Portrait d’acheteurs

Oser une reprise de finance

Faire le bon choix, payer le juste prix : acheter une maison est à la fois stimulant et stressant. Des acheteurs se racontent.

Même s’ils vivaient déjà à la campagne dans un village de la région de Lanaudière, Junior Martin, 33 ans, et Élise Dupuis, 40 ans, voulaient s’éloigner davantage. Leur but : dénicher une maison entourée de nature, sans voisin, qui comporterait un grand terrain ainsi qu’un cours d’eau. Le défi était d’autant plus grand qu’ils ne voulaient pas payer plus de 100  000 $. Ils ont trouvé leur bonheur grâce à une reprise de finance.

Le choix

Junior et Élise ont visité plusieurs maisons dans la région, mais chaque fois, le coup de cœur n’y était pas ou… l’occasion leur filait entre les doigts. «  Nous fonctionnons beaucoup au feeling. Il a fallu un an et demi avant que tous les astres soient alignés  », raconte Élise Dupuis. Ils ont finalement opté pour une maison qui avait un grand, mais un grand besoin d’amour. « Nous avons acheté une reprise de finance à Saint-Côme, car nous savions que nous ne pourrions jamais obtenir une résidence qui correspondait à tous nos critères en bas de 100  000 $ », explique Élise Dupuis. Le couple admet qu’au bout du compte, il a payé pour quatre murs, une fosse septique, mais surtout un emplacement. « On a mis 1600 heures de travail. On a tout refait, les planchers, la plomberie, le toit, etc. On dort encore dans le salon, mais la maison est neuve et elle est à notre goût. »

Le village

Initialement, le couple connaissait le village pour son Festival Saint-Côme en glace et sa station de ski, mais sans plus. « On n’avait pas songé à cet endroit en particulier. Ce que nous voulions, c’est un village entre Joliette et Saint-Zénon pour faciliter les déplacements pour nos emplois respectifs », explique la coordonnatrice en loisirs et en milieu de vie. Leur arrivée dans un village tissé serré n’est pas passée inaperçue. « Nous sommes les parents de jumelles. Les gens savaient qui nous étions avant même que nous ouvrions la bouche. Nous étions les étrangers qui arrivent. Malgré tout, on a été bien accueillis, mais on oublie l’anonymat de la ville », exprime Élise Dupuis. Boulangerie, épicerie tout près, tranquillité et, surtout, absence de moustiques sont les autres avantages qu’a découverts la famille depuis qu’elle s’est installée au printemps dernier. « On ne voit presque pas de moustiques parce que la municipalité fait un arrosage », explique Élise Dupuis.

L’achat

Acheter une reprise de finance n’est pas toujours une mince affaire, comme ont pu le constater Élise et Junior. « Au départ, l’institution financière affichait un prix de 159  000 $. C’était beaucoup trop élevé, mais elle était inflexible », se souvient Junior Martin. Ayant déjà possédé une maison, le couple était en mesure de constater les défauts de la demeure qu’il convoitait. « Je n’ai pas de carte d’expertise, il me fallait des appuis », explique Junior Martin. Les deux futurs acheteurs ont donc réuni au même moment un inspecteur en bâtiment, un entrepreneur en construction et leur courtier immobilier, et ils ont effectué une inspection minutieuse. Le résultat a été accablant. Un rapport de 72 pages a présenté toutes les déficiences de la maison et a estimé le coût des travaux à 162  000 $. « On a présenté une offre à 69  000 $, elle a été refusée. Finalement, on a payé 75  000 $ et déboursé 60  000 $ en rénovation parce qu’on a tout fait nous-mêmes », raconte le jeune homme.

Si c’était à refaire

Le couple ne regrette pas du tout d’avoir acheté une reprise de finance. Si c’était à refaire, il ne changerait rien. Il avertit toutefois ceux qui sont tentés par l’aventure, car de tels travaux ne se font pas sans heurts. « Cela joue sur l’humeur, le couple… Il faut être prêt à le faire et réaliser que ce n’est jamais aussi rapide que l’on voudrait », dit Élise Dupuis. Les propriétaires sont aussi très heureux d’avoir eu recours aux services d’un courtier qui leur a offert maints conseils pour ce type de transaction. La leçon qu’ils retiennent de tout cela : ne jamais se sentir mal d’offrir un prix que l’on considère comme juste. « Mon conjoint était super mal à l’aise d’abaisser autant le prix, mais il ne faut pas avoir peur de négocier. Le pire que l’on peut vous dire, c’est non », estime Élise Dupuis.

LES ACHETEURS

Qui : Junior Martin et Élise Dupuis

La propriété :  Une maison sans voisin en pleine nature

Endroit :  Saint-Côme

Expérience :  2e achat

Prix d’achat : 75 000 $ (+ 60 000 $ de rénovations)

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