politique

Tour d’horizon des nouvelles politiques au Québec

Parti conservateur

Oui à une déclaration de revenus unique

SAINT-HYACINTHE — Après avoir accueilli à bras ouverts l’ancien chef du Bloc québécois Michel Gauthier dans leurs rangs, les militants du Parti conservateur ont continué de courtiser les électeurs nationalistes en appuyant l’idée d’instaurer une déclaration de revenus unique pour les contribuables québécois qui serait gérée par le gouvernement du Québec.

Réunis en conseil général à Saint-Hyacinthe jusqu’à aujourd’hui, les quelque 400 militants ont aussi donné leur aval à une résolution visant à céder des pouvoirs en culture aux provinces et ils proposent de nommer à nouveau un ministre issu du Québec pour gérer le développement économique des régions de la province, entre autres choses.

Les militants continueront de se prononcer sur d’autres résolutions aujourd’hui afin de déterminer les résolutions prioritaires du Québec en prévision du congrès national conservateur, qui aura lieu à Halifax en août. Selon nos informations, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, qui doit prononcer un discours de clôture au conseil national aujourd’hui, voit d’un bon œil l’idée d’instaurer une déclaration de revenus unique pour les contribuables québécois et d’offrir au Québec davantage de pouvoirs dans le domaine de la culture.

« Le vent a tourné. Et je vous confirme que le vent souffle dans nos voiles présentement », a déclaré le député conservateur de Richmond–Arthabaska, Alain Rayes, qui est aussi le lieutenant politique d’Andrew Scheer au Québec, dans un discours aux militants.

Chose certaine, la décision de l’ancien chef bloquiste Michel Gauthier de grossir les rangs du Parti conservateur a eu l’effet d’un électrochoc au conseil national.

« Il croit aux valeurs conservatrices. Il veut un changement. Il se tourne vers l’avenir. Je pense que c’est une excellente acquisition pour nous. Mais c’est aussi un citoyen engagé avec toute sa passion. Il va communiquer ce message-là au cours des prochains mois, c’est certain », a affirmé le sénateur conservateur Claude Carignan, qui a joué un rôle dans la réflexion de Michel Gauthier.

« Il devient clairement un bon ambassadeur pour les conservateurs », a-t-il ajouté.

Le principal intéressé n’a pas tardé à acheter sa carte de membre, hier matin, et à jeter les gants afin d’attaquer sa nouvelle cible, le gouvernement libéral de Justin Trudeau, un gouvernement qui est, selon lui, viscéralement centralisateur et qui dépense sans compter.

Selon Michel Gauthier, les libéraux de Justin Trudeau sont tellement centralisateurs qu’ils sont prêts à déclencher une querelle constitutionnelle devant les tribunaux avec le gouvernement du Québec pour savoir combien de plants de marijuana on pourra faire pousser « dans les chaumières du Québec ».

M. Gauthier faisait ainsi allusion au bras de fer entre Ottawa et Québec sur la légalisation de la marijuana. Le gouvernement du Québec s’oppose farouchement à l’intention du gouvernement Trudeau de permettre de cultiver jusqu’à quatre plants de marijuana à domicile, tel qu’il est prévu dans le projet de loi C-45 qui a été adopté à la Chambre des communes en novembre dernier et qui est présentement à l’étude au Sénat.

Le bras de fer est tel qu’il pourrait se porter devant les tribunaux pour déterminer laquelle, entre la loi québécoise et la loi fédérale, aura préséance sur le territoire du Québec. À moins que le gouvernement Trudeau n’accepte des amendements à son projet de loi, ce qu’il a rejeté jusqu’ici.

« C’est tellement viscéral chez les libéraux de vouloir se chicaner constitutionnellement. On est en train de vivre quelque chose d’incroyable. On va vivre une querelle constitutionnelle entre Québec et Ottawa, deux gouvernements libéraux, sur le point extrêmement important de savoir combien de plants de pot on peut faire pousser dans les chaumières du Québec. Quand on va parler de cela, les gens vont dire qu’il est temps que l’on revienne au sérieux », a affirmé M. Gauthier.

« On est en plein emploi, en pleine prospérité économique, vos actions à la Bourse montent, mais le déficit est de 26 milliards, selon le directeur parlementaire du budget, en pleine période de prospérité. C’est de l’inconscience. Imaginez quand ça va se mettre à mal aller ! Ça va être 75 milliards, le déficit ! Quand on va parler de cela, on va pas mal moins aimer M. Trudeau ! », a ajouté M. Gauthier.

Michel Gauthier ne sera pas candidat

Il a soutenu que ces arguments allaient faire pencher la balance en faveur du Parti conservateur à l’élection partielle qui doit avoir lieu dans Chicoutimi–Le Fjord et qui pourrait être déclenchée dès aujourd’hui par le premier ministre Trudeau. Si tel devait être le cas, l’élection partielle aurait lieu le 18 juin, et Michel Gauthier entend donner un coup de main au candidat conservateur Richard Martel.

