Tory : Repêcher Price était une décision évidente

Le directeur général et l’un des partenaires propriétaires des Americans de Tri-City, Bob Tory s’est rendu au repêchage bantam 2002 de la WHL en sachant très bien qui allait être son premier choix.

Après avoir vu jouer un Carey Price de 14 ans à Williams Lake, en Colombie-Britannique, Tory était vendu au jeune phénomène. Il n’y avait plus de doute dans sa tête que Price était le gardien que les Americans recherchaient.

Cependant, il restait à déterminer s’il allait encore être disponible au 7e rang, lorsque viendrait le temps pour Tory de s’avancer au micro pour effectuer sa sélection.

« Nous n’avions pas le 1er choix au total, mais je l’aurais pris au premier rang si j’avais pu. J’ai un peu diminué l’intérêt à son endroit en ne vantant pas trop ses qualités aux gens qui me demandaient des comparaisons avec les autres gardiens. C’était un peu comme jouer au chat et à la souris. Tu veux être certain de l’avoir » a expliqué Tory au sujet de son plan de match dans les mois précédant le repêchage. « Il était mon homme. Je ne voulais pas que personne ne le sache, car les autres équipes auraient pu nous le soutirer. Au final, tout a bien tourné pour nous et évidemment, le reste appartient à l’histoire. »

En effet. Dans les faits, Price a été le seul gardien sélectionné dans la 1ère ronde, et Tory n'aurait pu être plus heureux de s’approprier ses services.

« Pour moi, il s’agissait d’une décision évidente. Quand j’ai vu Carey dans le bantam, tu pouvais voir que le talent naturel y était ainsi que la vitesse, le physique et la concentration. » a mentionné Tory à propos de son choix. « Je voulais garder cela secret pour éviter que d’autres équipes apprennent ce que je voulais faire. J’étais vraiment excité à l’idée de le repêcher. »

Sur la glace, Tory se rappelle très bien que Price a cimenté sa place à titre de gardien partant des Americans lors des séries éliminatoires de la WHL en 2004, alors qu’il a livré une performance impeccable.

« Le plus gros moment était lorsqu’il avait 16 ans et qu’il était devant les buts face à Portland, qui étaient les favoris pour remporter cette série de premier tour. Il a pratiquement remporté la série à lui seul. Nous les avons battu 4 à 1 et c’était grâce à lui » se rappelle avec émoi Tory. « Jusqu’à ce moment, il partageait encore le filet. Il est devenu si dominant dans ces séries et s’est établi comme un vrai gardien élite dans la WHL. Nous étions confortable à chaque soir avec lui dans les buts. Ça te calmait, il était rassurant et il a aidé l’ensemble de l’équipe à se développer car même s’il était un gardien, il était l’un de nos leaders à un très jeune âge. »

Dans l’esprit de Tory, cependant, la campagne 2004-2005 en fut une charnière dans les succès de Price à long terme, pas juste avec les Americans, mais aussi pour sa carrière dans la LNH.

C’était la saison de lock-out dans la LNH et le partenaire d'affaires de Tory, le vétéran gardien Olaf Kolzig a passé du temps avec Tri-City à travailler avec Price seul à seul.

« Il est devenu très près de Carey. Il est devenu un mentor. Je crois que la présence d’Olaf a réellement aidé Carey, spécialement au niveau de l’aspect mental » a partagé Tory. « Ça lui a donné quelqu’un à qui parler, quelqu’un qui est passé par là et qui a réussi à ce niveau. Je crois que c’était un lien unique et spécial. Ça a joué beaucoup en accélérant la capacité de Carey à se rendre au prochain niveau aussi rapidement qu’il ne l’a fait. »

Lors de la saison 2006-2007, Price fut dominant entre les poteaux pour les Americans, remportant le titre de meilleur gardien de la WHL ainsi que celui de gardien de l’année dans la LCH, en plus d’aider Équipe Canada à gagner le championnat mondial junior où il a été nommé le meilleur joueur du tournoi en plus.

En plus de ses accomplissements sur la surface glacée, la façon dont Price s’est chargé de ses occupations hors glace a impressionné Tory également. Il donne du crédit à ce chapitre aux parents de Price, Jerry et Linda, qui ont élevé un humain si respectueux, soulignant que « la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre ».

« La plus grande chose est la qualité de la personne. Je ne crois pas que Carey n’ait déjà eu une mauvaise journée » a décrit Tory. « Il était vraiment intense et prenait le travail au sérieux, mais la façon dont il traitait les gens, ses coéquipiers, en plus du respect qu’il avait pour sa famille d’accueil, il était un athlète très humble qui travaillait très fort et qui était fier. »

Il a aussi laissé derrière un héritage à Kennewick, dans l’état de Washington, qui brille encore aujourd’hui.

« L’héritage qu’il a laissé est que si tu es prêt à faire les sacrifices, cela va t’aider dans le futur, autant comme joueur de hockey que comme personne » a affirmé Tory. « Nous sommes aussi une plus petite organisation junior majeure, alors nous sommes davantage comme une famille. Nous croyons qu’il est très important pour les joueurs de redonner à la communauté et d’être de bons citoyens, et je pense que Carey a aidé à établir cela. »

Toutes ces années plus tard, Tory porte toujours très attention aux efforts de Price et retire une fierté dans ses accomplissements.

« Je regarde tous les matchs que joue Montréal. Nous sommes très fiers de lui » a conclu Tory. « Tout ce qu’il a donné à cette organisation, ça a encore des répercussions même à ce jour. »

Un texte de Matt Cudzinowski, traduit par Guillaume Ouimet.

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