Formation

Étouffer le syndrome de l’imposteur

Peu après avoir obtenu le poste de directrice générale du club de plongeon CAMO, doté d’un budget d’environ 1,5 million de dollars et comptant plus de 2000 membres, Julie Vézina a ressenti le besoin de confirmer qu’elle avait ce qu’il fallait pour être gestionnaire en s’inscrivant à HEC Montréal.

Ancienne plongeuse et entraîneuse à CAMO depuis 2008, elle est devenue responsable, en juin 2015, des sites d’entraînement, du personnel, des horaires, de la programmation des cours, de la planification budgétaire et de la vision du club, en collaboration avec ses collègues et le conseil d’administration.

Des tâches qu’elle comprenait instinctivement, mais qui généraient de l’anxiété chez elle. « Quand je suis entrée en poste, je ressentais le syndrome de l’imposteur. Je savais que j’avais les instincts pour le travail, mais j’avais besoin de le confirmer. En m’inscrivant à HEC, je pensais surtout aller chercher des outils et des façons de faire pour mieux gérer, mais je peux maintenant dire que je cherchais une validation. »

À l’automne 2016, elle est tombée amoureuse de son nouvel environnement universitaire. « J’étais entourée de gens matures, qui étaient là pour apprendre. J’étais super excitée par mes cours, même si c’était difficile côté logistique, avec deux jeunes enfants. »

Dans ses cours de leadership et de gestion de projets, elle a vite confirmé l’utilité de sa créativité en gestion. 

« Comme j’avais étudié en kinésiologie, j’avais appris à suivre des protocoles, à trouver la solution unique à un problème, alors que je suis une artiste dans l’âme. En gestion, j’essayais parfois de reproduire le modèle scientifique, alors que ce n’est pas possible. »

— Julie Vézina, directrice générale de Synchro Québec

La perfectionniste en elle a compris qu’elle pouvait se tromper, faire des essais et des erreurs, et tester plusieurs manières de motiver ses troupes. « Ça m’a enlevé une tonne de pression sur les épaules. C’est sûrement mon apprentissage le plus important ! »

Julie Vézina a également approfondi ses connaissances en marketing et en ressources humaines, en plus de profiter de ses cours de psychologie en milieu de travail pour mieux se connaître, gérer son anxiété et bien encadrer ses employés. Elle a aussi perfectionné sa compréhension des états financiers et de la comptabilité. « J’avais été bien guidée par le C.A. de CAMO, mais j’avais appris sur le tas. Je sentais qu’il me fallait plus de notions de base et que je devais m’exercer avant de me lancer pour vrai dans les chiffres du club. »

À force de consolider ses acquis et sa confiance, la gestionnaire a aussi réalisé qu’il valait mieux évoluer dans un autre milieu. « J’ai constaté que je travaillais avec des gens que j’admirais énormément et qui avaient toujours été mes supérieurs. Donc, j’étais incapable de me définir comme véritable gestionnaire à CAMO. Je me voyais toujours comme la petite entraîneuse en plongeon. J’avais besoin de redéfinir mon identité professionnelle. »

En février 2017, elle est devenue la directrice générale de la fédération de nage synchronisée Synchro Québec.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.