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Faire du Québec le champion des mégadonnées

Les mégadonnées (big data) pourraient devenir le prochain créneau d’excellence du Québec à l’échelle mondiale si le gouvernement se dotait d’une stratégie à cet effet, ont fait valoir hier Montréal International et Québec International.

Les comparaisons avec le secteur des jeux vidéo étaient nombreuses dans la présentation des deux organismes de promotion économique.

« Il y a 15 ans, le Québec n’était pas dans le monde du jeu vidéo et aujourd’hui, nous sommes devenus le deuxième ou troisième pôle au monde », a rappelé le président-directeur général de Montréal International, Hubert Bolduc.

Ce sont de généreux crédits d’impôt qui ont permis au Québec de faire sa place dans le monde du jeu vidéo. Selon M. Bolduc et son homologue Carl Viel, de Québec International, il ne serait probablement pas nécessaire d’être aussi généreux dans ce cas. Alors qu’il partait de rien dans le monde du jeu vidéo, le Québec jouit déjà de certains arguments de poids dans l’univers des mégadonnées.

L’électricité abondante, renouvelable et peu dispendieuse favorise l’implantation de centres de données, tout comme le climat frais. Des centres de recherche universitaires, à Montréal et Québec, attirent l’attention internationale dans le domaine. Des entreprises d’ici commencent à y tirer leur épingle du jeu. Et comme dans maints autres secteurs, la forte concentration universitaire montréalaise est toujours perçue comme un atout.

« On a la fondation, mais on veut emmener cette fondation à un autre niveau. »

— Carl Viel, PDG de Québec International

La création d’un document établissant le profil du secteur des mégadonnées au Québec, aussi dévoilé hier, est un pas, selon M. Viel.

« On se dote d’un outil supplémentaire d’attraction. »

« Tout ce qu’il manque, c’est une stratégie, indiquait pour sa part M. Bolduc. Et le fait que la nouvelle ministre de l’Économie (NDLR : Dominique Anglade) porte aussi le titre de responsable de la stratégie numérique tout en étant, quel hasard, l’ancienne présidente de Montréal International, nous porte à croire que cette stratégie viendra. »

Est-ce que « stratégie » équivaut à « programme de crédits d’impôt » ? M. Bolduc n’est pas aussi catégorique, même si « ça pourrait être intéressant », juge-t-il. « Parfois, pour attirer une entreprise, la différence est un petit coup de main supplémentaire. »

PERSONNEL QUALIFIÉ

Selon François Laviolette, directeur du Centre de recherche en données massives de l’Université Laval, il faut aussi s’attarder à la formation de personnel qualifié.

« Il va éventuellement en manquer cruellement, sans compter qu’on en perd déjà qui vont chez Google ou autres. On a la capacité de collecter de plus en plus de données, il va falloir de plus en plus de gens capables de faire quelque chose avec. »

Le secteur des mégadonnées, où l’essentiel du travail consiste à automatiser l’analyse de vastes volumes de données, n’est pas forcément le plus créateur d’emplois, conviennent les deux hommes, même si ce sont des emplois bien rémunérés.

Il y a aussi un potentiel transversal, fait valoir M. Viel. Tous les secteurs économiques peuvent bénéficier de l’expertise développée dans les mégadonnées.

« Un hôtel peut se rendre compte que l’essentiel de ses clients vient du Vermont et adapter son marketing, donne-t-il sommairement en exemple. « L’ensemble des entreprises de l’ensemble des secteurs peuvent créer des emplois. »

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