Piste de motoneige entre Mont-Tremblant et Saint-Faustin–Lac-Carré

Des risques pour les usagers, selon le MTQ

Érosion, accumulation d’eau, chutes et projection de neige lors du déneigement de la route 117 : la piste de motoneige subventionnée à grands frais pour relier Mont-Tremblant à Saint-Faustin–Lac-Carré présente plusieurs risques pour les automobilistes comme pour les motoneigistes, montrent les rapports d’inspection consultés par La Presse.

Un ingénieur du ministère des Transports du Québec (MTQ) a relevé de multiples aspects techniques et environnementaux à corriger dans ce sentier aménagé dans l’emprise de la 117.

Un mur de soutènement et de l’ensemencement ne respectant pas les normes du MTQ, une barrière de neige susceptible de nuire au drainage de la route 117 ainsi que des clôtures manquantes ou non sécuritaires sont notamment signalés dans des rapports que La Presse a obtenus grâce à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

La proximité de la 117 pose un risque supplémentaire en période de déneigement, ajoute l’ingénieur. « Je parle ici de la neige qui pourrait frapper un motoneigiste qui s’en vient en sens inverse », écrit Mario Fortin dans son rapport d’inspection préliminaire daté du 25 septembre. Des solutions devront être trouvées, mais les opérations de déneigement « s’en trouveront complexifiées », poursuit-il dans son rapport d’inspection technique du 9 janvier.

Sous-traitance

Ce sentier de 9,2 km a été construit pour remplacer un tronçon du P’tit Train du Nord fermé il y a une quinzaine d’années. Son ouverture, prévue cet hiver, était attendue avec impatience par des motoneigistes et des commerçants de la région, mais à la mi-décembre, elle a été repoussée d’au moins un an. La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec et le Club motoneige Diable et Rouge avaient alors évoqué « un ensemble de raisons techniques, opérationnelles, de sécurité et d’acceptabilité sociale, qui ne rencontrent pas à ce stade-ci les normes exigées ».

Tout portait à croire que cette suspension avait été décidée en réponse aux plaintes de résidants habitant à proximité du sentier. Plusieurs avaient en effet dénoncé le manque de consultation et le danger de traverser cette piste bidirectionnelle pour s’engager dans la circulation très rapide de la 117. Mais la piste elle-même présente de nombreuses déficiences, montrent ces rapports.

Le MTQ a accordé 3 millions de dollars pour réaliser ce sentier. Il en a confié la maîtrise d’œuvre au Club motoneige Diable et Rouge, de Mont-Tremblant, qui a donné le mandat à une firme d’ingénieurs.

Inspection au printemps

La prochaine inspection, prévue au printemps à la fonte des neiges, servira notamment à constater l’impact de l’érosion, indique le Ministère. « Dans le cas de problématique d’érosion, quelques interventions mineures seront apportées. De l’enrochement ou de l’ensemencement serait nécessaire », a expliqué une porte-parole du MTQ par courriel.

Le Ministère revérifiera la conformité de la piste et exigera son acceptabilité sociale avant d’en autoriser l’accès, a assuré Samantha Saroufim.

On ne sait pas si les 3 millions prévus suffiront, dit-on au MTQ, mais « d’autres dépenses sont à prévoir puisque des travaux correctifs sont nécessaires ».

Toutefois, aucune indemnisation n’est actuellement prévue pour les riverains du sentier. « Comme les rencontres citoyennes sont toujours en cours, il est trop tôt pour se prononcer sur les questions d’indemnisation », dit Mme Saroufim. D’autres rencontres entre le MTQ, la fédération des clubs de motoneigistes et les résidants habitant à moins de 30 m de la piste doivent avoir lieu la semaine prochaine.

Cette formule, qui consiste à sous-traiter la création d’un sentier à un club de motoneige local, est-elle appelée à se répéter ? Le Ministère est-il satisfait du résultat ? Le MTQ n’a pas répondu à cette question de La Presse. « Comme pour tout chantier, il est fréquent de devoir apporter des ajustements sur le terrain », a indiqué sa porte-parole.

— Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse

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