Présentation spéciale Montréal (Ville-Marie)

Une ancienne usine devenue oasis

L’immobilier fait rêver. Chaque semaine, notre journaliste présente une propriété haut de gamme offerte sur le marché de la revente.

Il y a 20 ans, il fallait être un peu devin pour imaginer qu’un jour, le quartier centre de l’arrondissement de Ville-Marie deviendrait presque entièrement résidentiel. Mais cet espace bigarré, industriel et mal famé, il faut le dire, a troqué ses espaces glauques pour un secteur où il fait bon vivre.

« J’avais le pressentiment que ce quartier deviendrait hot, nous a confié Johanne Duchesneau, propriétaire du condo des Lofts Wilson, où elle habite avec son mari depuis 2011. Mais, disons qu’il fallait beaucoup d’imagination au départ. »

Pour la petite histoire, le couple et ses deux fils vivaient la vie paisible en banlieue. « La grande maison, la piscine, la rue tranquille. Dans notre tête, c’est là qu’il fallait élever une famille. » Pour ces deux banlieusards, qui avaient grandi à Laval, impossible de s’imaginer ailleurs.

Sauf que…

« Chaque fois qu’on allait en vacances à New York ou à Paris, on se sentait heureux. On venait au centre-ville de Montréal toutes les semaines pour souper et pour des spectacles. On aimait l’effervescence, les spectacles, les restos… » Mme Duchesneau énumère les noms de restaurants du centre-ville comme d’autres les recettes de Ricardo. « On s’est demandé : pourquoi la banlieue à tout prix ? »

Question existentielle s’il en est une.

Mme Duchesneau s’est mise à la recherche d’un espace de vie pour sa famille. « Nos fils étudiaient à Dawson, nous avons d’abord dirigé nos recherches vers le secteur ouest de la ville. » Mais rien ne les allumait.

À cette époque, le quartier situé au sud de la basilique Saint-Patrick et à l’ouest du Quartier chinois se transformait à la vitesse grand V. Le square Victoria s’était fait une beauté et le siège de la Caisse de dépôt ainsi que la place Jean-Paul-Riopelle suscitaient l’admiration. Mais il restait encore plusieurs usines désaffectées tout autour dont le sort restait à déterminer.

Le secteur, appelé Paper Hill en raison des nombreuses imprimeries qui l’occupaient au début du XXe siècle, regorge de ces édifices anciens.

Les promoteurs ont flairé le potentiel et le quartier s’est redéfini. Certains espaces vides ou irrécupérables ont été comblés par de nouvelles constructions, contemporaines et éblouissantes, tandis que d’autres ont conservé leurs façades patrimoniales.

Parc citadin

C’est cet aspect qui a séduit le couple durant une balade dominicale sur la côte du Beaver Hall.

« On voyait du mouvement dans la rue Saint-Alexandre. J’avais déjà repéré cet édifice avec mon fils lors d’une de nos visites au centre-ville. Je l’avais trouvé beau. »

L’ancienne usine de papier Wilson était en pleine reconstruction. Le couple a compris rapidement qu’il était possible de façonner un appartement à son image. « Le quartier n’était pas très inspirant, il y avait de la poussière partout, mais il y avait ce joli parc citadin devant l’édifice qui aérait les espaces et des restos tout autour. Nous avions l’intuition que le quartier se métamorphoserait pour le mieux. » L’architecte Karl Fisher a examiné les plans qui leur permettraient de personnaliser les espaces (« On ne voulait rien de générique, on voulait que ce soit différent ! ») et leur a donné le feu vert.

Mezzanine et poutres en béton

Le vestibule de l’édifice recouvert d’ardoise et de béton donne le ton. On sent le clin d’œil à l’ancienne usine. Les lieux sont décorés succinctement, avec quelques éléments modernes et colorés.

L’appartement du couple est au sixième étage. Les grandes fenêtres qui donnent sur le parc urbain procurent amplement de lumière. L’espace au-dessus des pièces communes fait plus de 22 pi du plancher au plafond. Les poutres en béton sont dégarnies et donnent aux lieux un look industriel. Le chic vient des éléments décoratifs. Le jumelage est impeccable. Le plafond au-dessus de la cuisine et du vestibule est fermé en raison de la mezzanine qui abrite les trois chambres et les deux salles de bains. « Nous avons demandé que chaque chambre ait une cloison vitrée ouverte sur le rez-de-chaussée. La lumière vient des grandes fenêtres. »

La cuisine de ces épicuriens est ouverte et aménagée en longueur. Les rangements sont nombreux. « On reçoit beaucoup. »

Les garçons ont grandi et sont maintenant installés dans leur propre chez-soi, pas très loin des parents.

Le couple cherche un espace plus petit mais dans le même quartier, près, bien sûr, des bons restos.

Une offre d'achat vient d'être acceptée par les propriétaires, et est en cours d'approbation.

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