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Quel est l’avenir du Parti québécois après le départ de Catherine Fournier ?

Un aperçu de vos commentaires à la suite de notre appel à tous d’hier.

Un député ne devrait pas avoir le droit de quitter le parti pour lequel il a été élu sans passer à nouveau par une élection. Au provincial comme au fédéral et au municipal. C’est à la population de décider. — Marcel Poitras

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Le PQ ne fera pas les séries

Et si c’était l’idée même de la séparation du Québec qui était moribonde ? Le Parti québécois a un historique d’autodestruction. Si les Lévesque, Parizeau et Bouchard n’ont pu amener le parti à l’indépendance, je ne vois personne, à part peut-être Péladeau, qui pourrait énergiser ce parti. Le Parti québécois ne fera pas les séries. 

— Daniel Lauzon

Laisser place à la génération suivante

Jacques Brel avait vu tellement juste. C’est toujours la même chanson. Des gens pleins d’idéal finissent par en faire leur gagne-pain et deviennent plus préoccupés d’assurer la pérennité de leur confort, de leur statut et de leur pouvoir que de faire avancer la cause. 

C’est arrivé il y a déjà longtemps au Parti québécois, puis au Bloc québécois, et ça ne saurait tarder chez Québec solidaire.

La seule façon de réaliser un idéal est de gagner rapidement. Si ça ne fonctionne pas, on rentre chez soi et on laisse la place à la génération suivante. Sinon, on est condamné à une vie de bourgeois idéaliste qui deviendra vieux et bête.

— Benoit Léger, retraité

Réformer le PQ

Pour moi, le Parti québécois n’est pas mort. Je choisirais de réformer le PQ de l’intérieur plutôt que de le quitter. Le moment est propice. Une bonne analyse et un plan de redressement avec Véronique Hivon comme chef. La souveraineté doit être au premier plan et au cœur d’un projet de société. Le programme du Parti québécois était le meilleur. Il fallait donc mieux le vendre. Pour les Québécois, le fédéralisme n’a jamais passé et ne passera jamais. Démontrons-le encore et encore.

— Danielle Lavoie

Quel gâchis !

On dit la jeune députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, proche de Jean-Martin Aussant. Son aventure au Parti québécois ne pouvait pas finir autrement. En le quittant ainsi, elle a signé son arrêt de mort politique. Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ces deux-là se sont présentés aux élections du 1er octobre sous l’enseigne péquiste ? Cela ne fait même pas six mois. Quel gâchis ! Jean-François Lisée va devoir écrire un nouveau chapitre à son livre.

— Sylvio Le Blanc

Québec solidaire ne fera pas mieux

Ce parti a galvaudé sa nature à droite et à gauche sans jamais donner une idée claire des impacts réels de l’indépendance, d’où ses louvoiements répétés. Malheureusement, la profonde cicatrice touche aussi la notion de nation francophone au cœur du Canada. La négligence de reconnaître clairement les autres réalités francophones du pays l’a séparé d’abord de la force d’une diaspora qui lui aurait permis de développer une identité ayant des assises plus larges qu’une manifestation régionale. Et Québec solidaire ne fera pas mieux, sauf quelques soubresauts qui s’éteindront lentement. 

— Christian Bélanger, Ville-Marie

Toujours souverainiste

J’ai 80 ans. Je suis souverainiste depuis le mouvement souveraineté-association. L’avenir de la souveraineté appartient aux jeunes de 18 à 35 ans et à tous ceux qui pensent et croient que la fédération canadienne n’est pas le moyen qui permettra l’épanouissement de la nation québécoise francophone. Avec René Lévesque, j’ai cru au beau risque canadien. J’ai été déçu. Je ne vois ni leader, ni mouvement, ni parti qui porte la volonté de débattre de la nécessité que le Québec devienne un pays pour assurer la survie de la nation québécoise en Amérique.

— Pierre André Bernier

La souveraineté, pas pour demain

Catherine Fournier, armée d’une grande lucidité, vient de lancer un glaive en plein cœur du Parti québécois. Depuis des décennies, ce parti, pourtant gouverné par de grands ténors comme Lévesque, Parizeau ou Landry, n’a jamais touché son but. Peu s’en fallut parfois dans les référendums essoufflés et de moins en moins émotifs.

Maintenant, l’heure du renouveau a sonné ! Le Parti québécois, affaibli par un grand somnifère, ne représente plus le véhicule pour entrer à la gare de la souveraineté. Les vieilles barbes à pipe, sans redoutable efficacité, ont lamentablement échoué ! Celui ou celle qui, dans ses objectifs les plus invraisemblables, réalisera le dogme souverainiste est à la maternelle aujourd’hui et ne sera pas péquiste. Ce n’est pas pour demain.

