Place au premier débat officiel

OTTAWA — Les caravanes électorales tournent au ralenti aujourd’hui alors que les chefs de parti consacreront la journée à peaufiner leur stratégie en vue du premier « vrai » débat en anglais.

La pression est particulièrement forte sur le chef conservateur Andrew Scheer, qui est sorti amoché du débat de TVA après avoir encaissé les tirs groupés de ses trois rivaux sur des enjeux comme l’avortement et l’environnement.

« Ce sera important qu’il renverse ça. S’il s’aperçoit que ses adversaires reviennent dans cette dynamique-là, il faudra qu’il riposte rapidement et qu’il essaie de ramener ça vers Justin Trudeau », croit la politologue Geneviève Tellier, de l’Université d’Ottawa.

S’il pourrait mieux tirer son épingle du jeu puisque les échanges se feront en anglais, il ne faudrait pas qu’Andrew Scheer « se conforte dans ça et qu’il se dise que ses difficultés étaient seulement attribuables à la langue ; c’était plus profond que ça », souligne-t-elle.

Le chef conservateur s’y présente après une semaine difficile : il a dû justifier sa double citoyenneté canadienne et américaine, et son parti a été forcé de chasser une candidate qui a tenu des propos homophobes.

Et Justin Trudeau en a profité pour se détacher, creusant un écart de huit points sur son concurrent comme meilleur premier ministre (34 % contre 26 %, marge d’erreur de 2,8 points de pourcentage, 19 fois sur 20, selon un sondage publié hier par la firme Nanos).

En vertu des décisions prises par les stratèges des partis lors du tirage au sort qui a été effectué lundi dernier, Andrew Scheer sera en sandwich entre Maxime Bernier, à sa droite, et Justin Trudeau, à sa gauche.

THÈMES DU DÉBAT

— Capacité financière et insécurité économique

— Environnement et énergie

— Enjeux autochtones

— Leadership au Canada et sur la scène internationale

— Polarisation, droits de la personne et immigration

BERNIER ENTRE EN SCÈNE

Pour quatre des chefs, il s’agira d’une deuxième joute oratoire en l’espace de moins d’une semaine : Justin Trudeau, Andrew Scheer, Yves-François Blanchet et Jagmeet Singh ont croisé le fer mercredi dernier sur le plateau du Face-à-Face de TVA.

Se joindront cette fois à eux Elizabeth May et Maxime Bernier.

Ce dernier, qui a reçu in extremis son carton d’invitation de la Commission des débats des chefs, en sera à son tout premier exercice du genre.

Le Nouveau Parti démocratique ne voulait pas du chef du Parti populaire aux débats, jugeant que cela lui offrirait une plateforme pour véhiculer un discours « haineux », et avait prié le commissaire David Johnston de revenir sur sa décision de lui accorder un laissez-passer. En vain.

Le parti n’a pas voulu dire, hier, si le chef Jagmeet Singh allait serrer la main de Maxime Bernier. « On va voir, avait laissé tomber le néo-démocrate il y a quelques jours. C’est difficile quand on parle de quelqu’un qui veut […] promouvoir les discours haineux. »

Le chef populaire s’attend-il à servir de « punching bag » sur le plateau ? « Je ne sais pas ce que les autres vont faire, s’ils vont l’attaquer ou carrément l’ignorer. Mais notre priorité, c’est de parler du programme », a expliqué à La Presse son porte-parole, Martin Masse.

LE SEUL DÉBAT EN ANGLAIS DE TRUDEAU

Pour le chef libéral, il s’agira du premier – et du seul – débat en anglais de la campagne. Il avait refusé de participer à la joute oratoire organisée par Maclean’s et Citytv, et son refus de se pointer au débat Munk sur les affaires étrangères avait fait avorter le projet.

Comme ses adversaires, Justin Trudeau consacrera sa journée à affûter ses couteaux en prévision de cet exercice crucial. Pas de « photo-op » dans un ring de boxe aujourd’hui, mais une « photo-op » avec des professeurs de la région d’Ottawa.

