Formule 1

C'est un départ !

Le Championnat du monde de Formule 1 va s’amorcer dimanche avec le Grand Prix d’Australie à Melbourne. Encore une fois cette année, Mercedes et Ferrari semblent destinées à se disputer les titres mondiaux et si Lewis Hamilton est le leader incontesté de l’équipe allemande, Sebastian Vettel devra se méfier de son nouveau coéquipier Charles Leclerc. Derrière, la bataille s’annonce indécise, et même le Québécois Lance Stroll pourrait se mêler à la lutte pour les places d’honneur.

FORMULE 1

Dix questions pour la nouvelle saison

À quelques heures du premier Grand Prix, faute d’avoir déjà toutes les réponses, voici dix questions pour la nouvelle saison.

QUE FAUT-IL ATTENDRE DE LANCE STROLL ET DE RACING POINT ?

Lawrence Stroll et ses associés ont réalisé une bonne affaire en récupérant l’équipe Force India, il reste maintenant à confirmer leurs ambitions en piste. À Barcelone, en essais hivernaux, la Racing Point a fait moins de kilométrage que toutes ses rivales, mais Lance Stroll et Sergio Pérez ont bien conclu l’affaire avec des chronos compétitifs et une bonne fiabilité. Le pilote canadien demeure réaliste : « Nous abordons cette première course sans attentes, a-t-il indiqué. Il y a encore trop d’incertitudes pour faire des prédictions. Melbourne Park est un circuit très technique, avec des passages étroits et des bosses dont il faut se méfier. Nous avons déjà de bonnes pistes pour nos réglages et nous allons nous concentrer sur notre programme, tenter de gagner en vitesse à chaque sortie en piste, de façon à être prêts pour la course. »

HAMILTON PEUT-IL S’APPROCHER DE SCHUMACHER ?

Avec maintenant cinq titres mondiaux, Lewis Hamilton n’est plus qu’à deux sacres du record de Michael Schumacher et le pilote de l’équipe Mercedes semble avoir la motivation nécessaire pour s’approcher du grand champion allemand. Encore une fois cette année, le Britannique et son équipe devront se méfier de Ferrari, mais ils en ont les moyens : « La F1 n’est pas seulement une question de vitesse pure, il faut aussi pouvoir s’adapter aux règles, aux pneus et à tous les défis qu’une longue saison de 21 courses nous oblige à relever, a rappelé le directeur de Mercedes, Toto Wolfe. C’est l’équipe la plus souple qui va triompher et nous avons montré par le passé que nous étions à la fois rapides et flexibles. Nous sommes prêts pour un autre combat et je ne doute pas qu’il y aura encore plusieurs rebondissements cette saison. »

ENFIN L’ANNÉE DE FERRARI ?

Depuis deux ans déjà, Ferrari dispose de la meilleure voiture du plateau, mais la gestion contestable de Maurizio Arrivabene et les erreurs de Sebastian Vettel ont ouvert la porte à Mercedes. Un nouveau patron, Mattia Binotto, et l’arrivée du prometteur Charles Leclerc laissent espérer que la Scuderia pourra confirmer le potentiel affiché il y a quelques semaines à Barcelone lors des essais préparatoires. Vettel, qui se complaisait un peu aux côtés du vétéran Kimi Räikkönen, devra vite prouver qu’il est encore le « patron », car la direction de Ferrari place de grands espoirs en Leclerc et n’entend pas gâcher une autre saison.

UNE VICTOIRE POUR LE TANDEM RED BULL/HONDA ?

Alors qu’on est habitué à voir les Red Bull se mêler à la lutte pour le podium, voire la victoire, l’équipe autrichienne aborde la saison 2019 avec une bonne dose d’incertitude liée à son moteur Honda. Si les performances du V6 hybride ont beaucoup progressé, sa fiabilité reste encore approximative et ce serait étonnant que Max Verstappen et Pierre Gasly ne connaissent aucun ennui. Mais le « sorcier » Adrian Newey a encore conçu un châssis très performant et plusieurs croient que Red Bull pourrait mêler les cartes à l’occasion et, qui sait, offrir à Honda une première victoire en F1 depuis 1992.

