UNE BRÈCHE EN TOUTE CHOSE

L’expo que même Bono a vue

Surprise au Musée d’art contemporain de Montréal, alors que le chanteur Bono, du groupe U2, a rendu hommage à son ami Leonard Cohen en visitant l’expo Une brèche en toute chose qui était consacrée au chanteur et poète montréalais depuis novembre et jusqu’à hier. Une expo qui aura enregistré une affluence historique au MAC (plus de 300 000 visiteurs) et qui partira bientôt vers d’autres lieux…

John Zeppetelli, directeur et conservateur en chef du Musée d’art contemporain (MAC), avait été prévenu la veille par l’entourage de Guy Laliberté que le chanteur Bono voulait venir voir l’expo avant l’ouverture du musée au public, hier. 

« Bono a passé une heure au MAC, dit M. Zeppetelli. On lui a fait une visite commentée. Il était très sympathique. C’était un grand ami de Leonard Cohen. Il a été très ému par sa visite. »

John Zeppetelli dit que Bono a beaucoup apprécié une des œuvres les plus bouleversantes de l’exposition, Passing Through, un montage efficace et sensible de 52 minutes de concerts de Leonard Cohen réalisé par George Fok et diffusé sur trois murs.

« Il a trouvé ça magnifique, dit-il. Il a aussi beaucoup aimé l’œuvre de Candice Breitz, qui a filmé 18 fans montréalais de Cohen âgés de 65 ans et plus. Il l’a trouvée adorable et émouvante. Il est allé deux fois dans l’octogone de Daily tous les jours où on s’empare d’un micro pour fredonner Hallelujah. Et il a adoré l’installation Legendary Reality, de Jon Rafman. Il ne voulait pas sortir de la pièce ! De le voir, ainsi, la dernière journée de l’exposition, nous a fait vraiment extrêmement plaisir. »

RECORD DE TOUS LES TEMPS

En cours de démontage, l’expo signée par Victor Shiffman et John Zeppetelli dans six salles du musée aura attiré plus de 300 000 personnes à Montréal depuis le 9 novembre. Un record de tous les temps pour le Musée d’art contemporain. 

Le record précédent du MAC était détenu par les expositions de David Altmejd et Jon Rafman qui avaient été vues, durant l’été 2015, par 124 000 personnes. Il faut dire qu’à l’époque, le MAC enregistrait grosso modo entre 200 000 et 260 000 visiteurs par an alors qu’il a accueilli environ 600 000 personnes entre le 1er avril 2017 et le 31 mars 2018.

Les visiteurs de l’expo sur Cohen sont venus du monde entier. « Tous les jours, je croisais des gens de l’extérieur dans les salles, dit John Zeppetelli. Les gens disaient qu’ils étaient venus de Boston, d’Angleterre ou de Scandinavie exprès pour ça. Ils me demandaient si l’expo allait venir chez eux ! »

Pour ceux qui n’auront pu voir l’exposition, elle sera présentée bientôt dans plusieurs endroits, en Amérique et en Europe. Les lieux de cette tournée internationale, qui durera au minimum deux ans, seront annoncés prochainement. 

« On est en discussion avec plusieurs lieux, et je suis sûr que d’autres institutions seront intéressées à la présenter. Même Bono nous disait jeudi qu’on devrait la montrer en Irlande, au Irish Museum of Modern Art de Dublin ! »

 – John Zeppetelli

Le directeur du MAC a aussi reçu plusieurs demandes de fans montréalais de Leonard Cohen pour que l’exposition trouve un lieu permanent à Montréal. 

« Des gens m’ont dit qu’ils trouvaient ça intolérable qu’on ne puisse pas accéder plus tard à la salle de concert  [George Fok], à celle avec les entrevues [Kara Blake] ou encore aux personnes qui chantent dans l’œuvre de Candice Breitz ! Mais je peux leur dire qu’on a intégré l’œuvre de Candice dans la collection du MAC. Elle sera donc présentée à nouveau à Montréal une autre fois. L’œuvre va revivre et l’expo aussi, ailleurs. »

John Zeppetelli estime que cet hommage à l’un des plus grands artistes de Montréal mais aussi de la planète aura été « émouvant depuis le début ».

« De se mettre à l’œuvre pour célébrer un gars de 82 ans de ce calibre, déjà, c’était très émouvant puisqu’on avait eu son accord, dit-il. Mais ensuite, on a vécu toute cette expérience de sa mort, du deuil collectif et mondial, de trouver des artistes pour qu’ils produisent une œuvre inédite pour l’exposition. Cela a été trois années vraiment très intenses. Une de mes plus belles expériences professionnelles, surtout quand on voit la réponse du public et des critiques. »

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