Quatre projets

Innovations ou révolutions ?

Certaines innovations pourraient révolutionner l’industrie aérospatiale dans les années à venir. Voici un tour d’horizon de ce qui se fait de mieux à l’international.

L’avion hybride

On connaît les automobiles hybrides, mais on volera peut-être dans quelques années à bord d’un avion tout aussi hybride. « L’électrification des avions est plus difficile que celle des automobiles, mais la propulsion hybride permettrait d’alléger l’aéronef et de réduire les coûts », analyse Hany Moustapha, directeur d’AEROETS à l’École de technologie supérieure de Montréal. Des constructeurs de premier plan sont intéressés par cette technologie. Airbus, Siemens et Rolls-Royce travaillent ensemble sur l’E-Fan X, un projet d’avion hybride dont le premier vol est prévu pour l’année 2020. Avec son moteur électrique de 2 mégawatts, ce prototype d’aéronef pourrait préfigurer les avions régionaux de demain.

L’aile volante

Si les avions ont tous la même forme depuis les débuts de l’aviation, cela pourrait bien changer à l’avenir. Un jour, on oubliera peut-être même que les avions avaient des ailes… Boeing et la NASA ont développé le X-48, un aéronef expérimental basé sur le modèle d’une aile volante. Les ailes sont intégrées dans le fuselage, lui-même construit en matières composites. « Cela offre des avantages comme une meilleure portance, mais cela demande aussi de revoir la disposition des réservoirs, des moteurs et des hublots, explique Hany Moustapha. On retrouvera de tels avions dans le futur. »

L’intelligence artificielle dans le cockpit

Quand les avions n’auront plus d’ailes, auront-ils encore des humains aux commandes ? « Comme passager, j’espère ne pas connaître l’avion commercial sans pilote », doute Hany Moustapha, tout en reconnaissant que les technologies pourraient permettre de parvenir à ce stade. Des industriels travaillent sur la contribution de l’intelligence artificielle et des mégadonnées au pilotage. En France, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales et Airbus travaillent sur des projets visant à permettre aux drones de s’adapter à une panne et à d’autres situations imprévues. En attendant d’étendre une telle technologie aux avions de ligne ?

L’avion supersonique

La NASA et Lockheed Martin travaillent présentement sur le successeur du Concorde, cet avion supersonique qui reliait New York à Paris en trois heures et demie. À la différence de son prédécesseur, le Low-Boom Flight Demonstrator (LBFD) évitera le bruit provoqué par le franchissement du mur du son. Le premier vol d’essai est prévu pour l’année 2021. Il faudra donc attendre avant de revoir des vols commerciaux à une vitesse supérieure à celle du son. « Le grand public n’est probablement pas prêt à payer plus cher pour aller plus vite, mais des gens d’affaires seront certainement intéressés », croit Hany Moustapha.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.