LIVRE

Quand l’anxiété frappe les tout-petits

Les enfants ne sont pas à l’abri de l’anxiété et de la dépression, ni de la souffrance qui en découle, d’ailleurs. Comment y faire face, quand c’est de notre rejeton qu’il est question ? La psychologue Sam Cartwright-Hatton propose différentes pistes dans un nouveau livre qui se veut un guide d’accompagnement pour les parents.

« Pour chaque enfant qui s’en sort, un autre sera sujet à des accès d’anxiété ou de dépression tout au long de sa vie s’il n’est pas traité », signale la Dre Cartwright-Hatton dans son ouvrage. D’où l’importance d’agir adéquatement, et ce, aussi tôt que possible.

Mieux vivre avec un enfant déprimé ou anxieux accompagne les parents dans cette démarche en abordant, de façon pratique et en termes clairs, différents aspects de ces troubles qui se classent aux premiers rangs des maladies mentales chez les enfants.

L’ouvrage présente, dans un premier temps, les causes de ces mal-être ainsi que les différents traitements psychologiques et médicaments offerts (dont une description qui inclut les effets indésirables). Suit un éventail d’interventions possibles à la maison : les façons d’améliorer la diète et le sommeil, les stratégies qui encouragent la confiance en soi, celles qui permettent de créer un environnement rassurant pour l’enfant et de gérer ses craintes.

Un livre à lire pour s’y retrouver dans les dédales de soins et pour se donner le pouvoir de changer des choses comme parent. Bémol : l’auteure, qui enseigne en Angleterre, fait parfois référence au système de santé britannique, dans la première partie essentiellement. Le cœur de l’information et les conseils pratiques restent néanmoins à propos dans une réalité québécoise.

Mieux vivre avec un enfant déprimé ou anxieux

Sam Cartwright-Hatton

Éditions de l’Homme

208 pages

27,95 $

RECONNAÎTRE UN ENFANT ANXIEUX OU DÉPRESSIF

Un enfant qui présente l’un ou plusieurs de ces symptômes ne souffre pas forcément de dépression ou d’anxiété, au même titre qu’il peut manifester d’autres symptômes qui ne sont pas mentionnés dans ces listes. Le diagnostic d’un professionnel permettra d’y voir plus clair. Voici néanmoins quelques signes qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille.

Les symptômes d’anxiété :

• il a peur d’être éloigné de ses parents ou de les perdre ;

• il est effrayé de faire des gaffes en public et déteste être le centre d’attention ;

• il a horreur des grands rassemblements et des endroits achalandés ;

• il présente une ou plusieurs phobies ;

• il s’inquiète de beaucoup de choses, souvent ;

• il souffre de plusieurs petits maux ;

• il a de la difficulté à dormir.

Les symptômes de dépression : 

• il se sent souvent malheureux, a moins de plaisir qu’avant ou l’impression que tout est sans espoir ;

• son appétit a changé ;

• il dort plus ou moins qu’avant ;

• il se sent fatigué ou manque d’énergie ;

• il a de la difficulté à se concentrer ;

• il est plus irritable ou plus agité ;

• il pense davantage à la mort.

Du bon temps en famille

Un pique-nique, une partie de foot, un jeu de société… Peu importe l’activité choisie, l’important est surtout de se retrouver dans un contexte agréable et détendu avec l’enfant. Offrez-lui (et à vous, par la bande) ces petits moments chaque semaine.

Une saine communication

Si elle est en tout temps pertinente, elle devient primordiale lorsqu’on a affaire à un enfant anxieux ou dépressif. Évitez de lui annoncer des nouvelles désagréables à la dernière minute afin de lui donner le temps de se préparer à affronter ce qui s’annonce déplaisant. Plus l’enfant est âgé, plus on s’y prendra tôt ; dès que possible chez les plus de 11 ans.

Des pensées qui donnent confiance

Aidez-le à porter un regard positif sur la vie en adoptant vous-même ces sept pensées et en les lui transmettant : 

• le monde est un endroit sécuritaire ;

• je suis capable de gérer la plupart des situations ;

• il ne m’arrive pas souvent de malchances ;

• les choses malheureuses ne surgissent pas de façon inattendue ;

• j’exerce un certain contrôle sur les choses qui m’arrivent ;

• les gens sont plutôt gentils, en général ;

• les gens me respectent.

Cinq façons de lui redonner confiance

Créer un environnement rassurant et prévisible pour l’enfant est la première action à faire pour améliorer sa confiance en lui, souligne la psychologue, qui propose notamment ces stratégies : 

Un tête-à-tête

Le fait d’avoir du temps de qualité avec son parent fait des merveilles sur l’enfant. Réservez-lui une période de 10 minutes durant laquelle vous pourrez vous adonner à une activité qui lui plaît et qu’il aura choisie. Ce moment lui est entièrement consacré : pas de distractions (fermez votre téléphone et le téléviseur) et, surtout, chassez les critiques pour faire plutôt place au renforcement positif et aux manifestations d’affection.

Une cohérence

Une bonne coparentalité envoie le message que l’enfant est bien entouré. Entendez-vous, entre parents, sur quelques règles simples concernant son éducation et sa routine. Mieux vaut dans ce cas une liste courte et claire que le contraire. S’il est possible de travailler de concert avec d’autres adultes qui ont un rôle significatif dans sa vie – les grands-parents et les enseignants, par exemple –, c’est tant mieux. Il y a divergence d’opinions ? Place aux compromis ! L’enfant a besoin de croire qu’il a de bons parents. Des règles qui diffèrent légèrement valent mieux qu’un entourage en désaccord.

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