M. Gauthier ne sera pas candidat aux prochaines élections, mais il compte faire campagne activement pour donner un coup de pouce aux candidats conservateurs.

« Je suis encore capable de faire un discours. Et j’ai beaucoup d’amis au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Je suis convaincu que ce comté est prenable. Attendez qu’on ait fait le tour, vous allez voir qu’on jasera le lendemain de l’élection. Je suis convaincu qu’on va gagner Chicoutimi », a-t-il dit.

Souveraineté : les Québécois sont passés à autre chose, dit Gauthier

Devant les journalistes, Michel Gauthier a affirmé avoir fait un trait sur l’option souverainiste parce que la population québécoise est aussi passée à autre chose. « Lorsque la population n’est pas derrière un projet comme cela, il faut un jour se tourner. On n’a pas le droit de se dire non trois fois, autant au plan international qu’à l’interne. J’ai donc réalisé que même la tenue d’un référendum était devenue un argument politique pour battre le Parti québécois. Alors, tu ne peux pas marcher contre nature tout le temps. Je suis branché sur les citoyens. Je l’ai été pendant sept mandats comme député et j’ai la prétention de l’être encore même si j’étais retiré dans mes terres. Alors, je me suis dit qu’il faut que cela cesse. Et j’ai décidé de travailler positivement à doter le Québec d’un gouvernement qui répond à nos objectifs », a-t-il affirmé. M. Gauthier a aussi révélé avoir suggéré aux dirigeants du Bloc québécois, dont l’ex-chef Gilles Duceppe, après la campagne de 2006, que le parti n’avait plus sa place à Ottawa et qu’il était temps de plier bagage. Mais cette suggestion a été fort mal reçue par ses collègues. M. Gauthier a quitté la politique fédérale en 2007.

Les Québécois ne seront pas dupes, dit le NPD

Présente au début du conseil national, la députée néo-démocrate de Saint-Hyacinthe–Bagot, Brigitte Sansoucy, a soutenu que les Québécois ne seraient pas dupes. Selon elle, les conservateurs, malgré leur opération charme, ont toujours les mêmes politiques. « Je pense qu’il ne suffit pas de sourire et d’aller à Tout le monde en parle pour que, tout à coup, le Parti conservateur se transforme. Ce que je vois en Chambre tous les jours, c’est le même Parti conservateur qu’on a vu pendant les 10 ans de Stephen Harper, les mêmes positions. Encore cette semaine, c’était flagrant avec la déclaration d’un député comme quoi les femmes n’ont pas le droit de choisir et le chef ne le rabroue pas. Je le vois en environnement. […] Les Québécois et les Québécoises vont bien comprendre l’année prochaine que choisir entre les libéraux et les conservateurs, c’est choisir entre le pire et le moins pire », a-t-elle dit.

coalition avenir québec

Sept nouvelles recrues à Montréal

La Coalition avenir Québec (CAQ) fourbit ses armes pour effectuer une première percée sur l’île de Montréal aux élections du 1er octobre prochain. Alors qu’un sondage publié hier lui permet de croire « qu’il n’y a plus de château fort », le chef François Legault a présenté sept nouvelles recrues qui défendront son parti dans des circonscriptions montréalaises.

« Il n’y a plus de château fort. Qui aurait pu prévoir que le Parti libéral serait à 26 % ? Personne », a lancé le chef caquiste en marge d’un rassemblement militant lors duquel il a confirmé l’engagement de ses nouveaux candidats. M. Legault réagissait au sondage Léger – Le Devoir – Le Journal de Montréal qui le place en avance.

Le coup de sonde mené en ligne du 4 au 8 mai auprès de 1018 personnes démontre que la CAQ consolide l’appui des électeurs en recueillant 35 % de la faveur populaire, soit une hausse d’un point depuis avril.

Le PLQ perd trois points, ce qui ramène les libéraux au creux de 26 % déjà enregistré en mars dernier. Tant le Parti québécois, à 22 %, que Québec solidaire, à 10 %, voient leurs appuis stagner.

La CAQ ne cache pas, donc, son ambition de faire tomber des forteresses au prochain scrutin. M. Legault a d’ailleurs déjà annoncé la candidature de la mairesse de Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, qui, espère-t-il, remportera ce bastion péquiste de l’est de l’île. Il dit aussi croire en ses chances de faire des gains dans la communauté anglophone.

