Aperçu 2019-2020 :
Parés au décollage

Les étés qui se prolongent sont fort bienvenus quand on vit à Montréal, puisqu’il s’agit d’une bonne façon pour les gens de la métropole de profiter de la période de dégel et d’oublier à quel point l’hiver a été dur – et aussi à quel point le prochain le sera tout autant.

C’est un changement de rythme qui fait plaisir à la majorité, mais pas à tout le monde. Dans les confins du Centre Bell et du Complexe sportif Bell, plus l’été est court et plus vite la glace et la neige reviennent, mieux c’est.

Le fait que la saison 2019-2020 approche à grands pas représente une raison de plus pour que les membres de l’organisation des Canadiens voient les choses de cette façon.

Après avoir raté les séries par un cheveu à la suite d’une campagne de 96 points, les joueurs du Tricolore ont entrepris la saison morte avec un goût amer dans la bouche, un goût qu’ils sont impatients de faire disparaître. Cependant, effacer les mauvais souvenirs n’est pas la seule raison d’avoir hâte à la prochaine saison ; les motifs d’être enthousiaste à l’idée de suivre la 110e édition du club sont multiples.

Attaquants

À l’avant, les intrigues sont nombreuses, notamment celles concernant les joueurs qui viennent de connaître la meilleure saison de leur carrière et qui chercheront à faire encore mieux. Prenez Brendan Gallagher, par exemple. Ce bourreau de travail a atteint le cap des 30 buts pour une deuxième saison consécutive et, si les matchs préparatoires sont une bonne indication, il ne montre aucun signe de ralentissement à sa huitième campagne dans la LNH.

Obtenu par voie de transaction au mois de juin 2018, Max Domi a connu des débuts fracassants à Montréal et il a conclu la saison au premier rang des pointeurs de l’équipe en vertu d’une récolte de 72 points (28 buts et 44 mentions d’aide), un sommet en carrière. Il a amélioré son record personnel pour les buts de 10 filets et celui pour les points de 20. Un autre nouveau venu, Tomas Tatar, a connu la meilleure campagne de sa carrière à sa première saison dans la métropole, alors que Domi et lui sont devenus seulement le quatrième duo de coéquipiers à marquer 25 buts à leur première saison à Montréal, et seulement la troisième paire de coéquipiers dans l’histoire du club à terminer aux premier et deuxième rangs chez les pointeurs de l’équipe à leur première saison avec le Tricolore.

Domi est optimiste quant à ses chances, et celles de l’équipe, de bien faire cette saison et il estime que tout le monde y a gagné en vivant cette bataille jusqu’à la toute fin de la saison 2018-2019 pour décrocher une place en séries éliminatoires.

« Je trouve que nous avons avancé à plusieurs niveaux la saison dernière. Nous savons ce que nous sommes capables de faire en tant que groupe. Pour être honnête, l’aspect le plus positif selon moi est le fait que nous avons disputé des matchs qui étaient comme des matchs des séries à nos 25 ou 30 dernières rencontres, et cela, tous les matchs. Pendant ces 25 à 30 derniers matchs, toutes les autres équipes gagnaient régulièrement et il fallait tenir le rythme, a souligné l’attaquant né à Winnipeg. Nous avons battu de très bonnes équipes de hockey en fin de parcours. Nous sommes tombés un peu à court, mais nous avons progressé à plusieurs égards. Nous allons bâtir là-dessus, il s’agira de profiter de cet élan au début de la présente saison et tout ira bien. »

Ailleurs au sein de la formation, le joueur de centre québécois Phillip Danault s’est admirablement bien acquitté de la tâche de centre du premier trio, récoltant un sommet en carrière de 53 points, flanqué par Tatar et Gallagher, en plus d’avoir été le meneur chez le Tricolore avec un taux de succès de 55,5 % dans le cercle de mise en jeu. Jonathan Drouin a peut-être connu une fin de saison difficile, mais n’oublions pas qu’il a égalé son record personnel pour les points (53) et a amélioré sa marque pour les mentions d’aide (35).

L’attaquant finlandais Artturi Lehkonen a peut-être fait un pas vers l’arrière la saison dernière au chapitre de la production offensive, mais il a passé l’été à peaufiner son jeu, en s’entraînant hors glace au Laboratoire de la science du sport de Turku et sur la patinoire avec un entraîneur spécialisé en patinage artistique. Ce travail acharné semble déjà porter ses fruits puisqu’il a été solide dans les matchs préparatoires.

« Je sais que j’ai de la difficulté à produire, mais je dois simplement chercher à afficher plus de constance dans ma façon de jouer », a indiqué Lehkonen, un ancien marqueur de 20 buts qui a accepté une prolongation de contrat de deux ans avec le club en juillet. « J’ai connu plusieurs séquences au cours de mes trois années dans la LNH où je n’ai pas été en mesure de produire. Je désire être plus constant. »

« Je me suis concentré beaucoup sur mes tirs (au cours de la saison morte), mais tous les étés, l’objectif est de revenir la saison suivante et d’être un meilleur joueur que la saison précédente. »

Jesperi Kotkaniemi a enfilé l’uniforme pour un nombre impressionnant de 79 matchs en 2018-2019 à titre de recrue, et il espère que sa deuxième saison dans la LNH sera encore meilleure que sa première, où il a inscrit 11 buts et 34 points.

