SOCCER

Dérapage non contrôlé

Eh bien, ça commence à ressembler à un dérapage non contrôlé. Quelque part en cette fin d’été, l’Impact a perdu son erre d’aller. À la source de cette glissade, il ne semble pas véritablement y avoir eu d’élément déclencheur, sinon une accumulation de facteurs. Chose certaine, les doutes qu’on avait plus tôt cette saison se sont avérés. Des doutes que des victoires par 3-2 en revenant de l’arrière ou qu’un match nul 4 à 4 spectaculaire ne faisaient que masquer.

Rassurez-vous, il y a toujours de l’espoir. Parce qu’on évolue en MLS, un circuit où les revirements de situation sont aussi fréquents que dans les telenovelas. Même samedi dernier contre la Nouvelle-Angleterre, malgré la désorganisation et les manques de concentration, le onze montréalais s’est offert des chances réalistes de créer l’égalité. Dommage qu’à la suite du but de leur Némésis Kei Kamara, ni le public ni l’équipe en place sur le terrain ne semblaient trop y croire.

Mauro Biello aura beau demeurer franc dans ses réponses, il est visiblement ébranlé et donne l’air de chercher quelque chose à quoi se raccrocher. Lorsque la lourdeur s’installe dans le vestiaire montréalais, il faut une force herculéenne pour arriver à la chasser.

MENEURS, TRAVAIL ET COURAGE

Il reste donc cinq matchs à la saison de l’Impact pour reprendre le contrôle du guidon. Si on cherche un point de départ, c’est au milieu de terrain qu’on a intérêt à se concentrer. À chacun de ses quatre derniers matchs à domicile, le bleu-blanc-noir s’y est fait balader par des formations de bas de classement. « Avec l’équipe qu’on a, personne dans la ligue ne peut nous faire peur », entendait-on dans le vestiaire à la mi-saison. Or, avec l’équipe qu’on a, c’est un point sur une possibilité de 12 depuis un mois à la maison.

Les erreurs défensives qu’on a tant décriées récemment ne sont que la pointe de l’iceberg. 

Au stade Saputo, le milieu de terrain montréalais n’est ni en mesure de déséquilibrer l’adversaire quand il a le ballon, ni capable de freiner le développement du jeu de ses rivaux. Depuis le départ d’Eric Alexander – oui, vous avez bien lu –, l’équipe subit plus qu’auparavant, et la transition vers l’avant a elle aussi perdu de sa fluidité.

L’ironie de la chose, c’est que l’Impact est sans doute meilleur sur papier, Alexander étant un moins bon récupérateur que Hernán Bernardello. Mais sur le terrain, l’équipe paraît plus désorganisée. Ce qui était un secteur où le bleu-blanc-noir était ordinaire est devenu une faiblesse que les visiteurs au stade Saputo prennent plaisir à exploiter.

À court terme, Biello peut difficilement faire autrement que de ramener Patrice Bernier dans l’alignement. Malgré des hauts et des bas cette année, le capitaine, qui fêtera cette semaine ses 36 ans, assure plus de stabilité. Il en va de même pour Dominic Oduro. Bien qu’il ait ses déficiences dans le jeu de possession, Oduro représente une menace avec sa vitesse et ses replis défensifs sont fort appréciés. Ça représente une amélioration par rapport à Lucas Ontivero, un joueur qui, lorsqu’il n’est pas en train de foncer dans un mur la tête baissée, montre trop peu d’envie de prêter main-forte à ses coéquipiers.

Au-delà de Biello, c’est la direction du club qui devra reconnaître qu’elle s’est trompée avec Ontivero. Et comme on se plaît à dire qu’en MLS, l’objectif est de rester à l’avant-garde des changements forcés par le plafond salarial, mieux vaut mettre tout de suite de l’avant d’autres solutions sur le terrain.

Certes, le moral est bas, mais le bleu-blanc-noir ne peut pas faire l’erreur de s’apitoyer sur son sort. D’ailleurs, le club joue mieux lorsqu’il n’est pas à la maison – le fait que les joueurs acceptent tous la responsabilité de défendre n’y étant pas étranger.

On reste toutefois en terrain glissant. À défaut d’avoir un chef qui affirme avoir les deux mains sur le volant, l’Impact compte assez de vétérans étant déjà passés par là. Ceux-là savent qu’il faut éviter de miser sur l’échec des plus proches poursuivants ou gaspiller ses énergies à critiquer les décisions de l’officiel. Ce sont là des éléments qu’on ne contrôle pas et une attitude qui risque de nous faire déraper encore plus loin.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.