Chronique

Faire une rechute (dans l’escalier)

Je m’étais promis de diminuer ma consommation de séries de type true crime. Les zombies orangés de la secte de Wild Wild Country et la voix d’outre-tombe de la diabolique Marjorie Diehl-Armstrong d’Evil Genius grugent déjà assez de mon sommeil réparateur, merci. Au fait, ai-je bien verrouillé les portes avant d’aller au lit ? Et c’est quoi ce bruit bizarre, hein ?

Ma résolution a duré, quoi, quatre jours. Oups. J’ai rechuté et j’ai été avalé par The Staircase du service Netflix, qui porte le titre de Soupçons en version française. C’est hallucinant, intelligent et stressant en même temps. La quantité de travail qui a été injectée dans les 13 épisodes de cette production et l’obsession des détails du réalisateur français Jean-Xavier de Lestrade vous renverseront. Du gros, gros calibre.

The Staircase est l’ancêtre de toutes les docuséries à saveur criminelle comme Making a Murderer, The Jinx ou The Keepers. On y suit la préparation et le procès pour meurtre de l’écrivain américain Michael Peterson, accusé d’avoir tué sa femme en la poussant en bas de l’escalier de la maison familiale à Durham, en Caroline du Nord, le 9 décembre 2001.

Ce qui s’annonce comme une affaire classée impliquant une famille bourgeoise emprunte rapidement des routes tortueuses. Les cinq enfants du couple, tous adultes, appuient leur père, qui jure que sa femme a trébuché, tandis qu’il cuvait son vin près de la piscine. Toutefois, aucun témoin ne peut corroborer l’une ou l’autre des versions.

Le doute s’infiltre peu à peu dans la tête des enfants Peterson – et dans la nôtre. Leur papa parfait aurait-il pu battre et liquider leur maman chérie ?

Car la scène de crime ressemble à tout sauf à celle d’un bête accident. Il y a d’immenses taches partout sur les murs et une personne qui déboule les marches ne se viderait pas de son sang comme cette pauvre Kathleen Peterson, 48 ans.

C’est pourtant la théorie défendue par le bataillon d’avocats embauchés par son mari, qui insistent vigoureusement sur la chute involontaire pour expliquer la mort de Kathleen. En plus, Kathleen avait bu du champagne, puis avalé un cachet de Valium avant de perdre pied. Fin de l’histoire. Pour eux, du moins.

Puis, une arme du crime extrêmement bizarre fait son apparition au tribunal. La poursuite fouille dans le passé de Michael Peterson et déterre des squelettes pas mal plus compromettants que ceux dévoilés à l’émission de Patrice L’Ecuyer. Et ça se corse dangereusement.

Pendant plusieurs années, l’équipe de The Staircase a obtenu un accès ultra-privilégié à la cellule qui a préparé la défense de Michael Peterson. L’incursion dans cette bulle est un des aspects les plus captivants du projet.

Michael Peterson, 58 ans à l’époque, n’a pas publié de grand livre durant sa carrière d’écrivain. Il a cependant été chroniqueur au Durham Herald-Sun, où il a souvent critiqué l’inefficacité des policiers locaux et l’incompétence du procureur local. 

C’est ce même procureur, Jim Hardin, qui tentera de faire incarcérer Michael Peterson après la publication des chroniques litigieuses. Ça sent la vengeance à plein nez.

Les huit premiers épisodes d’une heure de The Staircase ont été relayés en 2004 sur le Sundance Channel. Deux autres épisodes ont été ajoutés en 2013, pour actualiser le récit, et Netflix en a produit trois autres en 2018 pour clore le dossier de façon définitive. Vous pouvez maintenant dévorer les 13 d’une traite.

En entrevue, le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade, qui a suivi l’énigmatique Michael Peterson pendant des années, admet ne pas savoir s’il est coupable ou non du meurtre de sa conjointe Kathleen.

C’est souvent ce qui est fâchant dans des productions comme Making a Murderer ou The Keepers. La justice y est supposément rendue, mais ces docuséries soulèvent toujours des doutes majeurs, qui nous empêchent de connaître la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Paul Arcand en sécurité !

Non, Paul Arcand n’est pas touché par la clause d’exclusivité demandée par Québecor à ses têtes d’affiche. Le roi des ondes matinales du 98,5 FM, aussi à la barre de l’émission Conversation secrète, a signé son contrat avec TVA avant que les mesures protectionnistes n’entrent en vigueur.

« TVA est conscient que ma participation télévisuelle est périodique, et non sur une base régulière. Ça se peut que je fasse une émission la saison prochaine, ça se peut que j’en fasse six. C’est une émission événementielle », explique Paul Arcand au bout du fil.

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles également du côté de Dany Dubé, qui continuera d’analyser les parties du Canadien au 98,5 FM et de coanimer son émission avec Renaud Lavoie à TVA Sports.

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