Paul Byron a atteint le cap des 400 matchs en carrière au cours d’une saison écourtée en raison de blessures, mais il a quand même réussi à marquer 15 buts et amasser 31 points, ce qui représente le troisième plus haut total de sa carrière.

Et que dire du jeune Nick Suzuki, qui a impressionné l’état-major du Tricolore à un tel point qu’il amorcera la campagne 2019-2020 avec le grand club. Suzuki, âgé de 20 ans, a connu une saison de rêve l’année dernière dans les rangs de la OHL, remportant les grands honneurs avec le Storm de Guelph en plus d’être le récipiendaire du trophée Wayne Gretzky ’99’ à titre du joueur par excellence des séries éliminatoires. L’ancien choix de premier tour (13e au total) en 2017 par les Golden Knights de Vegas a terminé son stage junior avec une récolte de 141 buts et 328 points en 251 matchs dans le circuit de l’Ontario. Suzuki a également bien fait lors des matchs préparatoires avec le Tricolore, amassant quatre points en cinq rencontres préparatoires. Il a notamment inscrit le but vainqueur pour la formation montréalaise en prolongation lors du dernier match du calendrier préparatoire face aux Sénateurs d’Ottawa.

Défenseurs/Gardiens

À l’arrière, les Canadiens amorceront la saison avec deux colosses qu’ils n’alignaient pas au même moment la saison dernière, soit le nouveau venu Ben Chiarot, qui a signé un contrat avec le Tricolore pendant l’été, et le capitaine Shea Weber, qui se remettait d’une intervention chirurgicale qu’il a subie au camp d’entraînement de la saison 2018-2019 et qui n’a disputé son premier match qu’à la fin novembre.

Dans le cas de Weber, ses coéquipiers sont tous d’accord pour dire que l’équipe au grand complet profitera de sa présence sur la glace, notamment en raison de ses qualités de meneur.

« C’est bon pour tout le monde. Nous allons pouvoir commencer avec notre capitaine dans l’alignement et cette fois, il n’aura pas à faire son camp d’entraînement en pleine saison », a noté son partenaire à la ligne bleue, Victor Mete. « Le fait qu’il soit prêt maintenant et en mesure de commencer la saison avec nous représente un énorme avantage. »

Et puis il y a Chiarot, un gaillard dont les 6 pi3p et 225lbs de force pure promettent de rendre la vie beaucoup plus difficile aux attaquants adverses.

« Il est très robuste et imposant », dit Byron à propos de Chiarot, le meneur chez les défenseurs des Jets de Winnipeg, la saison dernière, avec un total de 171 mises en échec. « Il est bon dans les coins et il est difficile de l’affronter. »

Le partenaire probable de Chiarot à la ligne bleue, Jeff Petry, a été le meneur chez les arrières du Tricolore pour les points avec 46, un sommet en carrière, et celui-ci pourrait avoir encore plus de succès grâce à la présence du colosse de 28 ans à sa gauche.

À la suite d’un séjour avec le Rocket de Laval dans la Ligue américaine, Brett Kulak s’est fait un nom au sein de la brigade défensive des Canadiens en complétant la saison avec une récolte de 17 points (6 buts et 11 mentions d’aide) en plus d’un différentiel de + 12. Pendant ce temps, Mete est toujours en quête d’un premier but dans la LNH alors qu’il entreprendra sa troisième saison, mais il a confiance de pouvoir élever son niveau de jeu d’un cran après avoir passé un été fort occupé à s’entraîner.

« J’ai travaillé sur plusieurs éléments cet été, surtout les tirs et mon jeu en zone défensive. Ça s’est pas mal bien déroulé », a fait savoir Mete, un choix de quatrième tour (100e au total) des Canadiens en 2016. « Le tir a meilleure allure ; j’espère l’utiliser plus souvent. Mon jeu en zone défensive a été plutôt bon. »

Le jeune Cale Fleury amorcera également la saison 2019-2020 au sein de la brigade défensive des Canadiens. Après avoir disputé sa première campagne professionnelle l’année dernière avec le Rocket de Laval, le défenseur âgé de 20 ans a attiré les regards lors du calendrier présaison pour se mériter ainsi un poste au sein du top six. L’ancien choix de troisième tour (87e au total) en 2017 du Tricolore a terminé au premier rang des défenseurs du Rocket la saison dernière avec un total de neuf buts. Il a également ajouté 14 mentions d’aide et 23 points en 60 rencontres en 2018-2019.

