Agroalimentaire

Les investisseurs ont de l’appétit pour la viande végane

Plébiscités dans les établissements de restauration rapide et les rayons des supermarchés, les steaks et saucisses véganes font saliver les géants de l’agroalimentaire et les investisseurs, qui se ruent sur le secteur.

Le marché de la viande à base de plantes pourrait facilement atteindre 100 milliards de dollars dans 15 ans, anticipent les analystes de JP Morgan.

Ceux de Barclays sont encore plus optimistes : en incluant les produits à base de cellules de viande quand ils seront commercialisés, le marché pourrait valoir 140 milliards dans 10 ans, assurent-ils.

Cela correspondrait à environ 10 % des ventes totales de viande dans le monde. Une occasion que peu veulent laisser passer.

Burger King teste ainsi depuis avril aux États-Unis une version végétarienne, mais au goût comparable, de son emblématique Whopper.

McDonald’s, qui est en train d’« explorer » le sujet, expérimente actuellement un Big Vegan TS en Allemagne. Et PFK étudie la possibilité de versions végétariennes de son poulet frit pané.

Jeunes pousses et géants

Les options de rechange à la viande ne sont pas une nouveauté. Mais grâce à de nouvelles techniques, des jeunes pousses ont dynamisé le marché en offrant des produits se rapprochant au plus près du goût, de la texture et même du jus de la viande.

La demande est tellement élevée pour les plus médiatisées, Impossible Food et Beyond Meat, qu’elles peinent parfois à y répondre.

Mais les investisseurs croient en leur potentiel.

Le jour de son entrée à Wall Street le 2 mai, Beyond Meat a bondi de 163 %. Elle vaut désormais près de 6 milliards de dollars en Bourse.

Hier, le titre de la jeune pousse a bondi de 39,35 % après l’annonce qu’elle anticipait une croissance de ses ventes de 140 % sur l’année. L’entreprise estime qu’elle atteindra un chiffre d’affaires de 210 millions en 2019, contre 88 millions seulement l’an dernier. C’est plus que les  205 millions évoqués par les anlaystes suivant Beyond Meat.

Impossible Burger, déjà présente dans plus de 7000 restaurants aux États-Unis et en Asie, a de son côté récemment levé 300 millions de dollars dans une opération la valorisant à 2 milliards.

Les géants de l’agroalimentaire ne sont pas en reste.

Le suisse Nestlé commercialise depuis avril en Europe un Incredible Burger, celui servi par McDonald’s en Allemagne, et prévoit lancer à l’automne aux États-Unis un autre steak végane sous sa marque Sweet Earth.

L’anglo-néerlandais Unilever a acheté l’an dernier The Vegetarian Butcher.

La société américaine Kellogg est, quant à elle, présente depuis les années 70 dans le créneau des solutions de rechange à la viande avec sa marque MorningStar Farms et, malgré un taux de croissance moins flamboyant que celui des jeunes pousses, reste de loin le leader du secteur aux États-Unis.

Même les producteurs de viande s’y mettent.

Le numéro un mondial, JBS, doit lancer lundi au Brésil son propre burger végétarien.

Et l’américain Tyson Foods, après avoir un temps investi dans Beyond Meat, prévoit distribuer dès cet été ses propres produits à base de plantes.

Tous misent sur les préoccupations croissantes de certains consommateurs pour la protection des animaux, de l’environnement et pour leur santé.

Le risque sanitaire

Malgré l’euphorie des investisseurs, les jeunes pousses à la mode qui se concentrent sur les seules options de rechange à la viande peuvent à tout moment être ébranlées par un rappel de produits pour raisons sanitaires, soulignent les analystes de JP Morgan.

Elles font surtout face aux géants de l’alimentaire qui, s’ils ont pu mettre du temps à réagir, sont habitués à la mise en place de solides chaînes logistiques et disposent de poches bien garnies pour monter rapidement en puissance.

Revue boursière

Wall Street en hausse après un rapport mitigé sur l’emploi

La Bourse de New York a terminé en nette hausse hier, portée par des chiffres décevants sur l’emploi américain de nature à alimenter l’espoir d’une baisse des taux d’intérêt. L’indice Dow Jones a progressé de 1 %, et l’indice NASDAQ, à forte coloration technologique, a monté de 1,7 %. — Agence France-Presse

Réseaux sociaux

Facebook suspend ses applications sur les appareils Huawei

Les applications Facebook ne seront plus préinstallées sur les nouveaux appareils du groupe chinois Huawei, visé par des sanctions américaines prises au nom de la sécurité nationale en plein conflit commercial entre Pékin et Washington, a indiqué le réseau social américain hier. Toutefois, les propriétaires actuels de téléphones intelligents Huawei disposant de ces applications pourront continuer à les utiliser et à les mettre à jour. Facebook a précisé être « en train d’examiner » les textes officiels des autorités américaines et de « prendre les mesures pour s’y conformer ».

— Agence France-Presse

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