Mots d’enfants

Guerre froide

Chaque semaine, l’équipe de Pause vous présente des mots d’enfants captés par nos lecteurs. Des perles toutes douces ou amusantes, juste pour le plaisir de voir le monde à travers les yeux des petits !

Sophia, 6 ans, écoute discrètement sa mère parler d’une querelle qui fait en sorte que ses collègues « ne se parlent plus ». La fillette intervient, perplexe : 

« Est-ce qu’ils se font des mimes, maintenant ? »

— Envoyé par Ismaïl Trad

Défi de famille

Déménager sa famille en Inde

Annie Desjardins – 43 ans
Cédrik Ricard – 18 ans
Maxim Ricard – 15 ans
Nicola Ricard – 11 ans

Au fil des ans, une famille connaît son lot de défis. Chaque semaine, des parents racontent comment ils ont su relever un défi qui s’était présenté.

Lorsque son conjoint de l’époque s’est fait offrir une prolongation de contrat d’un an en Inde, en 2007, Annie Desjardins a décidé de tenter la grande aventure : elle a déménagé à New Delhi avec trois enfants de moins de 7 ans. 

« Comme ça faisait des mois que j’étais à la maison avec trois enfants, dont un bébé naissant, je ne pouvais pas imaginer rester seule plus longtemps, dit-elle. J’ai décidé de le rejoindre. » Son conjoint était déjà en Inde depuis quelques mois.

Les réactions de leur entourage ont été vives en raison de la réputation du pays – pauvreté, salubrité, etc. « Ma mère sait que j’ai toujours eu l’âme nomade. Elle avait peur, mais elle savait qu’on s’en sortirait. Par contre, mes amis nous trouvaient crinqués ! Ils avaient un paquet d’inquiétudes sur les enfants, l’école, la bouffe, la sécurité, les 10 heures de décalage et les moyens de communication. »

Une fois sur place, la petite famille s’est inscrite au Club Canada, un groupe exclusif aux Canadiens installés à New Delhi dans le cadre de leur travail. « On a rencontré plein de Canadiens avec qui on a échangé des adresses pour savoir où acheter de la viande traitée dans des conditions presque similaires au Québec ou connaître les produits à utiliser pour désinfecter les fruits et légumes. »

Les parents ont également profité du cercle social auquel ils avaient accès en inscrivant leurs enfants au lycée français.

« On s’est liés d’amitié avec des Français, des Allemands, des Américains et des parents de plusieurs autres nationalités qui avaient tous leurs réseaux. On s’entraidait tout le monde ensemble. Et les enfants se sont fait rapidement des amis à l’école et dans notre entourage. »

— Annie Desjardins

Tout n’était pas simple pour autant, l’Inde étant reconnue pour ses chaleurs extrêmes. « Durant notre premier été, on a observé des pointes à 58 degrés Celsius ! On passait beaucoup de temps à l’air conditionné, on buvait beaucoup d’eau et on adaptait notre alimentation pour manger plus épicé, ce qui nous aidait à combattre la chaleur. »

Les Québécois ont également eu du mal à voir les enfants quêter en sachant qu’ils ne devaient pas leur donner d’argent. « Ils sont obligés de rapporter l’argent à des adultes qui vont se droguer et se saouler avec les sous. Mon aîné nous a beaucoup questionnés sur le sujet : il était inquiet de voir des enfants qui ne pouvaient pas manger. On a dû le lui expliquer. »

Ils ont néanmoins trouvé comment donner à leur façon. « Quand on allait dans les marchés, on leur offrait de la nourriture à la place. Et lors d’un voyage dans le nord de l’Inde, on apportait du matériel scolaire pour les enfants. »

Même si les communications avec leurs proches au Québec n’étaient pas simples (les appels se faisaient très tôt le matin ou très tard le soir), les deux années passées en Inde ont marqué positivement toute la famille. « Mes enfants sont bilingues et ils possèdent une ouverture sur le monde incroyable. Ils sont ouverts à voyager, à découvrir d’autres cultures et ils sont très compréhensifs. Ils réalisent eux-mêmes à quel point l’expérience a eu un impact sur leur vie. »

La maman serait même prête à y retourner. « Si on m’offrait quelque chose là-bas, je repartirais en courant ! »

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