Les Canadiens profiteront à nouveau des services du gardien qui compte le plus de victoires dans l’histoire du club. Évidemment, ce gardien est Carey Price, qui a dépassé Jacques Plante à ce chapitre quand il a signé la 315e victoire de sa carrière en mars.

Cependant, le gardien de classe mondiale vise un honneur encore plus important.

« Il me reste encore plusieurs bonnes années, mais la réalité c’est qu’il en reste moins qu’avant », a fait remarquer Price au tournoi de golf annuel de l’équipe. « Plusieurs joueurs n’ont jamais eu la chance de remporter la Coupe Stanley. Je ne veux pas me retrouver dans ce groupe de joueurs. Je veux y arriver. »

Price sera épaulé par un joueur autonome embauché cet été, Keith Kinkaid, qui compte 151 matchs d’expérience en carrière dans la LNH et a conquis ses coéquipiers du Tricolore ainsi que les entraîneurs en y allant de solides performances en matchs préparatoires cet automne.

Poolers et prédictions

Si le repêchage de votre groupe de poolers pour la saison 2019-2020 n’a pas encore eu lieu, il y a plusieurs joueurs du Tricolore à choisir qui pourraient vous aider à mener votre pool à bon port. Mais ne vous contentez pas de nous croire sur parole. Jason Kay, rédacteur en chef de la publication The Hockey News (THN) estime que Drouin est sur le point de pulvériser ses sommets en carrière pour les buts et les points cette saison ; THN et The Sports Forecaster (TSF), une autre publication, lui prédisent 69 et 55 points, respectivement. Gallagher (aile droite) et Drouin (aile gauche) figurent parmi les 25 meilleurs joueurs de la Ligue à leur position selon THN, tandis que Price a été classé parmi les cinq meilleurs gardiens.

Cela dit, les experts s’accordent à dire que Domi sera de nouveau le meilleur pointeur de l’équipe avec une récolte de 70 points, tandis qu’on prédit à Gallagher et Tatar une saison aux environs des 55 points.

THN qualifie Weber et Petry de « Ice Time Workhorses » (bourreaux de travail au chapitre du temps de jeu) pour mettre en relief la charge de responsabilité qui les attend, et a aussi identifié ces deux-là, ainsi que Domi et Gallagher, comme étant des « Power Play Aces » (as du jeu de puissance) à surveiller.

Devant le filet, le magazine estime que Price poursuivra son ascension et lui donne les étiquettes de « Brick Wall » (mur de briques) et de « Workhorse » (bourreau de travail).

Si vous êtes à la recherche d’une carte cachée, TFS suggère d’y aller avec Lehkonen qui, selon eux, compilera 46 points en 2019-2020.

Sur le plan collectif, les experts étaient un brin moins optimistes quant aux chances du Tricolore, ceux-ci étant d’avis que l’équipe finira au cinquième rang dans la division Atlantique et ne fera pas partie des équipes qualifiées pour les séries éliminatoires en avril.

Cependant, ces prédictions ne tiennent pas compte de l’effet d’un avantage numérique amélioré sur la position des Canadiens au classement. Étant donné qu’ils sont venus tout près d’obtenir leur place dans les séries d’après-saison au printemps dernier, quelques buts marqués de plus en supériorité numérique pourraient faire toute la différence et l’entraîneur-chef Claude Julien a confiance que ses troupes sauront relever leur niveau de jeu à ce chapitre.

« On sait à quel point le jeu de puissance est important. C’est une des facettes de notre jeu qu’on a vraiment besoin d’améliorer. C’est comme notre désavantage numérique d’il y a deux ans. On était dans la cave de la Ligue à ce niveau-là et on a réussi à grimper jusqu’au milieu du peloton », a rappelé Julien. « On veut faire la même chose avec l’avantage numérique. Si on peut y arriver en première moitié de saison, ça nous donne déjà de meilleures chances de récolter plus de points. On n’a pas raté les séries de beaucoup. »

La bougie d’allumage de l’équipe à l’aile est d’accord avec son entraîneur, et Gallagher espère qu’un jeu de puissance plus menaçant, allié à une production accrue de la part des vétérans et des jeunes, donnera aux Canadiens tout ce dont ils ont besoin pour rivaliser et mettre la main sur le trophée le plus convoité du hockey.

« La saison dernière a été un pas dans la bonne direction. En même temps, nous devons tous réaliser que ce n’était pas assez », a conclu Gallagher. « Cette saison, le temps est venu de nous racheter. Nous avons eu tout l’été pour penser à la différence que représentent, au bout du compte, ces deux points. Ces deux points-là, tu peux aller les chercher n’importe quel soir donné. Nous avons le sentiment d’être un groupe qui a la volonté de faire le pas de plus et de poursuivre dans la bonne direction. Si nous y arrivons, espérons que nous pourrons nous retrouver dans le groupe d’équipes qui rivaliseront pour la Coupe Stanley. »

Un texte de Dan Braverman, traduit par Visionnaire Communications

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