« Encore lundi soir, j’étais avec la communauté juive. J’ai eu beaucoup de rencontres avec la communauté anglophone de Montréal. On voit qu’ils se cherchent une alternative. Ils cherchent aussi à se faire rassurer sur le dossier de la souveraineté, surtout que je suis un ancien péquiste, a expliqué François Legault. Je pense que tout est possible aussi à Montréal. »

« Vedettes locales »

Au lendemain de l’annonce du saut de Marguerite Blais avec la CAQ, une candidate que François Legault a lui-même qualifiée de « rock star », le chef assure que « ça prend aussi un équilibre entre quelques vedettes connues nationalement et des vedettes plus locales », comme le sont, selon lui, les candidatures dévoilées hier.

On retrouve parmi les candidats Julie Séide (Bourassa-Sauvé), Simon Langelier (Laurier-Dorion), Vicky Michaud (Marguerite-Bourgeoys) et Marc Hétu (Marquette). Sonya Cormier, Janny Gaspard et Michelle Morin tenteront, quant à elles, de se faire élire respectivement dans les circonscriptions de Rosemont, Viau et Westmount – Saint-Louis.

La CAQ dit aussi offrir aux Montréalais des candidatures qui représentent « la diversité de la métropole ». Le chef rappelle qu’il s’est engagé à avoir la parité homme-femme au sein de son gouvernement, advenant qu’il prenne le pouvoir. Le sondage d’hier place d’ailleurs la CAQ au seuil d’un gouvernement majoritaire.

Comme il le fait depuis les derniers sondages, François Legault a joué de prudence, disant s’attendre à ce que « l’écart se resserre » d’ici la prochaine élection. « Nos deux principaux adversaires [le Parti libéral et le Parti québécois] ont fait de grosses erreurs au cours des derniers mois qu’ils pourraient corriger », a-t-il indiqué.

— Avec La Presse canadienne

Québec solidaire

Manon Massé mandatée pour devenir « première ministre »

Les délégués de Québec solidaire ont déterminé hier que la députée Manon Massé serait candidate au poste de première ministre du Québec.

« C’est avec la plus grande détermination que j’accepte le mandat que vous me donnez ce matin. Ça me fait vraiment chaud au cœur de sentir que vous êtes à côté de moi, que vous êtes là », a déclaré Mme Massé, qui a fait son discours assise, en raison d’une facture au fémur.

La députée de Sainte-Marie – Saint-Jacques s’est présentée au conseil national de son parti en béquilles ; elle traîne une blessure depuis plusieurs semaines après un grave accident de ski.

« J’ai une jambe à guérir, ça ne va pas m’effacer de l’espace public. J’ai une job à faire. »

— Manon Massé

Réunis à Québec, les militants solidaires devaient entériner la candidature de Mme Massé, mais il ne s’agissait que d’une formalité, car personne ne se présentait contre elle.

La députée a reçu 98 % de l’appui des délégués, a annoncé son collègue Amir Khadir.

« J’ai hâte d’aller me coltailler un peu avec M. Couillard, M. Legault et M. Lisée. Laissez-moi vous dire que ça va rocker », a promis Mme Massé.

Tous les Québécois

Pendant son discours, la co-porte-parole de Québec solidaire a fouetté l’ardeur de ses délégués à seulement quelques mois des élections.

« Québec solidaire n’est pas un parti montréalais. Québec solidaire, c’est le parti des Québécois et Québécoises solidaires », a-t-elle soutenu.

« Moi, je pense que Taschereau et Jean-Lesage peuvent nous envoyer deux députés solidaires de Québec », a-t-elle ajouté, faisant référence à deux circonscriptions de la région de Québec.

Ce rassemblement des instances nationales de QS est le dernier avant les élections du 1er octobre prochain.

Les délégués sont appelés à achever la préparation électorale et à discuter des dossiers prioritaires pour Québec solidaire, dont la transition énergétique.

Le fédéral investira dans les infrastructures du port de Québec

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a annoncé hier à Québec que le gouvernement fédéral investira 15,5 millions pour améliorer les infrastructures du port de la capitale nationale québécoise. Cette enveloppe financière permettra de rénover les infrastructures du secteur de l’Anse au Foulon, qui sont en place depuis près de 100 ans, du pont-levis situé dans l’estuaire du port et des quais dans les secteurs de l’Anse au Foulon et de Beauport. Selon le gouvernement, ces travaux contribueront à créer 300 emplois à temps plein. « Nous appuyons des projets qui assureront la circulation efficace des marchandises vers les marchés et des personnes vers leur destination, qui stimuleront la croissance économique, créeront des emplois de qualité pour la classe moyenne, et veilleront à ce que les réseaux de transport du Canada demeurent concurrentiels et efficaces », a déclaré le ministre Garneau dans un communiqué.

— La Presse canadienne

1,6 million

Somme que le gouvernement fédéral dépensera pour faire la promotion du Canada auprès de la presse étrangère de passage à Québec, en juin, au Sommet du G7 dans Charlevoix. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a accordé un contrat de 1,58 million à la firme montréalaise C2 International afin de concevoir un « pavillon canadien » au centre des médias.

— La Presse canadienne

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