La joute oratoire débute à 19 h. Elle est animée par cinq femmes : Rosemary Barton (CBC), Susan Delacourt (Toronto Star), Dawna Friesen (Global News), Lisa LaFlamme (CTV News) et Althia Raj (HuffPost Canada).

Le Partenariat canadien pour la production des débats (PCPD) – une vaste coalition de médias dont fait partie La Presse – assure la production, la promotion et la distribution de ce débat et du prochain, en français, qui a lieu le jeudi 10 octobre.

Le Face-à-Face, difficile pour Scheer

Selon un sondage réalisé par la firme Abacus, le Face-à-Face de TVA a fait mal à Andrew Scheer. Alors qu’une majorité des personnes interrogées ont eu une impression positive des chefs Justin Trudeau (56 %), Yves-François Blanchet (55 %) et Jagmeet Singh (53 %), une majorité comparable a plutôt eu une impression négative d’Andrew Scheer (55 %). Seuls 21 % des participants à l’enquête ont retenu du positif de sa prestation.

Pour le néo-démocrate, l’impression favorable ne se traduit cependant pas en intentions de vote. À la question « Qui a le plus fait pour gagner votre vote », 14 % seulement ont répondu Jagmeet Singh. Le chef libéral et son vis-à-vis bloquiste arrivent à égalité en tête à ce chapitre, avec un score de 30 %. Ici encore, Andrew Scheer fait pâle figure : 10 % des personnes questionnées ont dit son nom en réponse à cette question.

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 373 francophones en âge de voter, du 3 au 5 octobre. Il n’y a pas de marge d’erreur pour une telle enquête « non probabiliste », mais un sondage probabiliste avec un échantillon de la même taille serait crédible à plus ou moins 5 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Élections fédérales 2019

Le groupe de droite Québec Fier sous influence albertaine

Québec — Le groupe de pression Québec Fier reçoit de l’argent de l’Alberta dans le but d’influencer les électeurs québécois et de nuire à Justin Trudeau dans la présente campagne électorale.

Ce groupe tiers, aux idées conservatrices, utilise des appels automatisés et des messages textes pour joindre les électeurs québécois. Sur sa page Facebook, qui compte 39 000 membres, Québec Fier s’attaque sans répit à Trudeau et aux libéraux, mais aussi au Bloc québécois, tout en vantant le Parti conservateur.

Mais mener une telle campagne exige un minimum de ressources. Québec Fier les a trouvées en Alberta.

Le 23 septembre, soit 12 jours après le déclenchement de la campagne fédérale, Québec Fier a reçu 45 000 $ en provenance du Manning Center. Proche de l’industrie pétrolière, cet organisme établi à Calgary a comme mission la promotion des idées conservatrices.

Le don a été colligé dans un rapport remis par Québec Fier à Élections Canada et consulté par La Presse. La Loi électorale canadienne oblige les tiers – ces groupes qui ne sont pas des partis politiques, mais qui tentent d’influencer la campagne –  à divulguer leurs sources de revenus et leurs dépenses.

Québec Fier a besoin d’argent notamment pour payer les sous-traitants chargés des appels automatisés. Pour cette élection-ci, le groupe a engagé Responsive Marketing Group, une firme de « marketing politique » qui a souvent travaillé pour le Parti conservateur.

« Les élections fédérales se dérouleront le 21 octobre. Comptez-vous voter pour Justin Trudeau ? Si oui, faites le 1, si non, faites le 2 », demande un message de Québec Fier reçu par des électeurs québécois.

Un message texte en provenance de « Nick de Québec Fier » a aussi été envoyé au Québec.

Le seul dirigeant connu de Québec Fier s’appelle Nicolas Gagnon. Il n’a pas rappelé La Presse malgré plusieurs demandes d’entrevue.

L’argent récolté par Québec Fier lui sert aussi à acheter de la publicité sur Facebook. Selon les données de la multinationale, Québec Fier a dépensé 8308 $ depuis juin dernier pour donner de la visibilité à ses propres publications qui critiquent Justin Trudeau, mais aussi le Bloc québécois d’Yves-François Blanchet ou encore Greta Thunberg.

