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Les Bourses mondiales secouées par la crise turque

La chute de la livre turque sur fond de crise diplomatique entre la Turquie et les États-Unis a secoué, hier, les principales Bourses et devises mondiales, suscitant les craintes d’une contagion à d’autres économies, notamment émergentes.

La livre turque vivait une journée noire hier, aggravée par l’annonce par le président américain Donald Trump d’une forte augmentation des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs.

La monnaie nationale a même creusé ses plus bas historiques face au dollar, perdant près de 20 % de sa valeur dans la journée. Depuis le début de l’année, sa valeur a fondu de près de 40 % face au billet vert et à l’euro.

Si la devise turque connaît une érosion inexorable depuis plusieurs années, l’hémorragie s’est accélérée ces derniers jours en raison de la grave crise diplomatique avec les États-Unis liée à la détention en Turquie d’un pasteur américain.

Devant cette déroute, le président Recep Tayyip Erdoğan a appelé ses concitoyens à la « lutte nationale » en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie, dénonçant une « guerre économique » contre la Turquie.

« Effet de contagion »

La crise turque a entraîné dans son sillage les principales Bourses européennes et nord-américaines, qui ont toutes clôturé dans le rouge, le secteur bancaire étant particulièrement touché.

« Les préoccupations du marché à l’égard de la livre [la devise turque] sont liées aux inquiétudes quant à un possible effet de contagion, en d’autres termes une crise des devises émergentes. »

— Patrick O’Hare, de Briefing

« Il y a des craintes que les marchés européens soient plus exposés que prévu au choc turc », a observé pour sa part Jameel Ahmad, analyste pour FXTM. 

À Paris, l’indice CAC 40 a lâché 1,6 % hier, l’indice vedette FTSE-100 de la Bourse de Londres, 1,0 %, tandis que la Bourse de Francfort a cédé 2,0 %.

New York et Toronto écopent

L’onde de choc a même atteint Wall Street, qui a terminé en baisse, propulsant le dollar, valeur refuge, à un plus haut depuis plus d’un an.

L’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a perdu 0,77 %, à 25 313,14 points. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a abandonné 0,7 %, à 7839,11 points.

L’indice élargi S&P 500 a lâché 0,7 %, à 2833,28 points.

Sur la semaine, les trois indices se sont inscrits en ordre dispersé ; le Dow Jones et le S&P 500 ont perdu respectivement 0,7 % et 0,3 %, tandis que le NASDAQ a avancé de 0,35 %.

« Les facteurs de risque entourant la situation en Turquie sont élevés. »

— Peter Cardillo, de Spartan Capital

La Bourse de Toronto a également clôturé en baisse. L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a perdu 90,47 points (- 0,55 %), à 16 326,51 points. Tous les secteurs du marché ont reculé, à l’exception de ceux des technologies de l’information et de l’énergie.

La situation était tout aussi tendue sur le marché des changes, où l’euro a chuté à un plus bas en 13 mois. Le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 76,26 cents US, en baisse de 0,43 cent US par rapport à la veille. La glissade du huard est survenue malgré la publication d’un rapport plutôt positif de Statistique Canada au sujet de l’emploi.

Certaines devises de pays émergents souffraient également par rapport au dollar : le peso argentin perdait plus de 3 % et le rand sud-africain, près de 3 %, tandis que le réal brésilien et le peso mexicain reculaient d’environ 1,3 %.

Les conséquences économiques directes de la crise turque pour le reste du monde ne devraient pas être énormes, jugent les économistes de Capital Economics. Mais cela « n’est guère surprenant étant donné qu’avec un produit intérieur brut d’environ 900 milliards US, [la Turquie] ne représente que 1 % de l’économie mondiale ».

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Le secteur militaire plombe les résultats de Héroux-Devtek

Héroux-Devtek a affiché hier un bénéfice net en baisse de 11,8 % pour son premier trimestre, en plus de hausser sa prévision de ventes pour l’ensemble de l’exercice qu’elle vient d’entamer. Le fabricant de composants de trains d’atterrissage pour le marché aéronautique a affiché un profit net de 3,55 millions de dollars, soit 10 cents par action, pour son plus récent trimestre, clos le 30 juin. En comparaison, il avait engrangé un bénéfice net de 4,03 millions, ou 11 cents par action, pour la même période l’an dernier. Dans un communiqué, le chef de la direction d’Héroux-Devtek, Gilles Labbé, a souligné que les ventes dans l’aviation commerciale avaient augmenté de 5,6 %, stimulées par les livraisons de Boeing 777 et 777X, tandis que celles du marché de la défense ont reculé de 8,1 %, principalement en raison du ralentissement des activités liées au contrat avec l’armée de l’air américaine. — La Presse canadienne

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