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Pantene choisit… un bébé !

Non, on ne naît pas tous égaux. Une petite Japonaise surnommée Baby Chanco a la particularité d’être née avec des cheveux. Beaucoup de cheveux ! Elle avait 6 mois et des poussières lorsqu’elle est devenue une sensation sur Instagram. Et voilà que, quelques semaines après avoir soufflé sa première bougie, elle est devenue le nouveau visage de la marque de produits capillaires Pantene. Baby Chanco est à n’en pas douter l’une des plus jeunes influenceuses au monde ! — La Presse

La question éthique de la semaine

Des enfants de sexes opposés dans la même chambre ?

Une question morale titille votre conscience ? Chaque semaine, Pause répond à vos questions. Cette semaine : jusqu’à quel âge frère et sœur peuvent-ils dormir dans la même chambre ?

« Oui, c’est sûr qu’on peut les laisser coucher dans la même chambre », répond d’entrée de jeu la sexologue Jocelyne Robert. Voilà pour la réponse courte.

Ce genre de question, elle le sait d’expérience, témoigne souvent de l’inquiétude, chez les parents, que la proximité physique incite à la promiscuité sexuelle. Qu’un frère et une sœur dorment dans la même chambre ne pose habituellement aucun problème sur le plan du développement affectif et psychosexuel, assure-t-elle cependant. Durant l’enfance, du moins.

« Qu’il y ait un épisode de jeu sexuel entre enfants du même âge ou presque – je ne parle pas d’un enfant de 12 ans et d’un autre de 6 ans –, ce n’est pas dramatique, ajoute même la sexologue. Ce qui peut être inquiétant, c’est quand ça s’installe et que ça devient routinier. » Qu’ils dorment dans la même chambre ou non, les enfants doivent comprendre que la sexualité se vit avec une personne en dehors de la famille, quand on est grand.

Jocelyne Robert ne croit pas que chaque enfant doive nécessairement avoir sa propre chambre, mais juge souhaitable que chacun ait droit à son coin d’intimité. La délimitation de ces espaces peut être plus ou moins symbolique : les deux lits peuvent être disposés aux extrémités de la pièce plutôt que côte à côte, suggère-t-elle, et on peut aussi diviser l’espace à l’aide d’un rideau ou d’un paravent…

« Il y a moyen de créer, dans une même pièce, deux zones dans lesquelles chaque enfant se retrouve. Avec des couleurs différentes, des choses différentes, qui les séparent jusqu’à un certain point. » 

— Jocelyne Robert, sexologue

La création d’espaces privés tient à un besoin d’intimité au sens large. Sa suggestion vaut, dit-elle, autant pour une chambre partagée par un frère et une sœur que pour une autre occupée par deux frères ou deux sœurs.

Et la pudeur ?

Qu’en est-il de l’éducation à la pudeur ? Devrait-on interdire à deux enfants de sexes opposés de prendre leur bain ensemble à partir d’un certain âge ? Devrait-on, en tant que parent, ne plus entrer dans la salle de bains lorsqu’on son ado se lave ou verrouiller la porte lorsqu’on est sous la douche ?

Jocelyne Robert croit que le parent n’a pas à encourager ou décourager tel ou tel comportement. « Sauf exception, l’enfant signale [son besoin d’intimité]. Il va exprimer un malaise, précise-t-elle. Ou bien le parent va sentir un malaise. » C’est en général vers 9 ou 10 ans que l’enfant commence à se montrer plus pudique, ce qui constitue une phase naturelle de son développement. Et c’est à ce moment-là qu’une saine distance s’impose d’elle-même.

Les enfants d’aujourd’hui sont-ils moins pudiques que la génération précédente ? Jocelyne Robert n’oserait pas l’affirmer. Elle croit cependant que la nudité est moins sexualisée dans certaines familles. Si on ne fait pas de cas du fait de se retrouver nu entre le moment où on sort de la douche et celui où on s’habille, par exemple, cela risque de paraître bien normal à nos petits.

« Chaque enfant est différent, signale toutefois la sexologue. On peut avoir, dans une même famille, un enfant très pudique et un autre très exhibitionniste. Ça tient à la personnalité et à l’individualité. On n’est pas uniformes sur le plan de la nudité et de la perception de la sexualité. »

Jocelyne Robert insiste : le rôle des parents est d’être à l’écoute de leurs enfants et aussi de leurs propres malaises à eux. De s’interroger, aussi, sur le sens qu’ils donnent à la pudeur. S’agit-il d’une saine retenue ou d’une espèce de honte face au corps et à la sexualité ? En matière d’intimité, comme pour tout ce qui touche l’éducation, c’est aux parents de se demander ce qu’ils projettent comme message et ce qu’ils souhaitent transmettre.

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