Migrants

Le rêve espagnol

Alors que le gouvernement populiste ferme les frontières de l’Italie, la pression se déplace vers l’autre porte occidentale de la Méditerranée.

Les redoutables barrières de Ceuta devaient résister à la détermination des migrants. Mais, le 26 juillet, 850 hommes d’origine subsaharienne mènent l’assaut. L’opposition de la Guardia Civil et de la police marocaine est balayée par plusieurs vagues d’assaillants armés de « grenades » de chaux vive et d’excréments ainsi que de lance-flammes bricolés avec des aérosols.

Les défenses de l’enclave espagnole sont submergées, une quinzaine de gardes blessés. Ainsi que plusieurs dizaines de « sauteurs », car les doubles clôtures sont hérissées de fil barbelé portant des lames de rasoir. Six cents d’entre eux ont pourtant réussi à passer. Ils se sont réfugiés dans un centre de la Croix-Rouge. En 2017, 2500 migrants étaient parvenus ainsi à entrer dans l’Union européenne.

L’Espagne, nouvelle terre promise

La fermeture des ports italiens ainsi que l’élection du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez – plus favorable à l’immigration que celui de son prédécesseur – réorientent les chemins migratoires. Les plages peu surveillées de la pointe sud du pays, bien connues des passeurs – dont beaucoup de reconvertis du trafic de haschich – , sont propices aux débarquements clandestins.

Le gouvernement marocain, en pleine négociation avec l’UE sur les droits de pêche et le commerce des fruits et légumes, agite comme moyen de pression la menace du laissez-passer. Tout concourt pour que le détroit de Gibraltar devienne rapidement le nouveau corridor méditerranéen de migration.

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