Banc d’essai : BMW Z4

Pour qui brille le soleil ?

Le roadster est un cabriolet biplace auquel ne succombe plus grand monde. N’eût été l’implication de Toyota et son désir de faire renaître la Supra, la Z4 telle qu’elle se présente à nous aujourd’hui n’aurait sans doute jamais vu le jour. Ç’aurait été dommage, si l’on songe aux occasions qui se présentent désormais à elle.

Banc d’essai : BMW Z4

Entre ombre et lumière

BMW Z4 M40i
prix
76 100 $
Frais de transport et de préparation
2480 $
On aime
Comportement enjoué
Freinage puissant
Version 40i
On aime moins
Pourquoi si lourde ?
Absence de boîte manuelle
Paramétrage excessif
Notre verdict
Pourquoi faire si compliqué ?

Mercedes met un terme définitif à la SLC (née SLK), tandis qu’Audi confirme que l’actuelle TT ne connaîtra pas de descendance. Alfa Romeo, de son côté, ne laisse guère planer de doute sur l’avenir de la 4C (voir le dernier onglet). Qui d’autre ? La F-Pace de Jaguar ? Celle-ci sera renouvelée au cours de la prochaine année, et si l’on prête foi à certaines indiscrétions entendues ces derniers mois dans les salons internationaux, Jaguar entend la repositionner face à des concurrentes plus coûteuses. La Corvette ? Sa dernière refonte témoigne aussi de la volonté de la marque de la positionner plus ouvertement contre des modèles plus élitistes. Il reste Porsche, qui, jusqu’ici, laisse courir la rumeur que la prochaine 718 Boxster (attendue en 2023) se convertira au tout-électrique.

Résumons-nous. Certains roadsters disparaissent, d’autres se repositionnent. Et la Z4 revient, non sans avoir fait l’objet d’une refonte complète. Et qui s’en plaindra ? La génération précédente se trouvait à des kilomètres de l’esprit roadster des années 60 avec son toit rigide escamotable, sa plastique maniérée et son comportement plutôt bourgeois.

Deux places au soleil

Sans totalement renier le modèle qui l’a devancée, la présente Z4 corrige toutefois un certain nombre d’éléments irritants. À commencer par le toit en aluminium rétractable qui cède sa place à une toile. Celle-ci, commandée électriquement, découvre et recouvre l’habitacle en 10 s et autorise cette opération en mouvement, pour peu que la Z4 circule à une vitesse inférieure à 50 km/h.

Comme souligné précédemment, l’espace disponible à bord d’un roadster est compté. La Z4, bien que plus longue qu’autrefois, n’échappe pas à cette réalité et exige, malgré la contenance accrue de son coffre, une certaine planification.

Pas question d’emporter à bord un sac de voyage un tant soit peu volumineux ni le butin amassé chez les brocanteurs rencontrés le long de la route.

Les sièges procurent un confort et un maintien agréables pour rouler sur de longues distances. La position de conduite est facile à trouver, aidée en cela par une colonne de direction qui se déplace sur deux axes et une console pas trop encombrante. Les commandes alignées à l’horizontale sont aisément identifiables et la petite casquette coiffant l’écran central légèrement incurvé se consulte facilement, même sous les rayons du soleil. La finition ne souffre d’aucune critique particulière, mais c’est froid et un tantinet trop techno (le bloc d’instrumentation est ici un bon exemple). Il manque à cet habitacle une âme et une certaine frivolité. Le roadster n’est-il pas, par définition, un modèle ludique et symbole de pureté ?

Bronzage accéléré

Bien que la Z4 et ses semblables appartiennent aujourd’hui à une catégorie sinistrée, il importe d’en conduire une, ne serait-ce qu’une seule fois. Pour la sensation de s’enfoncer dans son siège à la moindre sollicitation de l’accélérateur, de ressentir les mouvements d’engrenage de la boîte de vitesse, de goûter au plaisir de conduire, quoi ! Sans oublier, naturellement, les odeurs (retenons ici les plus agréables) de l’été.

La direction ne laisse planer aucun doute sur l’emplacement des roues avant et permet de tailler les trajectoires avec précision et de se lancer dans les courbes avec aplomb et sérénité.

Le freinage, point fort de la marque bavaroise, est d’une redoutable efficacité, d’une étonnante endurance.

Quant aux roues arrière motrices, aidées par des béquilles électroniques et des pneumatiques à roulage à plat (un peu rigides et bruyants), elles s’accrochent au bitume avec une rare ténacité par temps sec. Sur une chaussée mouillée, la motricité est bonne, pour peu que les aides à la conduite demeurent actives et que le pied droit soit moins lourd.

Le bonheur de prendre le volant de cette BMW a certes de quoi hérisser les poils des avant-bras. En revanche, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle pourrait faire encore mieux. D’abord, en étant plus légère, ce qui aurait pour conséquence de la rendre plus alerte, plus nerveuse, plus chaleureuse aussi. Et sans les trop nombreux paramétrages offerts. Un seul suffit : Sport. Celui-ci met la Z4 sous tension sans trop la pénaliser en matière de confort.