— Michel Beaumont, Québec

La cause plus grande que les partis

La cause nationale est beaucoup plus grande que tous les partis politiques confondus. Par contre, aujourd’hui, c’est encore le Parti québécois qui demeure le véhicule le plus pertinent pour que nous cessions d’être dirigés par le gouvernement d’une autre nation. Il suffit de le faire renaître, de revenir à l’essentiel, d’expliquer, d’éduquer, de mettre à contribution la jeunesse et la diversité, et d’ici une autre génération, espérer enfin l’accession à l’indépendance de notre nation. 

— Laurent Tremblay

Le Québec n’est pas mûr pour un projet de séparation

Le Parti québécois a réalisé de très grandes et belles choses lorsqu’il était au pouvoir et, s’il était moins à gauche, je crois que l’option souverainiste passerait mieux au sein de la société québécoise. Par contre, le Québec n’est pas mûr pour un projet de séparation, et je crois que la majorité des Québécois est contre, sans nécessairement accepter le dégoût que les Canadiens leur témoignent. Je compare toujours les fédéralistes au syndrome de la femme ou de l’homme battu ; en effet, ils se font régulièrement mépriser par le reste du Canada, mais ils persistent et signent à rester dans cette fédération au comportement erratique. 

— Michel Matte, Rosemère

Coincé par l’article 1

Le PQ est coincé par son article 1, qui est de faire l’indépendance. Malheureusement, cette avenue n’est plus considérée par les Québécois, du moins par une majorité. L’environnement attire beaucoup plus, et pas seulement les plus jeunes. Malgré des politiques intéressantes, le PQ stagne et recule. Oui, ce parti a fait de grandes choses et nous a donné une fierté. Maintenant, il faut passer à autre chose et se restructurer, et surtout écouter la population, pas seulement les militants.

— Michel Jacques, Laval

Mourir de sa belle mort

Il faut être réaliste : les conditions ont changé pour que les Québécois soient mieux dans un Québec indépendant. Ce qui était vrai à l’époque de René Lévesque ne l’est plus aujourd’hui. L’avenir du Québec appartient aux jeunes, et ces derniers ne semblent aucunement intéressés par la souveraineté du Québec. L’option indépendantiste va mourir de sa belle mort comme vont mourir les baby-boomers qui refusent de décrocher et qui se bornent à défendre une option de plus en plus indéfendable.

— Bertrand Harvey

Le bateau du PQ va couler

Il me semble que depuis une dizaine d’années, le PQ semble avoir une tendance à l’autodestruction. En effet, à deux reprises, les membres de ce parti ont eu la chance de pouvoir élire quelqu’un de jeune avec des idées intéressantes. Au lieu de cela, ils ont choisi dans un premier temps un millionnaire imbu de lui-même qui s’est acheté le plus haut poste au Québec et, dans un deuxième temps, un journaliste tout aussi narcissique, avec le résultat qu’on connaît. Alexandre Cloutier représentait l’avenir, mais il est parti… il n’est plus tellement loin, le moment où le bateau du Parti québécois coulera. 

— Dany Gauthier, Saint-Félicien

Une cause et un parti dépassés

Le PQ a contribué dans ses premières années à animer le débat sur le devenir du Québec et aidé à trouver la réponse. Maintenant – et il faut être pragmatique si l’on veut réellement aider le Québec –, il est grand temps de débattre d’autres sujets, comme le développement socioéconomique et le rattrapage nécessaire. Le Parti québécois est de trop près identifié à une cause dépassée pour être utile.

— Michel Jacques

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Tout simplement dépassé

L’avenir du Parti québécois n’est ni pire ni meilleur après le départ de Catherine Fournier. Le PQ est tout simplement dépassé. Il me rappelle le sort de l’Union nationale qui, après avoir détenu le pouvoir de 1966 à 1970, s’est éteint au cours des six années suivantes. Ça ne sert à rien de changer de chef une fois de plus, d’essayer de se réinventer quand la raison première pour laquelle ce parti a été fondé n’existe plus.

Quant à Catherine Fournier, elle aurait dû faire sa réflexion avant les élections plutôt que de se faire élire sous l’enseigne péquiste et virer son capot de bord à peine six mois après. Il est difficile d’avoir du respect pour les gens qui ne respectent pas le mandat que les électeurs leur ont confié.

— Pier Dutil, Saint-Georges

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