Vacances au ralenti

En pénichette, sans permis

Pour un voyage tout beau, tout slow, en famille ou entre amis, on se lance sur une embarcation qui roule à la vitesse de l’escargot et pour laquelle aucun permis ni expérience de navigation ne sont exigés. Louange des vacances au ralenti !

L’éloge de la lenteur

À raison de quatre à cinq heures de navigation par jour à une vitesse de croisière allant de 5 à 10 km/h, la découverte est davantage de qualité que de quantité. L’idée ? Voyager lentement, briser le rythme au lieu de courir partout pour tout voir, s’arrêter là où l’on veut... On est enfin riche de temps pour soi et pour l’autre. Fini le stress pour attraper le bus ou le bateau qui va partir. Avec la pénichette, on a sa maison avec soi, et on observe le monde de son balcon.

Le commandant, c’est moi !

Manœuvrer soi-même sa pénichette de huit mètres lorsqu’on n’a jamais piloté autre chose qu’un pédalo peut engendrer un certain stress ! Qu’on se rassure : les rudiments de la navigation, de l’amarrage et du passage aux écluses nous sont enseignés lors de la prise de possession de la pénichette. Un bon conseil : planifier cette prise de possession une fois remis du décalage horaire, histoire d’être frais et dispos.

Les différents circuits

La France est le pays par excellence pour louer une pénichette. Le canal du Midi – inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO – est sans doute le plus populaire à parcourir, mais on peut aussi naviguer sur des dizaines d’autres cours d’eau. Le Lot, la Loire, la Charente, la Bourgogne, l’Aquitaine ou la Camargue ne sont que quelques-unes des régions à offrir des circuits. On peut rechercher une thématique sur son parcours (vin, gastronomie, musées…), louer un barbecue et des vélos, ou simplement partir visiter de petits villages pour revenir à bord avec cochonnailles et autres produits locaux.

Traverser les écluses

Les écluses du cours d’eau sur lequel on envisage de naviguer sont-elles majoritairement manuelles ou automatisées ? C’est un « détail » important dont il faut s’informer impérativement. Dans le premier cas, la croisière sera sportive, car il faut environ 1 000 tours de manivelle par jeu de portes pour fermer et ouvrir les vantelles permettant le passage de l’eau. De quoi se faire de beaux biceps lorsqu’on en franchit plusieurs par jour !

Ailleurs dans le monde

Une fois qu’on s’est fait la main en France, dans sa langue, et qu’on se sent d’attaque pour d’autres cours d’eau, on peut répéter l’expérience dans des pays comme la Suède, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Irlande ou même la Russie ! La question à se poser est : de quel type d’expérience a-t-on envie ? Aussi, si on souhaite nager, on choisit une rivière plutôt qu’un fleuve ou un canal.

Question de temps

Les départs tôt en saison, dès la fin mars, sont moins chers, mais il faut penser au risque de crues printanières. L’aller simple est préférable à l’aller-retour, à moins que le cours d’eau soit jalonné de multiples attraits, par exemple le Lot à la hauteur de Cahors. On peut louer une pénichette pour un long week-end, ou pour la durée totale de son séjour. L’important, c’est d’avoir envie de prendre son temps. Oser ralentir, ça donne un choc, parfois. Mais ô combien nécessaire, bien souvent.

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