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RÉPLIQUE

Ne laissons pas un débat idéologique mettre fin aux Petits Chanteurs

En réponse au texte de Sébastien Richard, « Les Petits Chanteurs du Mont-Royal : une subvention dont le maintien est discutable », publié samedi dernier

À la suite de la lettre d’opinion de Sébastien Richard, parue dans La Presse du 8 juin, Les Petits Chanteurs du Mont-Royal, conjointement avec son comité de parents bénévoles, voit le besoin de préciser certains faits en lien avec sa situation actuelle.

Un modèle éducatif unique

Le modèle éducatif des Petits Chanteurs du Mont-Royal est unique et permet la formation d’un chœur d’une qualité exceptionnelle, reconnu comme un véritable joyau de notre patrimoine musical par les grandes organisations musicales et bon nombre de personnalités du monde culturel québécois.

Annuellement, 24 garçons provenant du territoire de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) sont recrutés sur la base unique de leur talent. Ils proviennent d’origines socioculturelles diverses et appartiennent à tous les milieux socioéconomiques.

Soulignons que ce sont les parents qui financent en grande partie la formation musicale des jeunes, les moins favorisés ayant accès à des bourses d’aide financière leur permettant de couvrir les frais de formation musicale.

Contrairement à l’auteur de la lettre qui ne voit pas « au nom de quelle logique […] les impôts des contribuables québécois devraient subventionner à 100 % l’éducation d’élèves fréquentant un collège privé », soulignons qu’il n’en coûte absolument rien de plus aux contribuables québécois pour permettre aux jeunes du secondaire de poursuivre leur apprentissage au collège Notre-Dame, à proximité de notre établissement. Les coûts déboursés par le gouvernement seraient exactement les mêmes si ces enfants fréquentaient une école publique et ne constituent en rien une nouvelle enveloppe budgétaire.

Un engagement hors du commun

La première condition de réussite est une participation de tous les instants de la part du choriste et de sa famille, qui s’engagent dans un parcours de neuf ans en se joignant aux Petits Chanteurs du Mont-Royal. Cet enrôlement enrichissant exige rigueur et discipline afin d’offrir plusieurs prestations avec des partenaires et des artistes de renom, tant la semaine que les fins de semaine.

Pour performer au niveau d’excellence qu’on leur connaît, les Petits Chanteurs doivent répéter régulièrement ensemble. Dans un tel contexte, la proximité des infrastructures d’enseignement, tant primaire que secondaire, et du lieu de répétition est un élément logistique crucial, puisqu’il permet une souplesse d’horaire et une efficacité des déplacements offrant à nos jeunes un environnement sécuritaire et optimal pour favoriser la réussite scolaire.

Les résultats de notre institution sont probants : des garçons qui ne décrochent pas, et ce, malgré le fait qu’ils proviennent de tous les milieux socioéconomiques.

Une décision improvisée

La Maîtrise a démontré son ouverture à une structure entièrement publique au sein de la CSDM. Par contre, un tel changement ne peut se faire en quelques mois. Il mérite une véritable démarche de réflexion, de la transparence dans les discussions, une analyse des possibilités ainsi qu’une implantation réaliste qui minimise l’impact sur les élèves, leur famille et le chœur.

Or, malgré la multiplication des rencontres avec la CSDM où nous avons minutieusement expliqué nos besoins et réfléchi à la faisabilité de différents scénarios qui nous étaient présentés, notre réalité est incomprise puisque les scénarios offerts par la CSDM ne réunissent pas, jusqu’à présent, les conditions de réussite d’un programme aussi exigeant que le nôtre.

La décision politique de la CSDM met en danger une œuvre culturelle importante dont l’équilibre est fragile. Ne laissons pas un débat idéologique mettre fin aux Petits Chanteurs du Mont-Royal.

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