Kobo Forma

Le meilleur des deux mondes

Prenez une gamme de liseuses appréciées, les Kobo, et écoutez tout ce que les critiques vous suggèrent, quitte à aller copier un peu votre grand rival Amazon. Vous obtenez l’étonnante Kobo Forma, la dernière-née du fabricant canadien.

On aime

Pour résumer, la Kobo Forma ressemble énormément, en plus grand, à la dernière liseuse haut de gamme d’Amazon, la Kindle Oasis, sortie en 2017. Mêmes boutons sur le côté pour avancer ou reculer de page, même minceur avec un côté plus épais, même imperméabilité.

La Forma a cependant un écran de 8 pouces, un sommet pour Kobo, alors que celle de l’Oasis en fait 7. Elle peut surtout lire tous les formats, notamment les populaires EPUB et les livres numériques protégés empruntés à la bibliothèque. Les Kindle, et c’est leur principal défaut, sont enfermées dans l’écosystème Amazon – à moins que vous soyez un expert de la conversion et du piratage.

Ce qui étonne d’entrée de jeu, c’est le retour des boutons physiques de navigation sur la Forma, que Kobo a abandonnés il y a belle lurette quand les écrans tactiles sont devenus la norme. Ces boutons ne sont pas indispensables, mais offrent au lecteur une autre option, et c’est apprécié : nous les avons utilisés à l’occasion, instinctivement, et ils répondent mieux que l’écran tactile.

La deuxième grande nouveauté, c’est que la liseuse peut être utilisée en mode portrait ou paysage. La rotation est automatique selon la position de lecture et peut être bloquée sur un des deux modes. On n’est pas très convaincu de l’intérêt de la lecture en mode paysage, mais bon, certains aimeront.

En incluant les boutons physiques, on a maintenant six configurations différentes pour naviguer dans un livre. C’est un des charmes de l’interface Kobo : on a l’embarras du choix. Selon la main qui tient la liseuse ou la position de lecture, vous ne désirez pas toujours la même configuration. Vous voulez avancer d’une page en tapotant le bas de l’écran avec votre pouce plutôt que le haut, le côté gauche plutôt que le droit ? Vous en avez la possibilité. Le défi ici est de se rappeler la configuration choisie, et c’est là que le retour des boutons physiques est un atout.

Et à 197 grammes, toute mince avec un rebord plus gros, on a ici une liseuse agréable à avoir en main.

On retrouve toujours le même éclairage légèrement orangé, appelé ComfortLight PRO, qui élimine la lumière bleue. La possibilité d’ajouter une carte microSD a définitivement disparu, mais l’appareil est doté de 8 Go ou 32 Go de stockage.

Kobo assure avoir amélioré l’autonomie de la batterie, et notre essai le confirme. Après un mois d’utilisation, 17 heures de lecture généralement sans WiFi, la batterie affichait encore 29 % de sa capacité. On est loin de la Kobo Aura ONE, qu’il fallait recharger toutes les trois semaines, plus proche de la Kindle Oasis avec son étui chargeur et ses deux mois d’autonomie.

Parlant d’étui, celui de la Kobo Forma, non inclus et vendu 59,99 $, se transforme en support et sert à éteindre et allumer la liseuse. Très pratique, plutôt joli avec son similicuir de couleur prune ou noire, mais un peu cher.

On aime moins

On ne demande pas à une liseuse d’être un iPad Pro, et ses petits 512 Mo de mémoire vive la disqualifient dans cette comparaison. Mais on constate que la sensibilité de l’écran et la rapidité du processeur ne sont toujours pas à la hauteur des concurrentes d’Amazon.

Si vous n’avez pas d’étui, vous trouverez probablement fastidieux d’allumer et d’éteindre la liseuse avec son petit bouton sur le côté. Peu visible, pas très sensible, il nous fait regretter les boutons arrière offerts sur des modèles Kobo précédents.

La possibilité d’emprunter des livres de la bibliothèque directement à partir de sa liseuse Kobo est enfin arrivée au Québec. Le logiciel Overdrive, installé sur la liseuse, intègre maintenant les bibliothèques de la Ville de Montréal et Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notamment, et nous avons réussi à effectuer un emprunt. Gros problèmes : on n’a accès qu’à très peu de livres, et ils sont tous en anglais.

On est toujours étonné qu’un fabricant comme Kobo n’ait pas encore pondu un logiciel pour gérer convenablement sa bibliothèque personnelle de livres numériques. Il faut se rabattre sur le partagiciel Calibre, qu’on adore, mais il faut attendre une mise à jour pour l’utiliser avec un nouveau modèle comme la Forma.

Bon, on chipote un peu, mais on n’est pas convaincu de la nécessité d’un si grand écran. Les 6 pouces de la Clara HD étaient amplement suffisants, en ce qui nous concerne. Encore là, d’autres apprécieront probablement.

On achète ?

Nous n’avons jamais eu entre les mains une liseuse aussi complète. Si vous êtes un mordu des livres numériques et que vous voulez ce qui se fait de mieux en ce moment, la Kobo Forma est un achat à recommander.

La seule réserve, c’est qu’il vous faudra payer au moins 300 $ pour l’avoir sur votre table de chevet.

Forma

Fabricant : Kobo

Prix : 299,99 $ (8 Go) et 349,99 $ (32 Go), étui SleepCover en sus (59,99 $)

Note : 4,5 sur 5

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