors dans une pourvoirie et avait tenté de prendre la fuite en voyant les policiers.

Il a plaidé coupable jeudi de meurtre au premier degré, acceptant l’offre des procureurs de la Couronne, soit une peine de 10 ans, 6 en détention et 4 à purger dans la collectivité. Il s’agit de la peine maximale pour un tel crime en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.

Son avocate, Me Élise Pinsonneault, explique qu’en évitant un procès, son client s’assure de ne pas être jugé comme un adulte, comme le demande parfois la Couronne quand des mineurs sont accusés de crimes très graves. Chez les adultes, la peine automatique pour une personne reconnue coupable de meurtre au premier degré est la prison à vie, sans possibilité de libération avant 25 ans.

ontario

Un père accusé du meurtre de ses deux enfants

Un homme de 52 ans de Brampton, en Ontario, a été accusé de meurtre au premier degré relativement à la mort de ses garçons de 9 et 12 ans. La Police régionale de Peel a indiqué jeudi qu’Edwin Bastidas était détenu et qu’aucun autre suspect n’était recherché dans cette affaire. La police a déclaré plus tôt jeudi que ces morts étaient traitées comme des homicides, sans en révéler la cause. L’agente Heather Cannon a indiqué que quelqu’un à la maison avait composé le 9-1-1, tard mercredi soir, pour obtenir une « aide médicale ». Les policiers arrivés sur place à la résidence de Brampton, en banlieue de Toronto, ont retrouvé les corps des garçons. La police a indiqué qu’à l’arrivée des patrouilleurs, il n’y avait aucun signe apparent de blessures sur le corps des deux enfants. Ce n’est que plus tard que la police a déterminé qu’il s’agissait de morts suspectes.

— Salmaan Farooqui, La Presse canadienne

Des élus ont menacé de barrer l’accès au Salon bleu à Catherine Dorion

Des élus de l’Assemblée nationale ont barré l’accès au Salon bleu jeudi à la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire (QS). Elle s’est présentée vêtue d’un chandail en coton ouaté en Chambre, et des parlementaires des autres partis ont menacé d’en appeler à la présidence, séance tenante, au nom du décorum. C’est extrêmement rare, voire inédit qu’on veuille interdire à un élu de l’Assemblée nationale l’accès au parquet du Salon bleu, eux qui sont les seuls à avoir le privilège d’y siéger. Le président de l’Assemblée, François Paradis, a alors parlé au leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a passé le message à Mme Dorion, selon les explications du parti. « Elle ne s’est pas senti la bienvenue » et a quitté l’enceinte, a rapporté une porte-parole de QS.

— Patrice Bergeron, La Presse canadienne

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