Lecture

L’automne en strophes

Les feuilles tombent. La poésie prend d’autres couleurs. La vie en strophes, elle, continue. Sentir l’indicible, dire le sensible. Rien n’est impossible en poésie. 

L’extrait 

Une plus vaste demeure

le silence est une bête vertigineuse

comment ne plus parler

en dehors de soi

se ramasser suffisamment

sang et os

afin que le cœur

pèse le bon poids

et reprenne sa place

Le poète

Michel Pleau 

Le poète de Québec publie depuis 25 ans. Il a remporté plusieurs prix, dont celui du Gouverneur général pour La lenteur du monde en 2008 et le Prix littéraire de l’Institut canadien de Québec pour l’ensemble de son œuvre. 

Quelle poésie aimez-vous lire l’automne ?

« Au début de l’automne, j’aime lire sous l’ombre encore chaude des arbres. Ce lieu solitaire permet d’entendre le vent secret des poèmes. On lit et, tout à coup, le feuillage se met à parler. Sans oublier les racines profondes de l’arbre dont on sent la présence mystérieuse dans notre lecture. Avec le temps, j’ai appris qu’on n’a jamais fini de faire le tour d’un bon poème et que la relecture est la véritable lecture.

« Ainsi, cet automne, je veux reprendre le très beau recueil de Pierre Chatillon intitulé Le grand retour. À tout près de 80 ans, le poète de Nicolet est le plus dynamique de nos poètes ! Extraordinaire musicien (il a enregistré sept albums !), créateur de parcs littéraires, romancier, essayiste, il a publié, depuis 1968, une œuvre remarquable que je place parmi les plus importantes.

« Pierre Chatillon est notre grand poète de la lumière et du soleil. Un amoureux fou de la vie. Dans son recueil, il écrit : ‟Au lieu de m’apprêter au Grand Départ/je prépare déjà mon Retour”. Je vous souhaite de découvrir cette voix unique et totalement libre de la poésie québécoise. »

Pierre Chatillon, Le grand retour, Écrits des Forges, 2016

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