L’Impact

Un portrait encore bien incomplet

Encore à la recherche de plusieurs pièces manquantes, l’Impact a lancé mardi le décompte qui le conduira jusqu’aux huitièmes de finale de la Ligue des champions, son premier gros rendez-vous de la saison.

À 36 jours de cette échéance contre le Deportivo Saprissa, les dossiers à régler demeurent nombreux pour Thierry Henry et les dirigeants montréalais.

Puisque Ignacio Piatti est bel et bien là, pour l’instant, commençons par le secteur le plus problématique : la défense. Le nouvel entraîneur s’attend à deux ou trois arrivées pour renforcer un groupe qui a encaissé 60 buts l’an dernier. Il y a notamment de gros points d’interrogation chez les latéraux.

« Quand tu prends des buts, les gens parlent toujours de la défense et, quand l’équipe ne marque pas, on dit que c’est parce que l’attaquant ne marque pas. Je vois ça comme une unité. Quand tu prends des buts, c’est parce que les défenseurs ne sont pas bien protégés par les milieux et qu’il n’y a pas de pression en avant. »

Dans le même registre, le nouvel homme fort montréalais a commencé à passer ses messages même si le gros du travail sera fait en Floride à partir de jeudi. Oui, l’équipe peut accepter une défaite contre un adversaire plus fort, mais jamais ses joueurs ne devront se faire dominer dans l’intensité et la combativité, a-t-il plaidé.

« On va essayer d’être une équipe difficile à battre. »

— Thierry Henry

Pour y parvenir, il devra se baser sur un noyau qui a très peu évolué par rapport à l’an dernier. Parmi les 28 joueurs qui seront présents, en partie ou durant l’intégralité du camp, 19 s’alignaient déjà avec l’équipe. Certains d’entre eux, comme Maxi Urruti ou Anthony Jackson-Hamel, doivent une belle revanche aux partisans.

Pour l’instant, les seules acquisitions sont l’ailier Romell Quioto et le défenseur Joel Waterman qui, doit-on souligner sans leur manquer de respect, ne révolutionneront pas le visage de l’Impact. Le milieu de terrain haïtien Steeven Saba a également été invité au camp.

Dit autrement, l’effectif semble encore bien mince pour faire mieux que sa neuvième place (41 points) et retrouver les séries éliminatoires pour la première fois depuis 2016. Surtout qu’une possible aventure en Ligue des champions, en première moitié d’année, obligerait l’entraîneur à faire une certaine rotation.

« On joue la Ligue des champions, on a deux compétitions et on n’a pas beaucoup de joueurs », a reconnu Piatti.

« Ça fait trois ans que cette équipe ne fait pas les séries. Quelque part, ce n’est pas un accident non plus, et il va falloir travailler là-dessus, a ajouté Henry. On est en train de travailler en coulisses pour voir si on peut renforcer l’équipe ou pas. Mais mon mandat est de travailler avec ce que j’ai. »

Une première séance en douceur

À défaut de grandes acquisitions hivernales, Henry constituait la grande nouveauté de ce premier jour. Pour cette séance, d’une durée de 80 minutes environ, il a proposé une entrée en matière sous le signe de la prudence. Au menu, quelques exercices avec le ballon, puis un mini-tournoi sur un demi-terrain.

« Il fallait faire attention à ne pas faire tout et n’importe quoi. Les gars doivent arriver bien en Floride parce que c’est là qu’on va commencer à travailler. C’était un premier contact avec le ballon et avec les joueurs.

« J’ai vu pas mal de vidéos, mais, [mardi], j’ai pu voir qui bouge bien dans l’espace et qui comprend bien tactiquement ce qu’il faut faire. Même si [la séance] n’était pas grandiose, il s’agissait de retrouvailles avec le ballon. »

Quatre joueurs de l’Académie ont également été invités à la première portion du camp, soit le gardien Jonathan Sirois, le défenseur Keesean Ferdinand, le milieu de terrain Tomas Giraldo et l’attaquant Jean-Aniel Assi.

« Il y avait beaucoup d’envie du côté des jeunes, et c’est tout à fait normal. C’est bien pour l’Académie de voir les jeunes qui sont montés avec nous. En plus, je crois qu’ils ont gagné le tournoi. Tout le monde était bien dans l’application », s’est réjoui Henry.

L’Impact

Nacho restera-t-il jusqu’au bout ?

Ignacio Piatti se savait attendu. Sans même que la première question soit posée, le joueur désigné s’est lancé dans un petit état de la situation.

« Je suis ici parce que j’ai un contrat avec l’Impact. Tout va bien. Aujourd’hui [mardi], c’est le premier entraînement et on va continuer. »

Comme c’est désormais une habitude depuis ses débuts à Montréal, la situation de l’Argentin, qui fêtera ses 35 ans le mois prochain, suscite bien des interrogations.

Il y a les éternelles rumeurs d’un retour en première division argentine, son absence lors du bilan de fin de saison ou encore l’évolution de sa blessure au genou droit qui l’avait limité à une poignée de matchs en 2019.