De Québec Fier au gouvernement Legault

Malgré le resserrement de la Loi électorale, le financement de Québec Fier demeure mystérieux. Le Manning Center lui a donné 45 000 $, mais qui finance le Manning Center ? Son président, Troy Lanigan, a expliqué dans un courriel ne pas souhaiter accorder d’entrevue à La Presse.

Juste avant la campagne provinciale de 2018, Le Journal de Québec révélait que l’Association pétrolière et gazière du Québec avait sollicité plusieurs sociétés pétrolières à travers le pays pour les convaincre de donner de l’argent à Québec Fier.

D’ailleurs, Québec Fier ne s’est pas gêné dans les dernières semaines pour vanter le projet de « corridor énergétique » proposé par Andrew Scheer. Ce projet impliquerait la construction d’un nouveau pipeline au Québec.

Le fondateur de Québec Fier s’appelle Maxime Hupé. Il était employé du sénateur conservateur Larry Smith, lequel l’a démis de ses fonctions en août 2018 quand son implication dans le groupe a été révélée par le 98,5.

Son successeur, Jean-Philippe Fournier, a été impliqué auprès du groupe durant les élections provinciales de 2018, pendant lesquelles Québec Fier a attaqué les libéraux de Philippe Couillard sans relâche et organisé des appels automatisés. Fournier était un ancien candidat du Parti conservateur du Canada et du Parti conservateur du Québec.

Jean-Philippe Fournier ne s’occupe plus de Québec Fier. Depuis les dernières élections, il a obtenu un emploi au sein du gouvernement de François Legault. Selon sa page LinkedIn, il est attaché politique au cabinet du ministre des Finances, Eric Girard, de la Coalition avenir Québec (CAQ).

« M. Fournier n’est plus associé à Québec Fier », a assuré l’attachée de presse du ministre, Fanny Beaudry-Campeau, qui précise qu’il agit à titre d’économiste.

Le cabinet du ministre Girard a refusé de dévoiler la date d’embauche exacte de Jean-Philippe Fournier.

Élections fédérales 2019

Les préoccupations des jeunes occultées, déplore Oxfam-Québec

Ottawa — À l’exception de l’enjeu de la lutte contre les changements climatiques, les questions chères aux yeux des jeunes sont occultées depuis le début de la campagne, regrette Oxfam-Québec.

Pour en venir à cette conclusion, l’organisation a commandé une analyse quantitative à la firme Mesure Média, lui demandant de passer au crible la couverture médiatique de cinq enjeux ciblés comme étant importants lors d’une consultation en juin dernier.

« Nous avons été étonnés, car même si les jeunes forment un dividende démographique qu’on ne peut contourner, ils ne font pas l’objet d’une attention particulière », explique Anne Duhamel, directrice des politiques et des campagnes pour Oxfam-Québec.

D’autant plus qu’au Canada, les jeunes de 18 à 35 ans – les milléniaux – représentent la plus imposante cohorte de personnes qui auront le droit d’enregistrer un vote le 21 octobre.

Poids médiatique des cinq enjeux* 

– Environnement et changements climatiques : 31,4 %

– Égalité des sexes et inclusion : 1,6 %

– Paix et sécurité : 0,4 % 

– Justice économique : 0,3 % 

– Participation citoyenne active et inclusion des jeunes dans les processus décisionnels : 0,2 %

* Moyenne du 6 septembre au 3 octobre

Source : Oxfam-Québec

Selon le document qu’a pu consulter La Presse avant sa publication, l’enjeu du climat a eu une part de visibilité de 31 % en moyenne depuis le 6 septembre dernier. Mais celle des autres enjeux est famélique – le thème « égalité et inclusion » arrive deuxième avec… 1,6 %.

S’il n’y a pas de ventilation par parti, c’est qu’Oxfam-Québec n’est pas enregistré en tant que tiers parti, et ne pouvait comparer les formations entre elles sans risquer de donner l’impression de verser dans la partisanerie.

appel à corriger le tir

Mais après consultation de toutes les plateformes, sauf celle du Parti conservateur, qui n’est pas encore disponible, il se dégage un portrait général qu’Anne Duhamel se permet de brosser.

