Marché du travail

Le marché du travail reprend son souffle

Le taux de chômage a légèrement remonté au Québec en février, de 5,4 à 5,6 %, indique l’Enquête sur la population active de Statistique Canada rendue publique hier. La création d’emplois a reculé pour un deuxième mois de suite. En février, le Québec a perdu 2900 emplois, après une baisse de 17 400 en janvier.

La tendance reste positive

Malgré le recul de la création d’emplois au Québec depuis le début de l’année, le marché du travail est en bonne santé. Depuis un an, il y a 108 400 postes à temps plein de plus au Québec et le taux de chômage a baissé de 0,8 point de pourcentage. À 5,6 %, le taux de chômage reste historiquement très bas. Le taux de chômage a atteint un creux de 5 % en décembre dernier.

De l’emploi pour les 15-64 ans

Le taux d’activité chez les 15 à 64 ans a atteint 80,1 % en février, ce qui signifie que 8 personnes sur 10 ont un emploi dans ce groupe d’âge. C’est la première fois depuis que ce genre de statistiques est compilé que le taux d’activité atteint un niveau aussi élevé. Pour l’ensemble de la population, le taux d’activité est de 64,8 % au Québec et de 65,8 % au Canada.

Baisse du taux de chômage au Canada

L’emploi a augmenté en février dans l’ensemble du pays et le taux de chômage a diminué de 0,1 point de pourcentage, pour atteindre 5,8 %. C’est le niveau le plus bas du taux de chômage au Canada, déjà atteint en décembre dernier, et qui avait remonté à 5,9 % en janvier. Les emplois de février étaient surtout des emplois à temps partiel, mais depuis un an, le nombre d’emplois à temps plein a augmenté de 282 500. C’est toujours la Colombie-Britannique qui a le taux de chômage le plus bas au pays, à 4,7 %. Terre-Neuve-et-Labrador a le plus élevé, à 14 %.

Hausse du salaire horaire

Statistique Canada rapporte une hausse du salaire horaire moyen de 3,1 %. C’est la quatrième hausse de suite du salaire horaire moyen, qui demeure tout de même relativement bas eu égard au resserrement du marché du travail et aux pénuries de travailleurs qui apparaissent dans différents secteurs. Le salaire horaire moyen est l’un des indicateurs surveillés de près par la Banque du Canada pour prévoir l’évolution de l’inflation et les prochaines augmentations des taux d’intérêt.

Marché du travail

Moins de chômeurs et moins d’assistés sociaux au Québec

Alors que l’économie tourne à bon régime et que le marché du travail continue de s’améliorer, le nombre de prestataires d’aide sociale est en baisse au Québec.

Depuis trois ans, le nombre d’adultes aptes au travail qui reçoivent des prestations d’aide sociale a baissé de 9 %.

Il y a un lien entre la baisse du taux de chômage et la diminution du nombre d’assistés sociaux, explique Hélène Bégin, économiste principale de Desjardins.

« Dans un contexte où le marché du travail s’améliore, il y a un certain nombre de personnes aptes au travail qui peuvent souhaiter se trouver un emploi. »

La situation actuelle est différente de ce qu’elle était dans les années 80, illustre l’économiste. « Quand le taux de chômage est à 15 %, c’est plus décourageant pour une personne qui reçoit des prestations d’aide sociale. »

Au Québec, le marché du travail connaît une véritable embellie depuis la fin de 2016. Cette amélioration s’explique par la croissance économique, qui a atteint 3 % l’an dernier, du jamais vu depuis 15 ans.

Des pénuries de main-d’œuvre apparaissent et les médias en parlent de plus en plus. Le message commence à passer, dit Hélène Bégin, qui précise qu’elle n’a pas étudié elle-même la relation entre le taux de chômage et le nombre de bénéficiaires d’aide sociale. « Mais c’est normal que le nombre d’assistés sociaux baisse en période de croissance économique et de pénurie d’emplois », estime-t-elle.

Nombre d’adultes prestataires du Programme d’aide sociale

Décembre 2015 : 205 717

Décembre 2016 : 195 816

Décembre 2017 : 186 834

Source : ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

L’amélioration du marché du travail n’est pas le seul facteur qui peut faire varier le nombre d’assistés sociaux. Des changements au régime d’assistance sociale peuvent aussi avoir un impact. Ainsi, au cours des dernières années, les gouvernements ont tenté par différents moyens d’inciter les prestataires d’aide sociale à réintégrer le marché du travail. « Ce genre d’incitatifs fait qu’il devient plus intéressant de passer d’une catégorie à l’autre », avance Hélène Bégin.

Il y a aussi plus d’emplois offerts pour tout le monde, dans divers secteurs et dans diverses régions, souligne-t-elle. « On parle beaucoup de pénurie de travailleurs qualifiés, mais il y a aussi des pénuries de main-d’œuvre non qualifiée. »

Dans le plus récent sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante auprès de ses membres, la pénurie de main-d’œuvre non qualifiée arrive au deuxième rang des préoccupations des PME, rappelle l’économiste de Desjardins, tout de suite après le manque de main-d’œuvre qualifiée.

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