Tempête de verglas

Hydro-Québec « en mode vigie »

Alors que le sud du Québec s’apprêtait à recevoir une quantité importante de verglas dans la nuit de samedi à dimanche, Hydro-Québec se mettait « en mode vigie », s’attendant à déployer une centaine d’équipes dans plusieurs régions administratives ce dimanche matin, en prévision des dommages qui pourraient affecter le réseau de distribution.

Au bureau, des administrateurs et des météorologues analysent la situation de près et en temps réel. Sur le terrain, la centaine d’équipes, formées de deux employés chacune, est composée principalement de monteurs de lignes. Quelques électriciens font partie du lot, en fonction des besoins.

D’ordinaire, les impacts du verglas sur le réseau électrique ne sont pas immédiats et peuvent mettre plusieurs heures à se manifester, le temps que la glace s’accumule assez sur les arbres pour provoquer la rupture de branches.

« Étant donné que la pluie devrait tomber au cours de la nuit et en matinée, ça ne donne rien d’avoir des équipes qui attendent les pannes : elles risquent d’arriver au moment où elles terminent leur quart de travail et, par conséquent, ne seront plus disponibles pour la journée. Ce n’est pas une pratique qui serait profitable », a expliqué Cendrix Bouchard, conseiller stratégique en communications chez Hydro-Québec, samedi après-midi.

La végétation comme principal risque

Lors d’épisodes de verglas, l’état de la végétation d’une zone urbaine est le facteur le plus déterminant dans l’évaluation des risques de bris sur le réseau de distribution. En d’autres termes, plus il y a d’arbres en ville, plus les chances qu’une branche brisée endommage des fils sont grandes.

Pour éviter autant que possible les dépenses liées aux réparations d’urgence, Hydro-Québec investit massivement dans la gestion forestière et l’élagage. L’année dernière, la société d’État a déboursé 70 millions en maîtrise de la végétation, « de façon à ce que lorsque des événements comme ceux-ci se produisent, les effets soient un peu moins importants », a détaillé M. Bouchard.

Changements climatiques, nouvelles pratiques

Dans un scénario d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre sur la planète, la quantité annuelle de précipitations projetée pour la région de Montréal entre 2021 et 2050 serait de 8 % supérieure à la quantité reçue pendant la période de 1951 à 1980. Jumelée à une hausse des températures, il est possible que la fréquence des épisodes de verglas monte.

Bien qu’il soit risqué d’attribuer directement un épisode météorologique donné aux changements climatiques, Hydro-Québec dit adapter ses opérations en fonction de ceux-ci.

« Chaque fois que l’on apporte des améliorations à notre réseau, c’est avec la conscience qu’il sera mis de plus en plus à rude épreuve avec les changements climatiques. »

— Cendrix Bouchard, porte-parole d’Hydro-Québec

« Les événements météorologiques sont plus fréquents et ils sont plus intenses, a-t-il ajouté. Également, on a constaté que les arbres poussent plus rapidement dans certains secteurs de la province. » En conséquence, cela pourrait augmenter la fréquence des opérations de maîtrise de la végétation.

M. Bouchard a rappelé les consignes usuelles d’Hydro-Québec en cas de panne d’électricité en hiver. « Si jamais les pannes s’étendent et que les gens doivent se servir de génératrices ou de systèmes de chauffage d’appoint, ils devraient toujours le faire à l’extérieur de la maison, comme sur le balcon. »

Le porte-parole demande par ailleurs aux gens de ne pas s’approcher des câbles électriques sur le sol, ni des branches ou des flaques d’eau. « On veut rappeler aux gens de nous laisser le temps d’intervenir, même si parfois c’est un peu plus long que prévu. »

Un cocktail à l’horizon

Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada, a expliqué qu’un système dépressionnaire en provenance du Texas devait d’abord se manifester par une hausse du mercure, en amenant « beaucoup de chaleur et d’humidité du golfe du Mexique ».

C’est pourquoi les précipitations devaient d’abord prendre la forme de pluie dans le sud du Québec, jusqu’à 30 mm par endroits, notamment dans la couronne nord de Montréal. Plus tard dans la journée, ces précipitations devaient se changer en pluie verglaçante, en grésil ou en neige, selon les secteurs.

« Tout le sud du Québec va être touché jusqu’à dimanche dans la matinée. Au sud, on a de la pluie verglaçante, et plus on monte vers le nord, plus on a des mélanges de précipitations », a précisé le météorologue de l’agence fédérale.

La pluie verglaçante devrait s’abattre plus particulièrement sur la Montérégie et l’Estrie, entre 20 et 30 mm. Le Centre-du-Québec, Montréal et les Basses-Laurentides seront aussi touchés, mais dans une moindre mesure.

Les régions de la Mauricie, de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay–Lac-Saint-Jean recevront quant à elles de 15 à 30 cm de neige, avec des risques de poudrerie.

— Avec La Presse canadienne

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