Autoroute 10

Une opération de remorquage tourne au drame

Un camionneur a perdu la vie alors que son véhicule en panne s’apprêtait à être remorqué en bordure de l’autoroute 10, hier matin à Granby. Son poids lourd a été embouti par un autre mastodonte. Le remorqueur avait garé sa dépanneuse sur l’accotement, devant le poids lourd en panne. La tragédie se serait produite au moment où le remorqueur installait des cônes. Un mastodonte aurait dévié de sa trajectoire et percuté la zone de remorquage, dont l’arrière du camion en panne. La mort de Jean-Guy Lenneville, un résidant de Sherbrooke âgé de 52 ans, a été constatée sur les lieux. Il s’agit du camionneur qui attendait que son véhicule soit remorqué. Aucune hypothèse n’a été avancée par les policiers pour expliquer la collision. L’autoroute 10 en direction est a été fermée jusqu’en soirée. — La Voix de l’Est

plan d’action de québec

600 millions pour contrer la violence conjugale

Le gouvernement du Québec a détaillé hier son nouveau plan d’action pour contrer la violence conjugale, qui prévoit notamment des fonds pour les maisons d’hébergement qui accueillent les victimes, ainsi que pour accélérer la cadence du traitement de ces cas de violence devant les tribunaux.

L’annonce a été faite à Montréal par la ministre de la Condition féminine, Hélène David, et la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Mme David a tenu à rappeler que la violence conjugale, ce n’est pas qu’une chicane de couple, « c’est beaucoup plus que ça ». « C’est pour dominer et affirmer son pouvoir sur l’autre », a insisté la ministre.

Le plan est assorti d’un financement de quelque 600 millions sur cinq ans, sommes déjà annoncées dans le budget de mars dernier, mais qui sont désormais détaillées.

La majeure partie de cet argent – 520 millions – sera consacrée à poursuivre le financement de mesures déjà en place, comme une ligne d’écoute confidentielle.

Le gouvernement a toutefois annoncé une série de 56 nouvelles mesures pour la réalisation desquelles il accorde 86 millions.

VINGT NOUVEAUX PROCUREURS

Cet argent servira entre autres à engager quelque 20 nouveaux procureurs de la Couronne pour s’ajouter à ceux qui constituent déjà une équipe spécialisée en violence conjugale.

« L’objectif sera d’avoir des procureurs dédiés à un dossier, qui le suivront tout au long du processus. […] Le procureur peut plus rapidement fixer les dossiers. »

— Stéphanie Vallée, ministre de la Justice

Par contre, pas de priorisation des dossiers criminels au sein du processus judiciaire en leur donnant, par exemple, une cote d’urgence qui permettrait d’arriver devant un juge plus vite. Québec a toutefois investi des sommes assez récemment pour nommer de nouveaux juges à la Cour du Québec et a procédé à des nominations.

« Vingt procureurs, ce n’est pas beaucoup, mais chaque ressource compte », a commenté Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, qui était présente lors du lancement du plan hier.

Elle aurait aimé voir un projet-pilote pour tester des « voies rapides [devant les tribunaux] pour les questions de violence conjugale ».

MAISONS D’HÉBERGEMENT

Les maisons d’hébergement reçoivent une bonne part du gâteau des nouvelles mesures, avec 57 millions sur 86 et le maintien du financement déjà fourni, à hauteur de 390 millions sur cinq ans. Un pas dans la bonne direction, certes, mais les sommes ne comblent malheureusement pas les besoins, selon les responsables de ces refuges présentes lors de l’annonce.

Les nouvelles mesures visent aussi à permettre aux maisons d’hébergement – celles d’urgence (appelées refuges de première étape, les femmes y restant normalement trois mois) comme celles de moyenne durée (maisons de deuxième étape où les femmes peuvent demeurer jusqu’à deux ans) – de répondre aux réalités particulières de certaines victimes : les minorités sexuelles, les femmes isolées géographiquement et celles qui sont handicapées.

Pour Gaëlle Fedida, coordonnatrice de l’Alliance des maisons d’hébergement de deuxième étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, le plan d’action est « une excellente nouvelle pour les maisons de deuxième étape ». 

Mais Mme Fedida souligne rapidement que les ressources leur permettent d’aider seulement la moitié des femmes qui ont cogné à leurs portes.

Qu’arrive-t-il aux autres ? « C’est la rue, c’est le retour au conjoint violent, c’est le “couchsurfing”, c’est la tournance dans les maisons de première étape », soupire Gaëlle Fedida.

L’argent offert dans le plan permettra toutefois d’offrir de meilleurs services à celles qui ont une place en hébergement, ainsi qu’à leurs enfants. Mais il faut de nouvelles places d’hébergement, soutient-elle.

Il manque d’ailleurs cruellement de places dans certaines régions, a ajouté Mme Riendeau.

Le plan parle aussi de services adaptés aux réalités des Premières Nations, ainsi que de prévention et de détection de la violence et des relations malsaines, notamment chez les jeunes. 

En 2015, dans la catégorie des « crimes contre les personnes », près du tiers avaient été commis dans un contexte de violence conjugale au Québec.

Et les femmes en sont les victimes dans 78 % des cas, selon les chiffres du gouvernement.

— La Presse canadienne

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.