centre de transport Bellechasse

Un gigantesque chantier de la STM se met en branle

Les travaux de construction du futur centre de transport Bellechasse de la Société de transport de Montréal (STM) ont commencé, il y a quelques jours, au cœur d’un secteur densément peuplé de Rosemont–La Petite-Patrie.

Le chantier qui durera trois ans occupe le quadrilatère formé des rues Bellechasse, Marmier, Saint-Dominique et de l’avenue de Gaspé. On le voit très bien du haut du viaduc Van Horne, qui borde le site au sud : c’est gigantesque.

« On veut créer un comité, cogéré par des citoyens, des élus de l’arrondissement et des représentants de la STM, pour suivre les travaux », dit Hélia Tremblay-Demestral, membre du comité citoyen du secteur Bellechasse.

Des résidants du secteur redoutent en effet les impacts du chantier : bruit, dynamitage, va-et-vient des camions, circulation des piétons et des cyclistes, réduction des places de stationnement…

Mesures d’apaisement

L’arrondissement et la STM ont déjà adopté une série de mesures pour tenter de calmer les inquiétudes des résidants, comme la tenue d’assemblées participatives, en février, et la mise sur pied d’un comité de suivi pour tenir les gens informés durant toute la période des travaux, jusqu’au printemps 2022.

« Dans un projet de cette ampleur, il y aura toujours des gens inquiets », concède le maire de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau. « Notre travail est de s’assurer qu’il y ait le moins d’impacts négatifs possible. Mais l’arrondissement n’est pas le maître d’œuvre du chantier. Nous, tout ce qu’on fait, c’est d’octroyer le permis de construction. »

Le projet de 254 millions, annoncé en 2017 par l’ex-maire Denis Coderre, a été entièrement revu par la STM l’automne dernier à la suite du tollé soulevé par le concept initial. Les résidants du secteur craignaient que l’imposant bâtiment prévu menace la sécurité des piétons et des cyclistes. Deux pistes cyclables, très achalandées, longent la rue Bellechasse dans ce secteur.

Dans sa première version, le centre de transport de la STM occupait une superficie de 400 000 pi2 sur trois étages hors sol. Le nouveau bâtiment, conçu par la firme d’architectes Lemay, est construit en grande partie sous la terre. La partie souterraine comprend trois niveaux percés de puits de lumière : un pour accueillir 300 autobus, un autre pour les infrastructures électriques et un dernier pour les ateliers d’entretien. L’autre partie en forme d’anneau occupe deux étages en surface.

La STM prévoit verdir une grande place publique et regrouper l’ensemble des activités du centre à l’intérieur du bâtiment pour minimiser les impacts sur le voisinage.

Consultation publique à venir

Même si des pelles mécaniques achèvent de démolir un vieux bâtiment en brique, rue Bellechasse, les étapes de ce projet ne sont pas encore toutes franchies, rappelle le maire Croteau. Les nouveaux plans sont à l’étude au comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement, qui soumettra son rapport aux élus du conseil pour approbation.

Comme il s’agit d’un programme particulier d’urbanisme (PPU), lequel suppose un changement de zonage, Rosemont–La Petite-Patrie a l’obligation de tenir une consultation publique à une date encore indéterminée. Mais celle-ci ne sera pas soumise à l’approbation référendaire parce qu’il s’agit d’un projet d’intérêt public.

« Le conseil d’arrondissement peut apporter des modifications au projet, indique le maire. Mais les citoyens n’ont pas le pouvoir de le bloquer. »

En 2022, une fois les travaux terminés, le futur centre de transport Bellechasse va remplacer le vieux garage de la STM situé au 6000, rue Saint-Denis, près de la station de métro Rosemont, entre la rue Bellechasse et le boulevard Rosemont. Ces installations exploitées depuis 60 ans sont aujourd’hui désuètes.

La Ville ne cache pas son intention de mettre la main sur les terrains de la STM, rue Saint-Denis, qui ont été pressentis pour accueillir le CHUM au début des années 2000. L’arrondissement s’est d’ailleurs doté d’un droit de préemption sur ces lots, qui lui permet d’égaler une éventuelle offre d’achat acceptée sur les terrains convoités et de les acquérir au même prix.

« On veut développer ces terrains, confirme le maire Croteau. Le potentiel est énorme : on pourrait y construire 1200 logements, des commerces, un parc… Ça va complètement changer le quartier. Mais on doit le faire dans le bon ordre, pas trop vite, pour ne pas faire un deuxième Griffintown. On veut consulter les citoyens et faire le projet en respect avec les valeurs du quartier. »

Pas avant sept ans

La STM, qui prévoit utiliser le futur centre de transport Bellechasse dès 2022, ne compte pas libérer l’installation de la rue Saint-Denis avant janvier 2024.

« Il faut attendre que le futur garage soit terminé, puis que les garages actuels soient démolis. Ce ne sera pas avant sept ans, soit dans deux autres mandats, précise François Croteau. Et je ne serai peut-être plus en politique… »

Par ailleurs, à la demande des citoyens, l’arrondissement a imposé, le 1er avril, une réserve foncière sur un terrain vague situé en face du futur garage, à l’angle de la rue Bellechasse et de l’avenue Casgrain, pour le transformer en espace vert.

« Ça peut prendre un an et demi avant qu’on devienne propriétaire du lot, précise M. Croteau. Mais on veut s’inspirer de l’îlot des Murmures dans Rosemont, sur la 4e Avenue, pour en faire un parc local aménagé par des citoyens. » L’espace a déjà été baptisé « carré Casgrain » par les résidants du coin qui l’occupent l’été.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.