COUPE DU MONDE

Prédictions

En raison d’une erreur de mise en page dans notre numéro d’hier, les prédictions de Marc Antoine Godin et de Richard Labbé au sujet de la Coupe du monde ont été inversées. Nos excuses.

La fulgurante ascension de Matt Murray

TORONTO — La dernière fois que Matt Murray a joué un match à Toronto, c’était le 19 février dernier. Ce n’était pas dans l’enceinte du Centre Air Canada, mais dans le quelque peu vétuste et rustique Colisée Ricoh, domicile des Marlies de la Ligue américaine.

Il s’en est passé des choses depuis.

Rappelé quelques jours plus tard par les Penguins de Pittsburgh, le gardien de 21 ans allait rapidement être appelé à pallier la perte de Marc-André Fleury, victime d’une commotion cérébrale. Aux portes des séries, Murray devenait le plus jeune gardien dans l’histoire des Penguins à amorcer un match éliminatoire.

Les mois qui ont suivi lui ont servi de rampe de lancement et ont en conséquence fragilisé le statut de Fleury comme gardien numéro un. Murray a si bien répondu aux défis en séries qu’une fois rétabli, Fleury n’a pas repris son dû.

Le jeune Ontarien a démontré qu’il avait des nerfs d’acier jusqu’au moment de soulever la Coupe Stanley. Cette image a contribué à le placer dans le siège du conducteur en vue de la Coupe du monde, plus encore que ses performances en matchs préparatoires.

Sept mois après avoir accordé quatre buts au club-école des Maple Leafs, Murray devrait être devant le filet de l’équipe d’Amérique du Nord ce soir pour son premier match du tournoi, face à la Finlande. L’entraîneur-chef Todd McLellan a refusé de le confirmer, hier, mais il l’avait clairement établi comme favori plus tôt cette semaine.

Gagnant de la Coupe Stanley, puis gardien titulaire à la Coupe du monde. Murray se serait-il imaginé dans cette position il y a un an ?

« Je savais que j’étais sur le bon chemin », répond Murray, un type grand et mince dont le visage rappelle vaguement celui de l’acteur Adrien Brody.

« Je n’ai pas joué pour de très bonnes équipes dans les rangs juniors, je n’ai pas toujours connu de bonnes saisons, mais ça s’est très bien passé dans la Ligue américaine. Je me sentais sur la bonne trajectoire. »

« Est-ce que j’aurais pensé que j’en viendrais à ceci aussi rapidement ? Probablement pas. Mais je ne pouvais pas l’écarter non plus. »

— Matt Murray

INSPIRÉ PAR PRICE

Murray est un choix de 3e ronde des Penguins en 2012. Il n’a pas toujours été l’espoir de premier plan qu’il est aujourd’hui. Certains doutaient même de son avenir lorsqu’il défendait la cage des Greyhounds de Sault Ste. Marie. Mais il a mis à profit son gabarit, ses qualités athlétiques et son calme devant le filet pour vite faire sa place chez les professionnels.

Des outils qui rappellent son gardien préféré de la LNH à l’heure actuelle.

« Carey Price est le meilleur au monde en ce moment et j’essaie de modeler mon style sur le sien. Il est efficace et économe de ses mouvements, mais c’est un athlète incroyable avec de superbes réflexes qui est aussi très compétitif. Ses arrêts ont le plus souvent l’air faciles, mais il est quand même capable de faire des arrêts désespérés en raison de ses qualités athlétiques. »

Mais quand on lui demande de nommer son gardien préféré de tous les temps, il répond Patrick Roy. « À cause de l’instinct de compétition », dit-il.

LONG REPOS

Murray est l’un des 12 joueurs à la Coupe du monde qui ont également pris part à la finale de la Coupe Stanley. Pour ces joueurs-là, l’été a été court et le retour abrupt.

Paradoxalement, un été court a signifié une période de repos prolongée pour le jeune gardien.

« Il y avait beaucoup de hockey et de patin, les étés précédents, mais on a joué notre dernier match le 12 juin cette année, a expliqué Murray. C’est tard pour arrêter, compte tenu du retour au jeu hâtif. On veut être prêt, mais on ne veut pas se brûler non plus, car le hockey le plus important aura lieu plus tard en saison. »

Murray a donc relaxé, joué au tennis et célébré abondamment sa conquête de la Coupe Stanley. « Cet été, j’ai été un enfant de nouveau », a-t-il dit.

Murray a recommencé à chausser ses patins il y a deux semaines à peine, mais rien n’y a paru jusqu’à maintenant.

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