« RENCONTRER » APRÈS 50 ANS ?

Rencontrer l’âme sœur passé le cap de la cinquantaine ? Bien sûr que cela est possible ! Possible, certes, mais pas toujours évident. Comment faire de nouvelles rencontres ? Nous avons recueilli quelques conseils auprès de l’auteure et psychologue Rose-Marie Charest.

PENSER D’ABORD À SOI

Qui trouveriez-vous le plus attirant ? Une personne qui a consacré la dernière année à rechercher activement, voire désespérément, une douce moitié sur les sites de rencontre, sortant à peine de chez elle ? Ou alors une personne qui fait du vélo, du ski de fond et qui va au théâtre ? Même si l’on désire très fort partager sa vie avec quelqu’un, la règle première est de ne jamais se perdre de vue. Que ce soit par la lecture d’un bon livre ou d’une journée de spéléologie, la réalisation de nos passions fera toujours de nous des êtres plus heureux et épanouis, donc plus intéressants aux yeux des autres. Et c’est justement en exerçant une activité qui nous allume que l’on risque de faire la connaissance d’individus partageant les mêmes intérêts.

RENCONTRES SUR LE WEB ? OUI, MAIS…

Les sites de rencontre sont nombreux et ils s’adressent à une vaste clientèle. Si plusieurs personnes ont ainsi rencontré l’élu de leur cœur, de multiples pièges nous y guettent toutefois. La vigilance est donc de mise, en premier lieu quant au temps consacré à naviguer sur ce genre de site. Il est facile d’y passer des soirées complètes, puis des semaines entières. Les rencontres et les discussions en ligne donnent l’illusion d’être avec des gens. Ce moyen nous fait vivre davantage des relations dans l’imaginaire que dans la réalité, car on a tous tendance à idéaliser les personnes que l’on côtoie virtuellement. C’est pourquoi il est primordial, lorsqu’un déclic se produit avec quelqu’un, de provoquer une vraie rencontre sans tarder. Dans un lieu neutre, évidemment. Les premiers rendez-vous ne doivent jamais se dérouler chez soi ou chez l’autre. Internet doit en somme être utilisé pour cibler des gens, et non comme une façon de combler un vide.

SOYEZ AUTHENTIQUE !

Au moment des premiers contacts, réels ou virtuels, nous n’osons généralement pas être nous-mêmes. Nous marchons sur des œufs et n’affichons pas toujours nos opinions et convictions, de peur de faire fuir l’autre. Et nous avons tendance à ne faire miroiter que les côtés les plus reluisants de notre parcours et de notre personnalité. Cependant, à demeurer ainsi dans les lieux communs, on risque de n’accumuler que des déceptions. Il faut oser parler de nous, de nos qualités et de nos défauts, avec franchise. De la même façon, être transparent sur nos attentes quant à la potentielle relation jouera en notre faveur. Pourquoi dire que l’argent n’a pas d’importance pour nous si ce n’est pas le cas ? Ou que nous sommes adeptes de sport alors qu’en réalité on déteste s’activer ? Avant de se lancer à la recherche de quelqu’un, il est donc conseillé de réaliser un petit travail psychologique sur soi-même afin de bien déterminer qui l’on est et ce que l’on attend de quelqu’un, ainsi que d’une relation.

ÉTABLIR SES LIMITES

En avançant en âge, notre bagage de vie est bien entendu plus imposant qu’au début de l’âge adulte. Cela change beaucoup la donne au moment des premières rencontres. À 50 ou 60 ans, les enfants sont peut-être encore très présents dans nos vies. Même s’ils ne vivent plus sous notre toit, ils n’ont pas nécessairement atteint une pleine autonomie financière ou affective. Notre (ou nos) ex-partenaire peut aussi encore graviter dans notre existence. En rencontrant une nouvelle personne, il faudra ainsi accepter que l’autre a sa vie, et nous la nôtre. On ne pourra peut-être pas tout mettre en commun, ni s’accorder sur certaines valeurs.

REGARDER VERS L’AVANT

À plus de 50 ans, notre feuille de route est garnie d’événements de toutes sortes, y compris de conflits, de ruptures, de divorces ou de deuils. Malgré l’importance de ces moments, on évitera à la première rencontre d’en faire la nomenclature exhaustive en avertissant l’autre que nous ne voulons pas revivre tout cela. Cela aura un effet éteignoir. On ne doit pas le rendre responsable de nous faire revivre ces mauvais souvenirs. Notre passé nous appartient. Ne plus jamais tolérer de subir certaines choses sur lesquelles on peut avoir le contrôle, voilà plutôt la promesse à se faire à soi-même.

AVOIR CONFIANCE

Oui, se lancer à la conquête de l’amour, c’est un peu se lancer dans le vide. Cela peut être très difficile, surtout chez les femmes qui pensent souvent qu’elles ne sont plus séduisantes avec les kilos et les rides qu’elles considèrent avoir en trop. Ainsi, il est vrai qu’il est plus facile pour un homme que pour une femme de faire de nouvelles rencontres, parce que la société en général tolère mieux le passage du temps sur le corps des hommes. Parce qu’ils ont moins d’attentes et de critères de recherche que les femmes. Et parce que les hommes d’âge mûr ont plus de chance de plaire à des femmes plus jeunes que l’inverse. Malgré tout, il faut avoir confiance en nos charmes et voir les premières rencontres et les débuts de relations comme de l’exploration et non comme un examen que l’on serait en train de passer.

SE TOURNER VERS LES AGENCES ?

Si le hasard fait parfois bien les choses, parfois il semble se jouer de nous. Pour ceux qui ne souhaitent pas écumer les bars ni les dédales du web, il existe des agences de rencontre. « Aujourd’hui, avec le web et les réseaux sociaux, les gens ne se parlent plus », constate Joan S. Paiement, propriétaire de l’agence de rencontre haut de gamme Intermezzo. « Notre rôle consiste à mettre les gens en contact les uns avec les autres selon leur profil et leurs attentes. En prenant bien le temps de les connaître, on leur évite donc l’étape, parfois longue, laborieuse et angoissante, de la recherche. Nos clients rencontrent en moyenne quatre personnes avant de trouver la bonne. Notre rôle s’arrête à mettre les gens en contact. Après, on ne se mêle plus de rien ! »

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