QUE FERA RICCIARDO CHEZ RENAULT ?

Las de voir Max Verstappen bénéficier d’un statut privilégié chez Red Bull, Daniel Ricciardo s’est résolu à rejoindre Renault cette saison. L’arrivée du pilote australien, réputé pour être l’un des plus habiles dans les dépassements, devrait être un atout de poids dans ce qui s’annonce comme une lutte très indécise en milieu de peloton. Et la direction de Renault espère même que Ricciardo puisse devancer les pilotes de son ancienne équipe, ce qui permettrait d’aspirer à la troisième place du Championnat des constructeurs.

QUI GAGNERA LA LUTTE DU MILIEU DE PELOTON ?

Renault, Haas, McLaren, Racing Point, Alfa Romeo, Toro Rosso ; la lutte pour les points s’annonce particulièrement vive cette saison et le Grand Prix d’Australie offrira une première occasion d’évaluer la hiérarchie entre les équipes du milieu de peloton. On n’est d’ailleurs pas à l’abri de surprises, comme on l’a vu lors des essais préparatoires de Barcelone, où McLaren et Toro Rosso ont fait des étincelles. Mais la pression est différente en Grand Prix et les vétérans Kimi Räikkönen (Alfa Romeo) et Romain Grosjean (Haas) voudront sûrement « remettre les pendules à l’heure ».

UN NÉOPHYTE RÉUSSIRA-T-IL À SE DÉMARQUER ?

George Russell (Williams), Lando Norris (McLaren), Alexander Albon (Toro Rosso), Antonio Giovanessi (Alfa Romeo) : ils sont encore plusieurs pilotes recrues cette saison et on peut y ajouter les revenants Daniil Kvyat (Toro Rosso) et surtout Robert Kubica (Williams). Les Britanniques Russell et Norris, qui se sont disputé le titre en F2 la saison dernière, sont considérés comme les plus prometteurs, et le premier est suivi de près par Mercedes. Ils n’auront toutefois sans doute pas les armes pour faire autre chose que de la figuration.

QUEL AVENIR POUR WILLIAMS ?

Le retour de Robert Kubica, huit ans après son terrible accident de rallye, est sûrement l’une des belles histoires de la saison, mais le Polonais est bien mal tombé dans une équipe Williams en pleine déconfiture. Alors qu’on croyait qu’elle avait atteint le fond du baril la saison dernière, l’écurie britannique semble encore plus mal partie cette année. La nouvelle FW42 n’était pas prête pour le début des essais préparatoires et, quand elle a finalement pris la piste, elle s’est avérée deux secondes plus lente que ses rivales, un véritable gouffre en F1. Pas étonnant que le directeur technique Paddy Lowe ait été mis « en congé », mais après les départs de plusieurs ingénieurs au cours des derniers mois, on voit mal comment Williams pourra redresser la barre à court et même à moyen terme.

LES NOUVELLES RÈGLES AURONT-ELLES L’EFFET DÉSIRÉ ?

Avec de nouvelles règles touchant l’aérodynamique des voitures – des ailerons avant et arrière simplifiés notamment –, les dirigeants de la F1 espèrent permettre aux pilotes de rouler plus près les uns des autres, une condition nécessaire pour faciliter les dépassements et améliorer le spectacle. Jusqu’ici, les avis sont partagés sur l’efficacité de ces changements et le Grand Prix d’Australie devrait permettre d’y voir un peu plus clair. L’autre gros changement, l’ajout d’un point au classement pour le pilote auteur du tour le plus rapide en course (s’il termine parmi les 10 premiers), risque d’avoir un effet plus concret. En 2008, Lewis Hamilton aurait été privé de son premier titre mondial au profit de Felipe Massa si cette règle avait été en vigueur.