« Ce sont toujours les mêmes enjeux qui reviennent : accès à la propriété, mesures pour les jeunes familles, etc. Ces promesses un peu traditionnelles et typiques devraient être accompagnées de quelque chose de plus holistique », soutient-elle.

Chez Oxfam-Québec, on formule le souhait que les résultats de cette étude incitent les formations politiques à corriger le tir – à commencer par leurs chefs, qui croiseront le fer dans deux débats cette semaine.

« Je pense qu’à court terme, c’est ça qu’on peut demander. On est un peu déçus des plateformes électorales. Et on espère que le prochain gouvernement va aller un peu plus loin que ce qui est contenu dans les plateformes », plaide Mme Duhamel.

Pour réaliser son étude, Mesure Média a traité 50 549 retombées médiatiques dans la presse écrite (journaux, web et tablettes) et électronique (radio et télévision) au Québec ainsi que dans les quotidiens anglophones The Globe and Mail et le National Post.

Géants technologiques

La taxe pourrait arriver dans « la prochaine année », dit Bill Morneau

Après avoir répété qu’ils ne taxeraient pas Netflix, les libéraux ont fait volte-face la semaine dernière. Le ministre des Finances sortant Bill Morneau explique cette décision dans une entrevue accordée hier à La Presse.

Après deux ans à refuser de taxer des entreprises comme Netflix, le Parti libéral a finalement abdiqué le 29 septembre dernier en ajoutant cette promesse à son site web. L’une des raisons de ce changement : le contexte international a évolué.

« Si on veut avoir un système de taxation qui fonctionne, il est nécessaire d’avoir une entente avec les autres pays, indique Bill Morneau. Sinon, il y a toujours une possibilité pour les compagnies de trouver un autre endroit dans le monde. »

Le premier système de taxation des géants du web comme Google, Apple, Facebook et Amazon (désignés par l’acronyme GAFA), adopté en France, a donné des idées pour l’élaboration de la taxe canadienne, selon M. Morneau.

Les GAFA seront aussi visés par la taxe libérale chiffrée à 3 %. Cette nouvelle mesure fiscale pourrait arriver rapidement. « On va avoir une solution avec l’OCDE, probablement pendant la prochaine année », indique M. Morneau.

Déficit et croissance économique

De passage à Terrebonne pour la visite d’une usine, le ministre des Finances a aussi répondu à des questions concernant la vitalité économique du pays.

Interrogé sur le déficit économique du Canada (19,4 milliards anticipés pour 2019-2020), le ministre a répondu que le Canada était dans « une bonne situation ». Le poids de la dette, en proportion de la taille de l’économie, est le plus bas des pays du G7, indique-t-il. De plus, ce poids est en train de diminuer.

Bill Morneau n’a pas donné de date butoir pour le retour à l’équilibre budgétaire. « La question pour moi est : est-ce qu’on peut continuer à diminuer le niveau de dette ? Ça, c’est vraiment le but. »

M. Morneau compte concentrer ses efforts sur des secteurs économiques en croissance. « On va continuer les investissements dans les secteurs importants […] où il y a des possibilités de croissance comme le secteur digital ou l’agriculture. »

En 2015, les libéraux s’étaient engagés à éliminer « graduellement les subventions accordées à la production de combustibles fossiles ». En cette fin de mandat, ce but n’est toujours pas atteint. « Nous sommes sur la bonne voie, affirme le ministre Morneau. Le défi sera de créer des opportunités pour le milieu des affaires, les investisseurs potentiels ainsi que pour le secteur des technologies vertes pour se défaire des énergies fossiles. »

Élections fédérales 2019

Un candidat bloquiste dénonce la discrimination de l’« homme blanc »

Un candidat bloquiste semble particulièrement s’inquiéter du sort de l’homme blanc au Québec.

Dominique Mougin, qui brigue les suffrages dans Saint-Léonard–Saint-Michel, a partagé au cours de la dernière année deux articles du média ultraconservateur Le Peuple. Ces billets dénonçaient la Ville de Montréal et Québec solidaire pour avoir établi des critères d’embauche qui favorisent le recrutement de femmes et de personnes issues des minorités ethniques.

