Pologne

« Nous savons bien tous que, dans le monde d’aujourd’hui, il est possible d’influer sur la situation des États en ayant recours à [la cyberguerre]. »

— Le ministre de la Défense de la Pologne, Mariusz Blasczak, a indiqué que son pays allait se doter d’ici à 2024 d’une force de défense dans le cyberespace composée de quelque 2000 militaires spécialisés. (AFP)

Russie

Perquisitions massives contre les équipes de l’opposant Navalny

Fouilles dans tout le pays, saisies de matériel et comptes gelés : la police russe a procédé hier à une opération de grande envergure contre les collaborateurs de l’opposant Alexeï Navalny, impliqué cet été dans un vaste mouvement de contestation électorale. « C’est la plus grande opération policière dans l’histoire de la Russie moderne », a soutenu M. Navalny dans un message publié sur son blogue, déclenchée selon lui par la déroute du pouvoir à l’élection du Parlement de Moscou dimanche, où les candidats du Kremlin ont perdu près d’un tiers des sièges. Le militant anticorruption de 43 ans, dont l’organisation est visée depuis août par une enquête pour « blanchiment », a indiqué que plus de 200 perquisitions avaient eu lieu dans au moins 41 villes du pays où travaillent ses équipes. La police est notamment intervenue dans les villes de Nijni Novgorod, Vladivostok, Kazan, Novossibirsk ou encore à Saint-Pétersbourg et dans l’enclave de Kaliningrad. — Agence France-Presse

Espagne

Pire tempête en 100 ans dans le sud du pays

Un vaste secteur du sud de l’Espagne était matraqué hier par ce qui pourrait être les pires chutes de pluie en plus de cent ans. Les tempêtes ont causé d’importants dégâts matériels et fait au moins deux morts jusqu’à présent. Un couple de septuagénaires a été retrouvé mort dans une voiture renversée qui avait été emportée par les inondations dans la ville de Caudete, à une centaine de kilomètres au sud de Valence. Les pompiers de Valence ont annoncé avoir tiré trois autres personnes de l’eau, sans fournir plus de détails. L’agence météorologique espagnole AEMET a prévenu que la région était à « risque élevé ». Elle prévoit jusqu’à 90 millimètres de pluie par heure et jusqu’à 180 millimètres d’eau en 24 heures. Le niveau de la rivière Clariano a grimpé de neuf mètres en deux heures autour de la ville d’Aielo de Malferit, dans la région de Valence, détruisant un pont construit au XVIe siècle. — Associated Press

Crise des migrants en Méditerranée

L’Union européenne poursuivra sa surveillance… en avion

Les États membres de l’UE ont décidé hier de prolonger pour six mois le mandat de l’opération militaire Sophia de lutte contre les passeurs de migrants en Méditerranée, mais ses capacités d’action resteront réduites à de la surveillance aérienne, faute de navires. Les ambassadeurs membres du Comité politique et de sécurité ont décidé hier de proroger de six mois l’opération Sophia, jusqu’au 31 mars, ont annoncé à l’AFP deux sources européennes. Mais aucun accord n’a été trouvé pour le retour de navires, faute d’accord sur les débarquements des migrants secourus en mer. Les opérations seront limitées à la surveillance aérienne, a-t-on précisé. L’opération Sophia a été décidée en 2015 après un naufrage au large de Lampedusa au cours duquel 800 personnes ont péri. L’Italie en assume le commandement et son quartier général est à Rome. Elle a été partiellement suspendue en mars 2019 après la décision des États membres de ne plus envoyer de navires croiser au large des côtes libyennes en raison du refus du gouvernement italien d’accepter le débarquement des naufragés. — Agence France-Presse

États-Unis

L’équipage du Conception dormait au moment de l’incendie

Tous les membres d’équipage qui se trouvaient sur le Conception, un bateau de plongée qui a brûlé au large de la Californie en emportant dans la mort 34 personnes, le 2 septembre, étaient en train de dormir au moment du drame, affirme un rapport d’enquête préliminaire publié hier. Selon des médias locaux citant des sources au sein de l’enquête, il s’agirait d’un manquement aux règles de sécurité fédérales qui prévoient qu’un marin, au moins, effectue des rondes régulières pour réagir en cas de danger. Au total, 33 passagers et 1 membre d’équipage ont trouvé la mort dans l’incendie du navire de 22 mètres de long, qui a coulé alors que les pompiers tentaient encore de venir à bout des flammes tout près de l’île de Santa Cruz, à une vingtaine de kilomètres de Santa Barbara, son port d’attache. Les corps des 34 victimes ont été repêchés et le navire a été renfloué. L’épave devrait prochainement être placée sur une barge et acheminée dans un lieu tenu secret pour être examinée par des experts. La cause de l’incendie n’a pas encore été déterminée, mais « selon les premiers interrogatoires de trois membres de l’équipage, aucun problème mécanique ou électrique n’avait été signalé », relève le rapport préliminaire publié par l’Agence nationale de la sécurité des transports. — Agence France-Presse

Terrorisme au Sahel

L’heure de vérité pour la force militaire régionale

Mali, Niger, Burkina : presque pas un jour ne passe sans qu’une attaque djihadiste ne tue des villageois ou des soldats. Face à cette propagation, la force militaire régionale G5-Sahel se montre impuissante, imposant une refonte, voire un renfort des pays voisins. Ce sera tout l’enjeu d’un sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) consacré à la lutte contre le terrorisme, demain à Ouagadougou.

La plupart des chefs d’État des 15 pays de la CEDEAO – rejoints pour l’occasion par la Mauritanie, le Tchad et le Cameroun – devraient être présents.

Lancée en 2015 et réactivée en 2017, la force G5-Sahel, comprenant des troupes de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina et du Tchad, devait comprendre 5000 hommes. Elle ne compte aujourd’hui que 4000 soldats.

L’idée de cette force, poussée par la France, était de faire monter en puissance les armées régionales pour épauler, voire à terme remplacer l’armée française, qui conduit au Sahel l’opération Barkhane (4500 militaires) contre les djihadistes depuis 2014 dans le prolongement de l’intervention menée dans le Nord du Mali l’année précédente.

Or, aujourd’hui, les résultats sont si minces que même le secrétaire général de l’ONU ne s’embarrasse guère de périphrases : « Nous ne sommes pas en train de gagner la guerre au Sahel », a déclaré récemment António Guterres.

« Quel est le résultat opérationnel du G5 ? Qu’est-ce qu’il a apporté ? Le peu qui a été décaissé [en sa faveur] a servi en frais de réunion, d’hôtel, de fonctionnement… Le G5 est presque à genoux », dit Mahamadou Savadogo, chercheur au Carrefour d’études et de recherche d’action pour la démocratie et le développement (CERRAD) de l’Université Gaston-Berger, au Sénégal.

« Malgré un engagement et des investissements internationaux importants, la violence extrémiste s’étend. Le nombre recensé d’attaques liées aux groupes islamistes au Sahel a doublé tous les ans depuis 2016, pour atteindre 465 en 2018 », soit plus d’un par jour, souligne le groupe de réflexion américain Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Et les conséquences humanitaires sont ravageuses. Dans la zone, « 13 millions de personnes ont actuellement besoin d’assistance », a souligné Oxfam. L’ONG évoque « des besoins massifs et continus en assistance alimentaire, en eau potable, hygiène et assainissement, en abris, en santé, en protection et en éducation ». Des centaines de milliers de personnes ont dû quitter leur foyer.

— Agence France-Presse

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