Un « chrono » dans une fourchette

Le Néerlandais Mike Teunissen conserve le maillot jaune à l’issue du contre-la-montre par équipes dans les rues de Bruxelles

BRUXELLES — Moins d’une minute, c’est la fourchette qui a séparé la quasi-totalité des favoris du Tour de France dans le contre-la-montre par équipes gagné hier à Bruxelles par la formation Jumbo-Visma du maillot jaune, le Néerlandais Mike Teunissen.

Les écarts ont été encore plus resserrés qu’à l’habitude, soit sept équipes en 12 secondes, derrière les « jaune et noir » de Jumbo-Visma, les seuls à dépasser les 57 km/h de moyenne sur le rapide parcours de 27,6 km empruntant les grandes avenues de Bruxelles.

Partis en premier, les Ineos du Gallois Geraint Thomas et du Colombien Egan Bernal ont détenu le meilleur temps jusqu’à la dernière formation en lice. Ils se sont finalement inclinés de 20 secondes. Une de moins que les Deceuninck du Français Julian Alaphilippe.

« On voulait essayer de gagner », a reconnu Thomas, vainqueur sortant. Mais, son équipe (anciennement Sky), qui domine le Tour depuis le début de la décennie, n’a toujours pas gagné l’exercice collectif. Chaque fois, la formation britannique s’est en revanche placée sur le podium.

Kruijswijk pour bénéficiaire

Bruxelles n’a pas dérogé à la règle. Deux des coureurs d’Ineos, le Gallois Luke Rowe et, plus étonnant, le Néerlandais Whout Poels, se sont relevés avant les derniers kilomètres, mais Bernal est apparu très à l’aise. « Je me suis senti vraiment bien dans ce chrono, mieux que l’an dernier. Je peux être satisfait », a souri l’espoir colombien.

Parmi les grimpeurs, le principal bénéficiaire a pour nom Steven Kruijswijk, cinquième du Tour l’an passé. Le Néerlandais, un sérieux outsider, dispose désormais d’une avance de 20 secondes sur Thomas et Bernal.

Derrière lui, les écarts sont étroits entre les candidats au classement général. Le moins bien loti, le Français Romain Bardet, a lâché moins d’une minute sur Thomas et Bernal, un débours moindre que l’an passé, même si ses AG2R La Mondiale n’ont pris que la 19e place de l’étape.

En revanche, l’équipe de l’autre prétendant français au podium, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ), a réussi une performance de haut niveau, à une douzaine de secondes de la référence britannique.

« J’avais dit qu’on avait l’une des meilleures équipes. Dans un chrono, c’est l’homogénéité qui compte le plus. On a travaillé le chrono, on a bien bossé. On savait qu’on était capables de réaliser une belle performance. »

— Thibaut Pinot, de l’équipe Groupama-FDJ

L’équipe Astana du Québécois Hugo Houle et du Danois Jakob Fuglsang s’est située à 41 secondes d’Ineos (voir encadré).

Des grandes formations, c’est la Movistar du Colombien Nairo Quintana qui a réalisé la moins bonne opération en cédant 45 secondes à l’équipe britannique. La 17e place du groupe espagnol est son pire résultat depuis 2011 (19e).

Un moment de gloire pour Teunissen

Les puncheurs auront un terrain à leur convenance dans la troisième étape, aujourd’hui. Les 215 km qui relient Binche à Epernay se concluent par une succession de montagnes russes et un final en montée (500 m à 8 %).

Teunissen court-il le risque de perdre le maillot jaune ? Le Néerlandais s’est montré franchement optimiste, d’autant, a-t-il dit, qu’il avait des ambitions sur cette étape « avant le départ » du Tour.

L’équipe Jumbo-Visma a toutes les chances de garder le maillot, qui fête cette année son centenaire. Derrière Teunissen, c’est le néophyte belge Wout Van Aert qui occupe la deuxième place du classement général, à 10 secondes. Et l’ancien triple champion du monde de cyclo-cross est l’un des tout meilleurs puncheurs du peloton.

« On est deux des favoris de l’étape, estime d’ailleurs Teunissen. On a montré notre niveau ces deux derniers jours. Je connais bien Wout, on s’entend bien. J’espère que l’un de nous deux fera un bon résultat. Peut-être les deux… En tout cas, ces deux jours resteront formidables. »

Pour le Tour, l’arrivée en France marque la sortie de Belgique et la fin d’une entame qui a permis d’honorer Eddy Merckx. Une fois encore, le « Cannibale » a été salué de toutes parts. Un nouveau moment de gloire partagé sur le podium avec Teunissen.

« Un bon effort » pour Astana

Au lendemain de la chute du meneur de la formation du Québécois Hugo Houle, le Danois Jakob Fuglsang, Astana a réussi à décrocher la 10e place du contre-la-montre par équipes. Astana a stoppé le chrono à 29 min 38 s, soit un retard de 41 secondes sur Jumbo-Visma. « Nous avons fait un bon effort, malgré quelques erreurs à droite et à gauche. J’ai fait ce que je devais faire et je suis satisfait », a dit Houle. Au grand soulagement des membres d’Astana, Fuglsang semble retrouver son énergie en dépit de sa chute survenue à la fin de la première étape, samedi. « Il va bien, il n’a pas de blessures majeures. Toutes les radiographies ont démontré qu’il n’avait aucune fracture. Les muscles semblent récupérer assez bien, ce qui est encourageant. Il a réussi à faire une bonne journée et il était content de son effort », a fait savoir le coureur de Sainte-Perpétue.

— Sportcom

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