Dans les deux cas, les textes se désolaient que les critères de diversité défavorisent les « hommes blancs », à plus forte raison ceux qui sont « hétérosexuels » dans le cas de l’administration Plante.

M. Mougin n’était pas l’auteur de ces textes, mais en plus de les partager, il a fourni des commentaires pour les appuyer. Le 8 janvier 2019, sous le texte intitulé « Hommes blancs, abstenez-vous de postuler pour Québec solidaire ! », il a écrit que « si on veut commencer à se faire respecter, il va falloir répondre coup pour coup ».

« Il est plus que temps que les députés du PQ et du Bloc québécois dénoncent le racisme dont font preuve QS et Projet Montréal. »

— Dominique Mougin, le 8 janvier 2019

Quelques semaines plus tôt, en novembre 2018, sous le texte « L’homme blanc hétéro est écarté par l’administration municipale », le candidat bloquiste décrivait Valérie Plante comme « notre petite mairesse », en plus d’ajouter : « et je ne parle pas seulement de sa taille ».

La Presse a laissé des messages vendredi et dimanche sur la boîte vocale de Dominique Mougin, mais celui-ci n’a pas rappelé. Les deux publications ont toutefois été retirées de son fil Facebook dans l’intervalle.

Avant qu’il annonce la fin de ses activités en août dernier, le média Le Peuple se décrivait comme « un journal qui vise à donner un point de vue différent sur l’actualité québécoise et canadienne ». Il défendait notamment des positions masculinistes, climatosceptiques et antimigratoires.

Invité à réagir au comportement en ligne de son candidat, le Bloc québécois nous a fourni une courte déclaration dans laquelle il indique que « M. Mougin s’est engagé à défendre exclusivement le programme » du parti.

PEUR DE LA DRAGUE

Dans un registre moins draconien, un autre candidat bloquiste a lui aussi déploré la condition de l’homme québécois au cours des dernières années.

Claude André, qui se présente dans Rosemont–La Petite-Patrie, a travaillé comme journaliste pigiste et chroniqueur d’humeur dans les années 2000 et 2010. À l’époque, il a alimenté une page personnelle, puis un blogue hébergé par le Huffington Post.

Sur sa page personnelle, en mars 2007, il a signé un « édito » adressé « strictement aux mecs » dans lequel il disait remarquer que les hommes d’ici étaient effrayés par l’idée de draguer des femmes.

« Serait-ce parce que les gars, depuis la garderie au secondaire, ont été élevés par des femmes que l’homo quebecencis molluscus est angoissé à l’idée d’en affronter une sur le terrain de la séduction ? […] Ou encore parce qu’elles ont connu des pères du divorce qui, par remords de ne pas leur donner une vraie famille, les traitent comme des reines que les filles d’ici sont si altières ? », a-t-il écrit.

Joint par La Presse vendredi dernier, Claude André a soutenu que ses textes « d’humour » s’inscrivaient dans « l’esprit de ces années-là ». Il affirme qu’il ne cautionne plus ces idées. « De vieux sketches de Rock et Belles Oreilles, ça ne passerait plus aujourd’hui », illustre-t-il.

« BASHING »

Dans un passé plus récent, M. André a signé un billet intitulé « Le bashing du mâle québécois : ça suffit ! » sur le site du Huffington Post. Dans ce texte daté d’août 2013, il affirmait notamment en avoir « ras le pompon » du « mépris » dont faisaient l’objet, selon lui, les hommes de la province.

Il réagissait alors à un texte publié par la journaliste Judith Lussier dans lequel elle racontait avoir cessé de porter une robe d’été car elle en avait marre de recevoir des remarques déplacées. Son usage de l’expression « violer du regard » avait mis M. André hors de lui.

« Déjà que les hommes de ma génération étaient parfois perçus comme des assassins possibles, après les événements de Polytechnique commis par un meurtrier nommé Marc Lépine, faudrait pas non plus que l’on fasse maintenant des Québécois des éventuels violeurs en puissance parce qu’ils répondent – parfois maladroitement, je n’en disconviens pas –, à une impulsion séductrice. »

— Claude André, dans un texte de 2013

Judith Lussier a dit à La Presse avoir déjà signifié que « si c’était à refaire », elle écrirait sa chronique « autrement ».