D’un point de vue physique, il s’est fait très rassurant.  « Mon genou va bien. Il est à 100 %. » 

Pour le reste, les zones grises sont toujours aussi nombreuses. S’il ne s’est pas présenté devant la presse, en octobre dernier, c’est par pure étourderie… « J’ai parlé avec Olivier [Renard] et, quand on a fini, j’avais des choses à faire et j’ai oublié qu’il y avait les médias. Il n’y a pas de problème. »

« Je suis ici »

Cet épisode a relancé le débat sur la volonté de Piatti de rester avec l’Impact en 2020. Si le numéro 10 aime profondément l’environnement montréalais depuis le premier jour, souhaitait-il y poursuivre l’aventure alors que sa situation familiale évolue ? Aurait-il aimé être fixé sur son sort plus tôt ?

C’est ce qu’il semble indiquer même si certains propos du président Kevin Gilmore laissaient deviner, dès le mois de juillet, que son année d’option allait être exercée.

« En juin, juillet, je devais prendre une décision pour l’inscription de ma fille à l’école ici et ma femme était enceinte. Je suis arrivé en octobre et je ne savais pas. Maintenant, la famille est en Argentine et c’est une année difficile. Mais comme j’ai un contrat ici, je suis ici. »

Il restera maintenant à voir si Piatti ira au bout de la saison. Mardi, il n’a rien garanti en plaidant l’incertitude qui règne dans le milieu du ballon rond. S’il s’est dit heureux de retrouver ses coéquipiers et de participer à un premier entraînement sous les ordres de Thierry Henry (« C’était un grand joueur que je regardais à la télévision »), il ne s’est donc pas avancé sur son avenir.

« C’est comme ça chaque année, tu ne peux pas dire ce qui va se passer. C’est vrai pour tout le monde. Par exemple, Saphir [Taïder] est ici, mais il peut arriver un club qui va payer pour un transfert. Maintenant, je suis ici et j’ai la tête ici. Je ne sais pas ce qui va se passer demain ou après-demain.

« Tout le monde parle en Argentine, c’est comme ça. Quand je suis arrivé en 2014, ils disaient, dès la saison suivante, que j’allais retourner à San Lorenzo. Toutes les années, ça parle de ça. J’ai un contrat à Montréal et je pense à Montréal. »

— Ignacio Piatti

Piatti n’a disputé que 11 rencontres de saison en 2019. Son année a vite pris une mauvaise trajectoire à la suite d’un tacle du défenseur Ruan, d’Orlando City. Il a effectué quelques apparitions par la suite, mais sans grand impact.

« J’ai tout fait pour jouer, a-t-il indiqué. J’ai fait deux fois des infiltrations et j’ai même joué avec beaucoup de douleur. Je voulais aider l’équipe, j’ai essayé jusqu’à la fin, mais mon genou n’était pas bien. »

« Nacho est bien mentalement et physiquement. On a fait les tests et il était devant », a révélé Henry.

« Depuis mon arrivée, j’entends pas mal de bruit par rapport à lui. Il y en aura toujours parce que c’est un joueur extraordinaire et qu’on parlera toujours de lui quoi qu’il arrive. Pour moi, il est là et c’est le plus important. On verra ce qui se passera après. »

Une lutte de gardiens

La fin de saison 2019 a ouvert la porte à une lutte chez les gardiens de l’Impact.

Décisif en championnat canadien, Clément Diop avait disputé les deux dernières rencontres de la saison. Cela fait longtemps qu’Evan Bush, non protégé lors du dernier repêchage d’expansion, n’avait pas connu un tel contexte.

« Nous n’avons pas encore eu de discussions à ce sujet, a indiqué le vétéran. J’imagine qu’il y aura une lutte pour le poste de titulaire, mais mon approche reste la même. Que je sois le numéro 1 ou la doublure, il faut voir la situation comme une compétition. »

L’opinion de Thierry Henry ? Tout le monde repart à zéro en début de saison.

« Ma philosophie est que, peu importe ce que tu as fait la veille, il faut le refaire le lendemain. Tout le monde doit prouver qu’il peut jouer. Je sais qu’il y a le débat des gardiens. C’est celui qui mérite de jouer qui jouera. »

Quel sera l’apport de Bojan ?

Il sera intéressant de voir l’apport de Bojan et sa complicité avec Ignacio Piatti. L’an dernier, l’Espagnol avait disputé huit matchs au cours desquels il avait inscrit trois buts. Il a évolué tant au poste de milieu offensif qu’au poste d’attaquant. « Bojan est un joueur assez intelligent pour pouvoir trouver les espaces. Il faut lui donner une structure pour essayer de lui donner le ballon avec lequel il pourra changer la donne, a indiqué Henry. On a pu voir qu’il a commencé à prendre du rythme l’an dernier. Il est à son sommet quand il est aux alentours de la surface. »

Un défenseur de la Première Ligue canadienne

Présent au Complexe Marie-Victorin, mardi, Joel Waterman a été officiellement embauché par l’Impact au cours de l’après-midi. Le défenseur central a signé un contrat de deux ans avec deux autres années d’option pour 2022 et 2023. Le Canadien de 6 pi 2 po a disputé la dernière campagne avec le Cavalry FC de Calgary dans la Première Ligue canadienne. « C’est un défenseur central pouvant jouer à toutes les positions dans une défense à trois ou à quatre, de même qu’au poste de milieu défensif », a analysé le directeur sportif Olivier Renard. Waterman est originaire d’Aldergrove, en Colombie-Britannique.

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