Sous le long capot s’allonge, au choix de l’acheteur, un moteur comptant quatre (250 ch) ou six cylindres (382 ch). Pour goûter pleinement aux joies de ce roadster et exploiter au mieux les ressources de son châssis, le six-cylindres est le choix à privilégier. Sa rondeur, sa sonorité et surtout sa vivacité se trouvent à mille lieues du quatre-cylindres de 2 L qui, à l’image d’une Mazda MX-5, fait paraître la Z4 sous-motorisée par moments. En revanche, la version à quatre cylindres se trouve délestée de quelque 70 kg et procure un autre genre de plaisir, exige un zeste d’anticipation supplémentaire et invite aussi à jouer davantage des palettes au volant (où est la boîte manuelle ?) pour sélectionner le rapport adéquat pour maintenir la mécanique dans sa plage d’utilisation optimale. En clair, cette déclinaison invite à une approche plus participative. N’est-ce pas l’objectif ?

Faites-nous part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Audi A4/Allroad, Ford Explorer, Jeep Gladiator, Kia Niro (EV et PHEV), Subaru BRZ et Tesla Model 3. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou si vous envisagez d’en faire l’acquisition, nous aimerions bien vous lire.

La concurrence

Les doigts d’une main suffisent pour dénombrer les principales rivales de la Z4 de BMW

Alfa Romeo 4C

Prix : à compter de 79 845 $

À défaut d’être un roadster pur jus – le toit se retire, mais la lunette et les arches qui la ceinturent demeurent en place –, la 4C d’Alfa Romeo est sans l’ombre d’un doute la plus caractérielle, la plus exotique du groupe. Et la plus contraignante aussi, avec son habitacle cintré et ses rangements minimalistes. La 4C est une voiture de puristes, voilà tout ! Elle donne le tournis sur des routes sinueuses, vous remue l’eau du ventre, mais elle se lasse (et nous aussi) des autoroutes ou des petits trajets. Plus amusante qu’une Z4, mais plus difficile à vivre au quotidien.

Audi TT Roadster

Prix : à compter de 57 900 $

La génération actuelle de la TT sera donc la dernière. Face à la Z4, la TT comporte un énorme avantage : elle profite d’un rouage à quatre roues motrices. Cet appendice la rend donc plus polyvalente et, au bout du compte, moins onéreuse (utilisation d’un second véhicule, frais d’entreposage) à posséder. Un choix rationnel, même si la TT Roadster n’offre pas un tempérament aussi sportif et aussi musclé (la version RS n’est ici offerte qu’en version coupé) que celui de sa rivale bavaroise, qui bénéficie de mécaniques plus souples et d’un freinage aux étriers pleins de dents.

Porsche 718 Boxster

Prix : à compter de 66 100 $

Une 718 Boxster peut en cacher une autre. Et une autre. Et encore une autre. Porsche ne cesse de diversifier (et de bonifier) sa gamme. Contrairement à la Z4, la 718 Boxster ne bénéficie pas d’une répartition égale des masses entre ses trains roulants, mais son implantation mécanique (central arrière) lui assure non seulement un comportement plus dynamique, mais aussi une plus grande vivacité. Et cet agrément de conduite n’en est que plus grand encore avec la Porsche, qui propose toujours une boîte manuelle à son catalogue. Et sa boîte automatique à double embrayage se montre aussi plus rapide que celle de 8 rapports proposée par BMW.

L’avis de nos lecteurs

Un pensez-y-bien

J’ai attendu la sortie de la nouvelle Z4 avant d’arrêter mon choix. Après en avoir fait l’essai et étudié les propositions du concessionnaire (financement, options, assurances), j’ai déchanté un peu. C’est très cher pour se faire aérer le toupet. L’auto ne manque pas de style et les performances sont là, mais à quoi bon, dans l’environnement actuel ? Pratiquement toutes les routes du Québec nous préviennent maintenant de la « possible » présence de radars photo. Après avoir soupesé le tout, je me suis procuré une Mini Cabriolet S à la porte d’à côté.

— Richard Legris

À quand une motorisation électrique ?

Je possède une Z4 2007 avec 244 000 km au compteur. Dotée du moteur le plus fiable chez BMW, soit le six-cylindres de 3 L (j’ai aussi une Série 1 dotée du même moteur avec 375 000 km au compteur), je peux affirmer que ce bolide s’est avéré assez fiable dans le temps (je garde un relevé très détaillé des entretiens et réparations). Je roule maintenant en Tesla et je rêve d’un roadster électrique comme ma Z4.

— Carl Blackburn

Amusante, mais coûteuse

J’ai fait l’acquisition d’une BMW Z4 2008 décapotable, il y a quatre ans. Bien sûr, c’est un véhicule amusant à conduire, mais très dur sur la suspension. Les coûts d’entretien sont pour l’instant raisonnables, on la remise l’hiver. La réparation du mécanisme du toit a coûté 1700 $, on ne se le cachera pas, les pièces et les réparations coûtent cher chez BMW. Il semblerait que ce soit un problème connu sur ces modèles. Après un certain nombre d’années, le moteur du toit tombe en panne. J’aurais préféré un mécanisme de toit manuel, un peu comme celui de la Mazda MX-5, ç’aurait été moins coûteux à réparer. Il ne faut pas oublier les pneus. On ne peut pas chausser la voiture avec n’importe quoi et ça coûte cher. Pour le reste, c’est une auto sport, amusante à conduire, et le coffre est surprenant, on peut y mettre jusqu’à cinq sacs d’épicerie. S’il fallait que je change ce véhicule, j’opterais probablement pour la Fiat 124 Spider, modèle que je trouve très bien.

— Claude Elmoznino

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.