Critique Resto

À la table de Rita

Rita
3681, rue Wellington, Montréal
514 419-1942
ritarestaurant.ca

Sortir au restaurant en groupe, disons de 6 ou 8 ou même 10 personnes comme on le fait souvent durant les semaines qui mènent au temps des Fêtes – la gang du bureau, la gang de course, la gang de la chorale, etc. –, n’est pas toujours facile.

D’abord, il faut trouver le style de cuisine qui plaît à tout le monde. Demandez à quiconque a déjà organisé une telle soirée, on peut facilement se tromper. Ce n’est pas nécessairement le temps de faire partager à tout le monde sa passion pour la salade de méduse à la sichuanaise. Croyez-moi, j’ai déjà essayé. Et ça m’a valu une grande leçon d’une gentille collègue : « Oui, c’est cool, découvrir… Mais que penses-tu de l’italien pour la prochaine fois, il me semble que ça, tout le monde aime ça… »

J’avoue qu’entre de bonnes pâtes, de la pizza et de la mozzarelle, difficile de ne pas trouver son bonheur.

C’est pourquoi, lorsque je suis allée récemment essayer le nouveau restaurant Rita, à Verdun, l’idée d’en parler comme d’une éventuelle destination de repas en gang pré-Noël m’a tout de suite semblé évidente.

La salle à manger n’est pas gigantesque comme chez McKiernan, une autre nouvelle adresse du Sud-Ouest parfaite pour les repas de grands groupes du midi. Mais chez Rita, il y a amplement de la place pour arriver à 6 ou même 12. Il suffit de réserver à l’avance. Parce que même si c’est un nouveau venu à Verdun, il est déjà bien occupé. J’y suis allée un petit mercredi soir bien normal, et c’était plein, vivant à souhait.

DE PETITS PLATS ITALIENS TOUT SIMPLES

Le concept du restaurant est simple : on y prépare de petits plats tout simples avec de bons produits, selon la tradition de l’Italie, le pays d’origine de la famille du cuisinier Joey D’Alleva. Et surtout de la pizza, dans un grand four à bois. 

Aux murs, on a accroché toutes sortes de photos qui racontent l’histoire de ces Italiens débarqués à Montréal dans les années 60, dont Rita, la grand-mère D’Alleva. (Rita est aussi le prénom de la grand-mère de l’autre copropriétaire, Sophie Bergeron.) Il y a le bateau, la première maison, les tablées immenses où la cuisine rassembleuse était célébrée. 

Au menu, les classiques sont bien présents et ne surprennent personne. C’est ce qu’on veut pour notre repas de groupe, n’est-ce pas ?

Du prosciutto très doux, finement tranché, avec du melon miraculeusement mûr en ce temps de l’année et quelques bonnes olives noires à la sicilienne. De la burrata ? Impeccable, avec cette combinaison de crème et de fromage plus ferme qui en est la caractéristique, son goût à peine plus acidulé que la mozzarella traditionnelle. On la propose telle quelle, avec de l’huile d’olive, du poivre. 

Ça se mange tout seul. 

Certains veulent du végétal ? On choisit une assiette de carottes grillées, qui arrive ponctuée de ricotta avec une sauce au miel et aux herbes. Même si le sucre est un peu trop présent, les légumes racines, eux, sont juste assez croquants. Et quelle bonne idée de fumer la ricotta.

En plat, on prend bien sûr une pizza. Il y en a pour tous les goûts. On a essayé celles aux tomates, pepperoni, peperoncini maison, mozzarella fumée, pecorino… La pâte est gonflée, moelleuse, charnue. On est loin de la croûte fine et craquante que certains préfèrent. Pas moi. Les garnitures insistent sur le sel, le fumé, les saveurs marquées des saucissons. Un rendez-vous d’hiver ou d’automne.

COUP DE CŒUR

Mais le coup de cœur, ce sont les gnocchis de courge, que l’on sert avec du ‘nduja – une saucisse épicée à tartiner originaire de Calabre, mais qu’on achète chez le charcutier-boucher montréalais Viens –, un beurre à la sauge, des tomates cerises, des amandes et du pecorino. Encore là, on dirait un plat fait sur mesure pour la saison puisque les pâtes à base de courge sont bien consistantes, réconfortantes, elles résistent à peine sous la dent et calment tout appétit gentiment. De grosses feuilles de sauge apportent à chaque bouchée une bouffée de leur parfum. Les amandes, elles, contribuent avec leur croquant. À ne pas manquer. 

À la question y retourne-t-on, je répondrai oui, et je recommanderai cette belle assiette.

Pour le dessert, on a commandé l’assiette de petits biscuits, qui est plus jolie que délicieuse, à moins qu’on adore les gâteaux secs minimalistes sous toutes leurs formes. À noter que tout est fait maison. En revanche, le gâteau à l’huile d’olive avec cannelle, raisin, marsala, servi avec crème au mascarpone, propose le genre de saveurs qu’on aime bien en ce temps de l’année. Les fruits secs, un peu d’alcool. Pensez cousin italien, très très lointain du plum-pudding. À partager. Comme tout le reste de ce repas simple, mais réconfortant. 

NOTRE VERDICT

Prix : Entrées de 8 à 14 $, plats de 18 à 26 $. Pizzas de 14 à 21 $. Desserts de 5 à 11 $.

Carte des vins : Jolie carte de bières artisanales, la boisson que les Italiens prennent traditionnellement avec la pizza. Aussi, variété de digestifs à l’italienne, incluant grappa et amers. Pour les vins eux-mêmes, on a choisi surtout des italiens, des petits producteurs, du bio, du nature.

Service : Souriant. Affairé.

Aménagement et atmosphère : Le grand espace vitré a été aménagé par Sophie, la proprio, qui a choisi des photos de famille pour donner le ton à tout l’espace. On aime les lampes suspendues sur des arcs de bois, la brique blanche, le terrazzo originale..

Plus : Le côté chaleureux de l’atmosphère et des plats.

Moins : Les desserts.

On y retourne ? Oui.

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