« Je crois toutefois que ce texte nous aura permis d’entamer une discussion sur le harcèlement de rue, qui n’était pas vraiment un sujet de discussion à l’époque », a-t-elle ajouté, estimant par contre que la lecture de M. André « extrapolait d’une manière exagérée » et « faisait preuve de susceptibilité et s’inscrivait un peu dans l’idée passive-agressive du “not all men” ».

En entrevue, Claude André a fait valoir que « c’était avant #metoo, avant tout ce qu’on sait sur la culture du viol. Évidemment que je n’écrirais pas quelque chose comme ça aujourd’hui ».

Quant à l’idée du « mâle bashing », elle faisait « partie de la discussion politique de l’époque », selon lui.

Le Bloc québécois s’est dit « satisfait » des explications de son candidat et a souligné que « M. André défend l’égalité entre les femmes et les hommes ».

« Bonjour-Hi ! » : Trudeau refuse de se mouiller

Le chef libéral Justin Trudeau a refusé de se mouiller, hier, face à la volonté du gouvernement de François Legault d’interdire la formule « Bonjour-Hi ! » dans les commerces et les services publics du Québec. En point de presse après une séance de plantation d’arbres à Plainfield, en Ontario, le premier ministre sortant s’est abstenu de prendre position sur cette question sensible. « Il n’y a aucune législation sur laquelle je pourrais me prononcer maintenant », a-t-il déclaré, en soulignant avoir « toujours reconnu l’importance et la primauté du français au Québec ». Justin Trudeau n’a pas non plus voulu préciser si les libéraux appuieraient une éventuelle contestation des démarches du gouvernement québécois pour interdire la formule de salutations bilingue. Le chef libéral a aussi été appelé à réagir aux propos racistes et sexistes de son candidat Jaime Battiste, dans Sydney-Victoria, en Nouvelle-Écosse. Formulés dans de vieilles publications sur les réseaux sociaux, ces propos ont été rapportés par le Toronto Sun. « M. Battiste a pris responsabilité pour ses actions et s’est excusé profondément », a déclaré M. Trudeau, qui refuse d’expulser son candidat. — La Presse canadienne

Scheer peu loquace concernant une ex-candidate homophobe

À la sortie du festival des récoltes de Newcastle, en Ontario, les journalistes ont tenté de questionner le chef conservateur Andrew Scheer à propos de Heather Leung, son ancienne candidate dans la circonscription de Burnaby Nord-Seymour, en Colombie-Britannique, expulsée la veille pour ses propos homophobes. « Comme vous le savez, la candidate a été renvoyée de notre campagne », a déclaré M. Scheer, peu enclin à aborder le sujet, en pressant le pas vers son autocar. Dans une vidéo publiée sur YouTube en 2013, Mme Leung avait laissé entendre que les membres de la communauté LGBTQ cherchent à « recruter » des enfants. Dans une autre vidéo qui remonterait pour sa part à 2016, Mme Leung traite de ce qu’elle décrit comme leurs « préférences sexuelles perverses ».

— La Presse canadienne

Ed Broadbent se joint à la campagne du NPD

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a pu compter sur la présence d’un des titans de son parti, hier, pendant qu’il faisait campagne à Ottawa. Ed Broadbent, qui a dirigé le Nouveau Parti démocratique pendant une quinzaine d’années, l’a accompagné lors d’une visite dans un marché de la capitale. « Je lui dis que je veux être comme lui quand je serai grand », a lancé Jagmeet Singh à la blague, à propos de celui qu’il décrit comme « un mentor et un guide ». À la veille du premier débat des chefs officiel en anglais, M. Broadbent avait deux conseils pour son successeur : « être lui-même » et « répéter exactement ce qu’il a fait en français », lors du Face-à-face diffusé à TVA mercredi dernier. « Ce que je vais faire demain, c’est être authentique, mais en plus, je vais partager les histoires des gens que je rencontre tout le temps. Les gens qui sentent qu’ils n’ont pas une voix, je vais être leur voix », a déclaré M. Singh en français. — La Presse canadienne

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