Indian Wells

L’heureuse malchance de Tennis Canada

Lorsque la conjointe d’Eugène Lapierre a pris connaissance de la composition finale du tableau du simple masculin en prévision du tournoi d’Indian Wells, elle n’a pu s’empêcher de manifester sa déception. Lapierre et le PDG de Tennis Canada ont vu les choses selon des perspectives diamétralement opposées.

Lapierre a lui-même raconté l’anecdote, hier, lorsqu’il a été invité à livrer ses états d’âme quant à la présence de cinq Canadiens dans le tableau principal de ce prestigieux tournoi, qui s’est amorcé mercredi.

Selon ce qu’a indiqué Valérie Tétreault, gestionnaire des communications chez Tennis Canada, cette imposante participation masculine est un record historique pour le pays dans un autre tournoi Masters 1000 que la Coupe Rogers.

Alors que Milos Raonic et Denis Shapovalov ont eu un accès direct au tableau principal, les trois autres, dont Peter Polansky, ont dû franchir les qualifications.

Le hic, c’est que les deux autres, Vasek Pospisil et Félix Auger-Aliassime, vont s’affronter dès le premier tour, probablement aujourd’hui.

Et comme une coïncidence ne vient pas toujours seule, le vainqueur croisera le fer avec Raonic, qui bénéficie d’un laissez-passer directement au deuxième tour à titre de 32e tête de série.

« Ma conjointe trouvait que c’était poche que les choses tombent comme ça, que ça ne devrait pas arriver. Quand j’ai informé mon PDG [Michael Downey] par texto, il a tout de suite réalisé que nous aurions au moins un Canadien en troisième ronde », a relaté Lapierre, en riant, lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne depuis Indian Wells.

Il est monnaie courante, au tennis, de voir deux Américains, deux Français ou deux Espagnols livrer bataille. Deux Canadiens, c’est beaucoup plus rare. Raonic et Pospisil se sont affrontés deux fois en carrière, la première en demi-finale de la Coupe Rogers de 2013, à Montréal, la suivante environ un an plus tard à Washington.

Pour Lapierre, ce scénario pourrait bien se répéter, compte tenu du talent qui commence à germer au pays. Surtout, ce scénario met en relief le travail qui a été fait au Canada pour promouvoir le tennis.

« On a commencé à avoir des joueurs qui s’illustrent sur la scène internationale. Et on devrait en avoir pendant encore plusieurs années, quand on voit aller les jeunes comme Denis et Félix. On a confiance en notre système et on a l’impression que ça va durer. »

— Eugène Lapierre

Selon Lapierre, le nombre de jeunes de moins de 12 ans qui pratiquent le sport sur une base régulière au Canada est passé de 45 000 à 175 000 de 2008 à 2015. Tennis Canada veut continuer ce travail.

« La prochaine étape, pour nous, c’est de tenter par tous les moyens de faire en sorte que les plateaux sportifs, 12 mois par année, soient plus accessibles. On s’est mis comme objectif, cette année et dans les cinq prochaines années, de développer le plus possible l’accès à du tennis public intérieur. »

Performances

Maintenant que les Canadiens font partie du tableau principal, il leur reste à jouer des matchs. Dans le cas d’Auger-Aliassime, les attentes de Lapierre sont minimales, voire nulles, car le jeune joueur a déjà réalisé beaucoup, affirme-t-il.

« Il a déjà fait plus que ce que l’on attendait. Un jeune de 17 ans qui se qualifie à un tournoi Masters, peu importe lequel, ça ne doit pas être arrivé souvent. Je pense qu’il n’a aucune pression en entrant dans le tableau principal. Ce serait plutôt normal qu’il perde son match, mais de la manière qu’il joue, on ne sait jamais. »

Lapierre aura aussi un œil sur Raonic, que les blessures ont fait glisser de la 3e place, vers la fin de 2016, à la 38e.

« J’espère qu’il va montrer à tout le monde qu’il est capable de revenir dans le top 10. Il a le talent pour le faire. »

— Eugène Lapierre à propos de Milos Raonic

Si le volet masculin se porte à merveille au Canada, la situation est moins rose du côté des femmes. C’est particulièrement vrai pour Eugenie Bouchard, évincée dès le premier tour mercredi, après avoir reçu un laissez-passer des organisateurs.

Cinquième mondiale en 2014, la Montréalaise a amorcé la semaine au 116e échelon du classement mondial, soit sensiblement au même niveau qu’en avril 2013.

« C’est la même chose que depuis l’année dernière ou les deux dernières années. On dirait qu’elle joue bien, mais elle n’est pas capable de finir. On ne sait pas vraiment ce que ça va prendre. Ses coups sont là, ses services sont là. Si elle avait les solutions, elle nous les montrerait. Mais ce n’est pas encore à point. »

Lapierre ne croit pas aux théories voulant que Bouchard consacre trop de temps à ses activités extérieures et ne voit aucun lien de cause à effet.

« Ce qu’elle fait en dehors des courts, ça ne me cause aucun problème. Elle a l’air très à l’aise dans cet environnement. Non seulement elle est à l’aise, mais elle est bonne. C’est une fille de marketing. On dirait qu’elle a ça dans le sang. Je me dis tant mieux pour elle, elle a le charisme pour le faire. C’est la fille la plus suivie dans le sport dans le monde. Les gens l’aiment et aiment la suivre. »

Tennis

Shapovalov et Polansky au deuxième tour

Denis Shapovalov n’a eu aucune difficulté à atteindre le deuxième tour du tournoi d’Indian Wells en battant le Lituanien Ricardas Berankis 6-3, 6-4, hier. Le Canadien de 18 ans, classé au 44e rang sur le circuit de l’ATP, a remporté ce duel en 1 heure 13 minutes. Au deuxième tour, Shapovalov croisera le fer avec la 30e tête de série du tournoi, l’Argentin Pablo Cuevas. De son côté, le Torontois Peter Polansky a peiné pour accéder au deuxième tour, venant à bout du Roumain Marius Copil en trois manches de 7-6 (3), 6-7 et 7-6 (12). Les deux hommes ont couru pendant 3 heures 12 minutes. Polansky se mesurera maintenant au Français Adrian Mannarino, 20e raquette mondiale. Chez les femmes, la Canadienne Gabriela Dabrowski et sa coéquipière, la Chinoise Yifan Xu, ont battu l’Australienne Ashleigh Barty et l’Américaine Coco Vandeweghe en trois manches de 6-1, 1-6 et 8-6. — La Presse canadienne

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