Courrier

Besoin de ressources

Je ne sais pas si ce sont des états généraux qu’il faut mettre en priorité pour coordonner notre action en matière de santé mentale, mais ce que nous savons tous, c’est que cette dernière requiert des ressources et des moyens plus importants à tous les niveaux : dans nos CLSC, à l’école et à l’université, dans nos hôpitaux, dans les organismes communautaires. Les gens aux prises avec des problèmes de santé mentale et leurs proches ne disposent pas, à l’heure actuelle, des ressources compétentes et disponibles pour les aider à alléger leurs souffrances et sont souvent seuls avec leur misère, isolés, dépassés.

— Marie Kronstrom

Les revenus du cannabis

Très pertinent comme projet, d’autant plus que la souffrance des jeunes est inquiétante et qu’au même moment, les produits du cannabis envahissent le marché légalement. Les revenus ne pourraient-ils pas servir à financer une vaste consultation sur le sujet ?

— Jean-François Chapdelaine, Boisbriand

Un recul de 30 ans

Peut-on arrêter de parler de « santé mentale », mais plutôt dire « maladie mentale » ? Je travaille en psychiatrie depuis plus de 30 ans avec des adolescents et maintenant avec des enfants. Nous avions bâti une façon de faire, et les libéraux ont tout détruit en réformant le système de santé. Un recul de 30 ans. Comme travailleur, je constate en rencontre d’équipe tout ce qui est à refaire, et c’est dommage pour ceux qui vivent avec un problème de maladie mentale.

— Alain Piché, éducateur spécialisé

Sensibiliser nos ministères

Merci de continuer d’en parler. Les vacances de Noël terminées, hier marquait le retour dans notre école spécialisée en santé mentale, la seule sur l’île qui dessert une clientèle âgée de 5 à 21 ans, des jeunes vulnérables et en souffrance qui peuvent compter sur une équipe passionnée et engagée. Les médias parlent occasionnellement de problèmes de santé mentale ; cette réalité fait partie de notre quotidien. SVP, continuez d’en parler, car cela fait avancer les choses et sensibilise nos différents ministères. Je crois que les petits gestes d’ouverture et d’écoute font une grande différence pour ces jeunes.

— Michelle Garcia

Arrêter l’hémorragie

La question qu’il faut se poser est : pourquoi y a-t-il autant de problèmes de santé mentale chez les jeunes et pourquoi cette grande croissance ? Bien sûr, il faut s’en occuper, les traiter, mais il faut aussi trouver la source du bobo pour arrêter l’hémorragie. 

— Marie-Alice Christine Tremblay

Problème structurel

Je pense que l’augmentation inquiétante du pourcentage de cas de santé mentale, surtout chez les jeunes, est directement en lien avec notre mode de vie : les exigences irréalistes des jeunes, l’impossibilité d’avoir tout, tout de suite, le tout aggravé de façon exponentielle par les médias sociaux. C’est un problème structurel profond qui sera très difficile à modifier et à corriger.

— André Canakis

Merci de sensibiliser le public

Ma fille étant atteinte de la maladie bipolaire, je suis totalement d’accord pour dire qu’il est grand temps que l’on fasse de la recherche pour la diagnostiquer plus rapidement et avec de meilleurs moyens. De plus, il faudrait mettre l’accent sur la recherche au niveau de la médication. Il est inconcevable que de jeunes adultes en viennent à penser au suicide tellement le chemin est long et ardu avant d’en arriver à une vie meilleure. Pourquoi n’investissons-nous pas davantage ? La détresse de ces personnes et de leurs proches est immense. Merci de sensibiliser le public à ce sujet.

— Micheline Rondeau

Le soutien aux parents

Étant retraitée après 35 ans passés à différents services pour la protection de l’enfance, étant aussi mère de deux enfants, mon cri du cœur est envers le soutien aux parents. Si les parents peuvent être considérés comme des alliés privilégiés pour accompagner leur enfant, on aurait une grande avancée.

— Isabelle Tremblay

La dépression, une grande souffrance

Je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’il faut en parler. J’ai moi-même souffert de dépression à quelques reprises dans le passé, et la souffrance est très grande et très mal comprise de la part de ceux qui ne l’ont jamais vécue. Il faudrait trouver une façon d’expliquer la souffrance de l’âme afin de la comparer à une souffrance physique. Pas facile de mettre des mots sur ce qui n’est pas tangible. J’aurais préféré parfois qu’on me coupe un membre pour y mettre fin.

— Diane Ouellet

Absence de soins

Des mois et des mois d’attente pour une consultation en orthopédie, des mois et des mois d’attente pour une consultation en psychiatrie… voilà l’état des services de santé au Québec.

On a l’impression que seules les « urgences extrêmement urgentes » sont adéquatement traitées. Les autres attendront jusqu’au moment où ces urgences deviendront, à leur tour, extrêmement urgentes. Alors, comment s’étonner qu’une personne avec des idées suicidaires soit perçue comme une situation banale, d’autant plus qu’il s’agit peut-être d’une façon malhonnête de court-circuiter le système de rendez-vous ? Comment savoir ?

La Cour suprême a déclaré que des délais indus en matière de justice constituent un déni de justice ; au Québec, nous en sommes rendus, dans beaucoup de spécialités médicales, à une absence de soins.

— Christian Castonguay, Laval

Bientôt des bonnes nouvelles ?

Il est grandement temps d’agir ! Il y a tant de détresse et de solitude qui entourent les personnes qui souffrent de maladie mentale ! Et souvent, il y a beaucoup d’obstacles et de barrières pour les familles qui essaient d’aider du mieux qu’elles le peuvent. C’est aussi un mal souvent invisible qui, par conséquent, n’attire pas la sympathie ou l’empathie des gens. C’est très, très difficile. J’espère qu’il y aura sous peu des nouvelles qui pourront donner un peu d’espoir sur ce sujet.

— Danielle Vezeau

Courrier

Une réalité qu’il faut entendre et traiter

Merci de braquer la lumière sur le sujet de la santé mentale en ce début d’année.

Souffrant de dépression et de troubles anxieux depuis de très nombreuses années, j’en aurais long à dire sur les failles de notre système de santé. J’ai fait l’expérience de celles-ci à travers le temps et je ne peux que constater, malheureusement, la détérioration des services au fil des années.

Je suis tout à fait d’accord avec la proposition de Mme David et j’espère vivement que la nouvelle ministre acceptera l’invitation de celle-ci. Il est temps que la santé devienne un domaine qui englobe l’être humain dans son entièreté, psychologique et physique, et que l’on cesse de considérer la santé mentale comme un problème secondaire.

J’espère que vous continuerez d’aborder la santé mentale dans vos textes en 2019. Nous avons besoin de continuer à sonner l’alarme sur cette réalité jusqu’à ce qu’elle soit entendue et traitée.

— Guylaine Francoeur, Laval

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