UN ACCORD SUR L’AVENIR DE LA F1 ?

Même si elles n’entreront en vigueur qu’en 2021, les discussions sur les nouvelles règles gérant le Championnat du monde de F1 vont continuer d’attirer l’attention. Si les grandes lignes du règlement technique semblent déjà fixées, il n’en est rien pour tout le volet commercial et notamment l’épineuse question de la répartition des revenus entre les équipes. Comme le disait Ross Brawn, directeur général de la F1, cette semaine en point de presse : « Les équipes riches ne veulent rien lâcher et les autres veulent tout avoir ! » Les observateurs sont néanmoins optimistes et espèrent voir tout le monde trouver un terrain d’entente avant la fin de la saison.

Le plateau 2019

Vingt pilotes de dix équipes seront sur la ligne de départ cette saison. Présentation.

AMG MERCEDES

Voiture : Mercedes F1 W10

Moteur : Mercedes M10

Directeur : Toto Wolff

Directeur technique : James Allison

Débuts en F1 : 2010 (ex-Tyrrell, BAR, Honda, Brawn ; Mercedes a participé au Championnat du monde en 1954 et en 1955)

189 Grands Prix, 5 titres constructeur, 87 victoires

Pilotes

Lewis Hamilton (44)

Britannique, 34 ans

Débuts en F1 : 2007

Cinq titres mondiaux (2008, 2014, 2015, 2017, 2018)

229 Grands Prix, 73 victoires, 134 podiums, 83 positions de tête

Valtteri Bottas (77)

Finlandais, 30 ans

Débuts en F1 : 2013

119 Grands Prix, 3 victoires, 30 podiums, 6 positions de tête

SCUDERIA FERRARI

Voiture : Ferrari SF90

Moteur : Ferrari 064

Directeur : Mattia Binotto

Directeur technique : Laurent Mekies

Débuts en F1 : 1950

972 Grands Prix, 16 titres constructeur, 235 victoires

Pilotes

Sebastian Vettel (5)

Allemand, 31 ans

Débuts en F1 : 2007

Quatre titres mondiaux (2010, 2011, 2012, 2013)

220 Grands Prix, 52 victoires, 111 podiums, 55 positions de tête

Charles Leclerc (16)

Monégasque, 21 ans

Débuts en F1 : 2018

21 Grands Prix

ASTON MARTIN RED BULL

Voiture : Red Bull RB15

Moteur : Honda RA619H

Directeur : Christian Horner

Directeur technique : Pierre Waché

Débuts en F1 : 2005 (ex-Stewart, Jaguar)

266 Grands Prix, 4 titres constructeur, 59 victoires

Pilotes 

Max Verstappen (33)

Pays-Bas, 21 ans

Débuts en F1 : 2015

81 Grands Prix, 5 victoires, 22 podiums

Pierre Gasly (10)

Français, 23 ans

Débuts en F1 : 2017

26 Grands Prix

RENAULT F1

Voiture : Renault RS19

Moteur : Renault E-Tech 19

Directeur : Cyril Abiteboul

Directeur technique : Nick Chester

Débuts en F1 : 1977

365 Grands Prix, 2 titres constructeur, 35 victoires

Pilotes

Daniel Ricciardo (3)

Australien, 29 ans

Débuts en F1 : 2011

150 Grands Prix, 7 victoires, 29 podiums, 3 positions de tête

Nico Hulkenberg (27)

Allemand, 31 ans

Débuts en F1 : 2010

158 Grands Prix, 1 position de tête

HAAS RACING

Voiture : Haas VF-19

Moteur : Ferrari 064

Directeur : Gunther Steiner

Directeur technique : Rob Taylor

Débuts en F1 : 2016

62 Grands Prix, aucune victoire

Pilotes

Romain Grosjean (8)

Français, 32 ans

Débuts en F1 : 2009

145 Grands Prix, 10 podiums

Kevin Magnussen (20)

