Huit députés libéraux
en réflexion quant à leur avenir

Au moins huit députés libéraux envisagent la possibilité de ne pas se présenter aux élections générales de l’automne. C’est le cas du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, et de trois élus de la région de Québec. Un autre, Norbert Morin, s’apprêterait à annoncer son départ de la vie politique à la fin du présent mandat. État des lieux.

Hélène David dans Westmount–Saint-Louis ?

Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon (Westmount–Saint-Louis), aurait décidé de ne pas briguer les suffrages à nouveau, indique-t-on dans les rangs libéraux. Le principal intéressé ne confirme ni n’infirme l’information. « Le président n’émet pas de commentaires », a indiqué une employée de son cabinet, Sylvie Gagnon. Selon le scénario qui circule à l’interne, le château fort de Westmount–Saint-Louis serait offert à la ministre Hélène David. La raison : avec la nouvelle carte électorale, sa circonscription d’Outremont sera fusionnée avec Mont-Royal, détenue par son collègue Pierre Arcand. Le président du Conseil du trésor se présenterait donc dans la nouvelle circonscription.

Nervosité dans la région de Québec

La débâcle dans Louis-Hébert a semé l’inquiétude chez les libéraux. La Coalition avenir Québec (CAQ) balaierait presque toute la région de Québec si des élections avaient lieu maintenant, selon les sondages. Raymond Bernier a déjà connu une vague : il a perdu sa circonscription de Montmorency aux mains de l’Action démocratique du Québec (ADQ) en 2007. Le député de 65 ans est en réflexion sur son avenir politique, tout comme André Drolet (Jean-Lesage) et Michel Matte (Portneuf).

Serge Simard en a assez

Le député de Dubuc et ex-ministre Serge Simard ne sera pas sur les rangs aux prochaines élections si le gouvernement refuse de donner le feu vert à des projets qui lui sont chers et qui « traînent depuis des années ». « Là, je leur ai dit : “C’est assez ! Ça me prend des outils pour travailler !” » En cas de refus, « je n’y vais pas » aux élections. « Si je vois que c’est une fin de non-recevoir, qu’est-ce que je vais aller faire là ? Je vais gueuler tout le temps pendant quatre ans, je vais être fatigant pour mes collègues, je vais être tannant sans réserve ? », a-t-il lancé en entrevue. Des candidats potentiels ont été pressentis dans les derniers mois. C’est le cas d’Éric Dufour, vice-président pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean de la firme RCGT et ancien président de la chambre de commerce régionale. Il est le beau-frère de M. Simard et le voisin de chalet du premier ministre Philippe Couillard. Il a décliné l’offre, a-t-il dit à La Presse.

Des doutes autour de Lise Thériault et Jean-Marc Fournier

Les allégations non fondées d’Yves Francoeur ont fait dire au ministre Jean-Marc Fournier qu’il pourrait ne pas solliciter un autre mandat. Le président de la Fraternité des policiers de Montréal avait déclaré qu’une intervention politique avait bloqué des accusations contre M. Fournier. Or la Sûreté du Québec (SQ) n’a rien trouvé pour corroborer ces allégations. Le mois dernier, le ministre disait qu’il n’avait « pas pris de décision encore » sur son avenir politique. Mais on ne s’attend pas à son départ dans les cercles libéraux. Ce lieutenant de Philippe Couillard avait passé les dernières élections à ses côtés, dans l’autocar de campagne. Les doutes sont plus grands au sujet de Lise Thériault, même si elle a déjà eu son assemblée d’investiture l’été dernier. Son personnel de cabinet maintient néanmoins que la ministre sera sur les rangs.

Un vétéran qui part, un autre qui réfléchit

Dans Côte-du-Sud, Norbert Morin, 72 ans, annoncerait sous peu son départ de la vie politique après avoir terminé le présent mandat. Élu lui aussi pour la première fois en 2003, Pierre Reid songe à son avenir. Âgé de 69 ans, il est le père d’un garçon de 10 ans, dont il a la garde partagée. « C’est une des choses qui alimentent ma réflexion sur mon avenir. Je me demande des fois si c’est une question que, étant donné mon âge, j’ai peur de ne pas passer assez de temps avec lui », a affirmé l’élu d’Orford, un bastion libéral.

 — Avec la collaboration de Denis Lessard

Politique

Fin d’une époque au PQ

Québec — Élue depuis 1996 à l’Assemblée nationale, la députée péquiste de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, annoncera aujourd’hui qu’elle ne sollicitera pas un nouveau mandat aux élections d’octobre 2018. Son vétéran collègue François Gendron, qui siège sans interruption depuis 1976, prépare également sa sortie.

La Presse a révélé samedi que le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, espérait ce départ et avait même offert ce siège sûr pour le parti à Jean-Martin Aussant, dans l’espoir de le voir revenir en politique. Mme Léger a eu de sérieux problèmes de santé – un cancer de la langue – qui l’a incitée à repenser à son avenir. Hier matin, cependant, le chroniqueur Bernard Drainville, ex-ministre péquiste, soutenait sur les ondes du 98,5 qu’il n’était pas question pour Mme Léger de jeter l’éponge.

Par voie de communiqué, hier, la députée de Pointe-aux-Trembles a convié les médias à une conférence de presse ce matin, dans sa circonscription. Son frère, Jean-Marc Léger, patron de la firme de sondage Léger, a confié à plusieurs personnes que sa sœur y expliquerait les raisons de son départ. 

Jean-Martin Aussant a fait savoir à plusieurs personnes à Montréal qu’on lui avait offert Pointe-aux-Trembles, mais semblait peu enclin à refaire le saut en politique – sa conjointe Catherine Fiset y était fermement opposée.

Proche de Pauline Marois, Mme Léger avait déjà accepté de quitter son poste pour laisser sa circonscription à André Boisclair quand il était devenu chef du PQ en 2005. Elle est actuellement porte-parole de l’opposition pour les dossiers du Conseil du trésor. Elle avait été affectée aux dossiers à la Famille sous Lucien Bouchard.

Mme Léger est la fille de Marcel Léger, premier ministre de l’Environnement sous René Lévesque. 

départ d’un recordman

Un autre péquiste est sur le point d’annoncer qu’il terminera sa carrière aux prochaines élections. François Gendron, député d’Abitibi-Ouest, aura le record de longévité à l’Assemblée nationale – il siège sans interruption depuis le 15 novembre 1976. Depuis un bon moment, il a préparé sa succession dans la circonscription : un permanent local de l’Union des producteurs agricoles, indique-t-on. Il aura 74 ans à l’automne.

Le député de Bertrand, Claude Cousineau, envisage aussi de ne pas se représenter. Atteint du cancer il y a quelques années, il avait failli jeter l’éponge avant de se lancer dans une nouvelle campagne électorale. Le chef du PQ a aussi testé la volonté de Maka Kotto, député du bastion péquiste de Bourget, de solliciter un nouveau mandat. M. Kotto, conjoint de Caroline St-Hilaire, ex-mairesse de Longueuil, ne compte pas céder sa place.

Des rumeurs indiquent que Nicolas Marceau, l’ex-ministre des Finances de Pauline Marois, réfléchit à son avenir. Professeur d’université, M. Marceau profite toujours d’un congé de son institution.

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