Lock-out

Les 1400 syndiqués de Paccar rejettent une deuxième offre

Rapidement mis en lock-out, ils estiment être traités « de façon cavalière » par leurs patrons.

Les 1400 employés de Paccar, en lock-out depuis dimanche, ont refusé à 80 % une nouvelle offre patronale au terme d’une assemblée générale, lundi.

L’offre mise sur la table par la partie patronale en début d’après-midi était similaire à la précédente, jugent les syndiqués. Ils ont procédé au vote lors d’une assemblée syndicale, dans un hôtel de Laval, qui a débuté vers 10 h.

Le syndicat recommandait l’acceptation de cette nouvelle entente. Elle comportait quelques bonifications, sans toutefois répondre à toutes les demandes des travailleurs. « On revient à la case départ en termes de négociations », estime Martin Lambert, représentant national chez Unifor.

La politique « pas de contrat, pas de travail » adoptée par l’employeur et en vertu de laquelle personne ne travaille tant qu’aucune convention collective n’est signée est particulièrement critiquée par les employés. 

« Dans nos négociations, l’objectif est aussi de signifier à Paccar que l’usine est rentable et productive grâce au travail des employés et qu’ils sentent qu’ils sont traités de façon cavalière. »

— Martin Lambert, représentant national chez Unifor

Les travailleurs de Paccar du Canada à Sainte-Thérèse fabriquent des camions de marques Peterbilt et Kenworth. Lundi matin très tôt, ils étaient nombreux à manifester devant l’usine située juste au nord de l’intersection des autoroutes 15 et 640.

Il s’agit du troisième conflit de travail en quatre conventions collectives depuis la réouverture de l’usine en 2000. Il survient à trois semaines de Noël.

Trois enjeux

Les négociations portent sur trois enjeux précis : l’assurance collective, le régime de retraite et la bonification du salaire des gens de métiers spécialisés, comme les mécaniciens d’entretien.

Les employés dénoncent avec véhémence la présence d’un régime à deux vitesses. Le groupe B, qui rassemble des salariés embauchés avant 2009, dispose d’un régime de retraite plus élevé que le groupe A. Une disparité jugée injuste par les dizaines de personnes qui signalaient leur mécontentement devant l’usine lundi matin, malgré le froid.

« C’est frustrant, mais on s’y attendait. On connaît notre employeur », soupire Raymond Champagne, employé de Paccar depuis 2011.

« Ils essayent d’instaurer un climat de peur pour qu’on signe oui à leur entente. On veut qu’ils répondent à nos demandes d’abolir l’écart dans les fonds de pension du groupe A et du groupe B. »

— Un employé qui travaille pour l’entreprise depuis neuf ans et qui désire préserver son anonymat

« Il y avait beaucoup d’émotion ce matin. Les gens ont envie de travailler, mais ils considèrent qu’on les en empêche pour les forcer à accepter des conditions », explique M. Lambert.

Les membres de la section locale 728 du syndicat Unifor ont été mis en lock-out en début de nuit, dimanche, même si les parties patronale et syndicale ont poursuivi leurs négociations.

Vendredi, après une semaine de négociation intensive, les syndiqués avaient déjà rejeté une offre patronale à 61 %.

La convention collective est échue depuis samedi.

La direction de Paccar n’a émis aucune réponse officielle après avoir été informée du résultat du vote.

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