Danois, 26 ans

Débuts en F1 : 2014

82 Grands Prix, 1 podium

McLAREN RACING

Voiture : McLaren MC L34

Moteur : Renault E-Tech 19

Directeur : Zak Brown

Directeur technique : James Key à compter du 25 mars)

Débuts en F1 : 1966

846 Grands Prix, 8 titres constructeur, 182 victoires

Pilotes

Carlos Sainz (55)

Espagnol, 24 ans

Débuts en F1 : 2015

81 Grands Prix

Lando Norris (4)

Britannique, 19 ans

Débuts en F1 : 2019

SPORTPESA RACING POINT

Voiture : Racing Point RP19

Moteur : Mercedes M10

Directeur : Otmar Szafnauer

Directeur technique : Andrew Green

Début en F1 : 2019 (ex-Jordan, Midland, Spyker, Force-India)

Aucune victoire

Pilotes

Sergio Perez (11)

Mexicain, 28 ans

Débuts en F1 : 2011

158 Grands Prix, 8 podiums

Lance Stroll (18)

Canadien, 20 ans

Débuts en F1 : 2017

41 Grands Prix, 1 podium

ALFA ROMEO RACING

Voiture : Sauber C38

Moteur : Ferrari E64

Directeur : Frédéric Vasseur

Directeur technique : Simone Resta

Débuts en F1 : 1993 (Sauber)

1 victoire (Alfa Romeo a participé au Championnat du monde en 1950 et en 1951, puis de 1979 à 1985)

Pilotes 

Kimi Räikkönen (7)

Finlande, 39 ans

Débuts en F1 : 2001

Un titre mondial (2007)

294 Grands Prix, 21 victoires, 103 podiums, 18 positions de tête

Antonio Giovanessi (99)

Italien, 25 ans

Débuts en F1 : 2017

2 Grands Prix

SCUDERIA TORO ROSSO

Voiture : Toro Rosso STR14

Moteur : Honda RA619H

Directeur : Franz Tost

Directeur technique : Jody Egginton

Débuts en F1 : 2006 (ex-Minardi)

266 Grands Prix, 1 victoire

Pilotes

Alexander Albon (23)

Thaïlandais, 22 ans

Débuts en F1 : 2019

Daniil Kvyat (26)

Russe, 24 ans

Débuts en F1 : 2014

229 Grands Prix, 2 podiums

ROKIT-WILLIAMS

Voiture : Williams FW42

Moteur : Mercedes M10

Directrice : Claire Williams

Directeur technique : Paddy Lowe (en congé « forcé »)

Débuts en F1 : 1978

699 Grands Prix, 9 titres constructeur, 114 victoires

Pilotes 

Robert Kubica (88)

Polonais, 34 ans

Débuts en F1 : 2006

76 Grands Prix, 1 victoire, 12 podiums, 1 position de tête

George Russell (63)

Britannique, 21 ans

Débuts en F1 : 2019

Le calendrier

17 mars

AUSTRALIE (Melbourne)

31 mars

BAHREÏN (Sakhir)

14 avril

CHINE (Shanghai)

28 avril

AZERBAÏDJAN (Bakou)

12 mai

ESPAGNE (Barcelone)

26 mai

MONACO (Monaco)

9 juin

CANADA (Montréal)

23 juin

FRANCE (Le Castellet)

30 juin

AUTRICHE (Spielberg)

14 juillet

GRANDE-BRETAGNE (Silverstone)

28 juillet

ALLEMAGNE (Hockenheim)

4 août

HONGRIE (Budapest)

1er septembre

BELGIQUE (Spa-Francorchamps)

8 septembre

ITALIE (Monza)

22 septembre

SINGAPOUR (Singapour)

29 septembre

RUSSIE (Sotchi)

13 octobre

JAPON (Suzuka)

27 octobre

MEXIQUE (Mexico)

3 novembre

ÉTATS-UNIS (Austin)

17 novembre

BRÉSIL (São Paulo)

1er décembre

ABOU DHABI (Yas Marina)

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