Football Alouettes

Controverse de quarts

Johnny Manziel cache mal sa frustration de ne pas être le quart partant de l’équipe

Mike Sherman et les Alouettes ont fait du mieux qu’ils le pouvaient pour l’éviter, mais depuis hier, c’est maintenant officiel : il y a une fameuse controverse sur les quarts-arrières dans le nid.

De retour à l’entraînement après trois jours d’absence en raison d’un virus, Johnny Manziel n’a pas caché sa frustration de ne pas être le quart partant de l’équipe en répondant aux questions des médias. Rappelons qu’Antonio Pipkin amorcera un quatrième match de suite, ce soir, lorsque les Alouettes recevront les Lions de la Colombie-Britannique au stade Percival-Molson.

« Je sens qu’ils ont échangé la moitié de leur organisation pour m’amener ici. Alors on aurait pu penser que j’aurais l’occasion de jouer. C’est ce que j’ai de la difficulté à comprendre en ce moment. Je sentais qu’ils m’avaient obtenu pour faire partie de la solution. »

— Johnny Manziel

« Je suis un peu frustré en ce moment parce que j’ai été blessé [commotion cérébrale] et malade [virus], et je sens que j’ai pris beaucoup de retard. J’essaie de comprendre quel est mon rôle dans l’équipe actuellement. Je ne suis pas un quart qui peut faire les faufilades lors des troisièmes essais, alors je n’ai pas vraiment de rôle dans le plan de match, et c’est difficile. »

Manziel a subi une commotion cérébrale, le 11 août à Ottawa. Il a raté le match suivant, le 18 août à Edmonton, mais était disponible lors des deux dernières rencontres des siens, les 24 et 31 août. Il estime qu’il aurait dû pouvoir reprendre son poste de partant.

« Je pensais que je serais le partant en revenant de ma commotion cérébrale. Ce n’est pas de cette façon que les choses se sont déroulées. Je dois continuer de m’entraîner en laissant le moins de doutes possible au sujet de mes habiletés et de mon jeu. Je pense que ça viendra avec le temps », a-t-il prédit.

« J’espère que les gens dans cette organisation n’ont pas perdu confiance en mes habiletés et que j’obtiendrai la chance de m’entraîner avec les partants et de jouer. C’est pour cette raison que je suis venu ici [au Canada] et c’est ce que je veux faire. »

— Johnny Manziel

« Ils [les Alouettes] avaient beaucoup confiance en moi lors des premières semaines. Évidemment, le premier match ne s’est pas bien déroulé, mais j’ai senti qu’on avait commencé à construire quelque chose lors du suivant. J’ai ensuite subi ma commotion et je n’ai plus eu l’occasion de jouer depuis. C’est frustrant. Il y avait beaucoup d’espoir et de confiance que je serais l’homme de la situation, et les choses ont changé très rapidement. C’est difficile. »

Soutenir Pipkin et l’équipe

Malgré sa déception, Manziel a dit qu’il aimait voir Pipkin et le reste de l’équipe connaître du succès. Il a toutefois rappelé que les Alouettes s’étaient en quelque sorte engagés à l’utiliser comme partant.

« Bien sûr que j’aime les voir connaître du succès, mais c’est difficile pour moi de ne pas jouer. Je me souviens d’un commentaire de [l’entraîneur] Sherman lorsque je suis arrivé. Il a dit qu’il fallait que ça fonctionne et que ça fonctionnerait. »

Manziel a également parlé du dernier match de l’équipe, le 31 août à Ottawa, une victoire de 21-11 aux dépens du Rouge et Noir. Un commentaire que l’on pourrait interpréter de différentes façons…

« Notre défense a très, très bien joué et on a fait les jeux qu’il fallait afin d’obtenir la victoire. Mais si on n’avait accordé que 11 points lors de notre match précédent contre eux [une défaite de 24-17 alors qu’il était le partant], c’est deux victoires qu’on aurait pu obtenir à Ottawa. »

— Johnny Manziel

« Cela dit, on a remporté nos deux derniers matchs et les choses vont bien. C’est difficile pour moi de ne pas jouer, mais je soutiens Pip [Pipkin] et les autres joueurs de l’équipe. »

Disponible ce soir

Dans le dur sport qu’est le football, on entend souvent dire que pour un joueur, sa meilleure habileté est sa disponibilité (the best ability is availability). Lorsque Didier Orméjuste, de RDS, lui a rappelé qu’il avait raté un grand nombre d’entraînements depuis son arrivée à Montréal, Manziel a répondu qu’il avait été disponible lors des deux dernières semaines.

Ce qui est sûr, c’est que Manziel sera en uniforme ce soir. Il estime qu’il pourrait jouer s’il le faut, même s’il ne se sent pas encore au sommet de sa forme. Manziel combat un virus depuis lundi.

Deux valent mieux qu’aucun

On peut certes comprendre la frustration de Manziel. Il tente de relancer sa carrière et croyait enfin avoir l’occasion de le faire chez les Oiseaux.

Mais les Alouettes doivent d’abord et avant tout penser à eux. Ils se sont fait humilier match après match pendant près de deux ans. Ils viennent d’en gagner deux de suite avec Pipkin et il y a enfin une lueur d’espoir à l’horizon. Procéder à un changement serait illogique et ce serait la meilleure façon de briser l’unité du groupe.

« Ce n’est pas moi qui prends la décision. Je vais l’accepter et aller de l’avant. Mais sur le plan personnel, c’est difficile de voir la situation actuelle en comparaison de ce qu’elle était lorsque je suis arrivé avec l’équipe. Je sens que j’ai fait ce que j’avais à faire au niveau de la préparation, même en dépit de ma commotion cérébrale. J’étais ici tous les jours et je croyais que je serais le partant lorsque je serais en santé. Mais je vais continuer d’être le meilleur coéquipier et la meilleure personne que je peux être pour cette organisation, peu importe la situation », a conclu Manziel.

Il y a donc bel et bien une controverse de quarts-arrières chez les Alouettes. Deux jeunes hommes avec du feu dans le regard qui veulent le ballon. Et après la longue traversée du désert qu’auront été les cinq années depuis le départ d’Anthony Calvillo, ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose.

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