Affaire Huawei

Ottawa respectera le processus d’extradition

L’intervention du ministre de la Justice du Canada dans le processus d’extradition de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, viendrait créer un « dangereux précédent » pouvant « mettre en danger tous les Canadiens à l’étranger », estime la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

De passage pour la énième fois à Washington hier pour tenter de trouver une façon de ratifier le nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, Mme Freeland a coupé court à l’idée qu’Ottawa pourrait mettre fin au processus d’extradition de la haute dirigeante du géant chinois des télécoms pour rebâtir les ponts diplomatiques avec la Chine.

Le Globe and Mail a rapporté hier, citant des sources anonymes, que l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, aurait évoqué l’idée que le ministre de la Justice, David Lametti, use des pouvoirs dont il est investi pour révoquer l’arrêté d’extradition afin de libérer Meng Wanzhou, comme le réclame le gouvernement chinois.

« Le Canada est un pays fidèle à ses accords internationaux, y compris les accords d’extradition. Le processus d’extradition ne doit pas être politisé. Ce n’est pas un processus politique, c’est un processus judiciaire et légal […] Les décisions ont été prises par des fonctionnaires », a expliqué la ministre Freeland, lors d’un point de presse.

« Je pense que ça peut être très dangereux pour le Canada, comme pays, mais aussi pour tous les Canadiens, de créer un précédent en changeant nos actions politiques dans un cas d’extradition à cause des pressions », a-t-elle ajouté.

Dans un courriel transmis à La Presse, M. Lametti a rappelé que le « gouvernement [avait] toujours été clair sur le fait que le Canada est un pays de primauté du droit », réitérant bien connaître les « obligations découlant des traités internationaux ». Le ministre n’a cependant pas voulu commenter le cas de Mme Meng, puisqu’il se trouve devant les tribunaux.

Le premier ministre Justin Trudeau – qui s’est fait refuser un entretien téléphonique avec Pékin en janvier dernier, a-t-on appris mercredi – a rencontré M. Chrétien il y a quelques semaines, notamment pour discuter de l’épineux enjeu de la Chine. Selon le Globe and Mail, l’ex-leader libéral se serait dit prêt à se rendre sur le sol chinois pour tenter de dénouer l’impasse.

Sa proposition de mettre un terme au processus d’extradition n’aurait pas été présentée de façon officielle au bureau du premier ministre.

« PAS UNE BONNE IDÉE »

Lawrence Cannon, ex-ministre conservateur et ancien ambassadeur du Canada à Paris, ne croit pas que s’ingérer dans le processus d’extradition soit une bonne idée.

« Avec tout le respect que j’ai envers l’ancien premier ministre, je ne pense pas que le moyen pour rétablir le dialogue avec la Chine consiste à renoncer à nos obligations en vertu de l’entente avec les États-Unis au sujet de la demande d’extradition », a-t-il expliqué. Pour l’heure, la priorité du Canada devrait être de s’affairer à rouvrir la discussion, a-t-il dit.

Il croit qu’Ottawa doit miser sur ses alliés, non seulement « pour qu’ils appuient la cause canadienne », mais également pour qu’ils agissent comme intermédiaires pour que les deux pays puissent dialoguer. « Je pense que le gouvernement […] doit trouver un véhicule autre que passer par les Américains et nos alliés pour faire pression », lance-t-il.

« SONDER » LES AMÉRICAINS

Jennifer Quaid, professeure de droit criminel à l’Université d’Ottawa, estime par ailleurs que le gouvernement Trudeau devrait « sonder » le terrain avec les Américains vers une possible porte de sortie du conflit Canada-Chine.

« Les Chinois sont très durs et je pense qu’ils savent qu’ils ne sont pas dans une position de céder », souligne-t-elle. Peu importe la décision du ministre de la Justice dans le processus d’extradition, « il y aura un prix à payer dans les deux sens », dit-elle, rappelant que le ministre est habilité à intervenir dans ce genre de procédure.

« Ce qui joue peut-être contre le gouvernement, c’est qu’il a pris une position tellement forte au sujet de la primauté du droit », explique Mme Quaid, soulignant le douloureux épisode de SNC-Lavalin cet hiver. « La possibilité pour le ministre de se désister est peut-être plus compliquée actuellement que ce devrait l’être. »

Granola et gruau

Oatbox prend d’assaut les épiceries

Après avoir conquis ses abonnés en leur livrant granola et gruau à la maison, Oatbox, qui vendait ses produits essentiellement en ligne, fait son entrée en épicerie. L’entreprise tentera de faire bonne figure dans l’industrie de la céréale où l’on semble se livrer une guerre des petits-déjeuners.

Depuis hier, les sacs de granola à la pomme croquante et ceux de gruau à saveur de matcha signés Oatbox trônent sur les étagères de tous les supermarchés Metro un peu partout au Québec. Au total, quatre variétés différentes de granola et de gruau seront vendues en exclusivité dans les magasins de la chaîne. L’offre en ligne de l’entreprise demeure la même. Oatbox a livré 300 000 boîtes déjeuners depuis sa fondation en 2014.

Pour l’entreprise montréalaise, qui compte 20 employés, cette incursion dans l’univers des grandes surfaces permettra de conquérir une clientèle moins encline à faire des achats en ligne. « Pour nous, c’est énorme, souligne Marc-Antoine Bovet, cofondateur et président d’Oatbox. Ç’a toujours été notre objectif de devenir une grosse marque de déjeuner. »

Forte concurrence

Par ailleurs, la concurrence est forte. Les rayons des épiceries présentent toute une gamme de granolas d’ici et d’ailleurs. « C’est sûr qu’il va falloir pousser fort, reconnaît M. Bovet. Oui, il y a d’autres joueurs qui sont là. »

La notoriété que la marque a acquise grâce à la vente en ligne devrait inciter plusieurs consommateurs à déposer le gruau Oatbox dans leur panier, croit M. Bovet.

La Fourmi bionique, qui offre elle aussi une grande variété de granolas, occupe une place en supermarché depuis 15 ans. La présidente et fondatrice, Geneviève Gagnon, admet qu’Oatbox se situe dans le créneau de son entreprise. « Clairement, il faut jouer des coudes pour faire sa marque, souligne Mme Gagnon. On aura à se battre sur les mêmes tablettes. On le sait qu’on s’adresse à la même clientèle. Il y a de gros joueurs et il y a de petits joueurs qui s’arrachent les parts de marché. »

Devant tant de choix, comment inciter les consommateurs à opter pour une marque en particulier pour leur petit-déjeuner ? La Fourmi bionique a procédé récemment au renouvellement de son identité visuelle afin de rendre ses emballages plus attrayants. « On sentait le besoin de se démarquer, de dégager une image de luxe », explique Geneviève Gagnon. Et l’entreprise planche déjà sur l’élaboration de toute une nouvelle gamme de produits qui devraient être offerts d’ici le début de la prochaine année.

De son côté, Oatbox a l’intention d’offrir de nouveaux mélanges destinés spécialement aux clients des supermarchés.

« Il y a toujours eu une bonne offre pour les céréales, affirme Serge Boulanger, vice-président principal des centrales d’achats et des marques privées de Metro. Maintenant, les gens prennent un virage santé. Ça va être au consommateur de faire ses choix. »

Résultats financiers

Le profit net de Loto-Québec recule de 9,6 %

Loto-Québec a affiché hier un bénéfice net en baisse de 9,6 % pour son quatrième trimestre, pendant lequel ses revenus ont diminué de 9,8 % par rapport à l’an dernier. La société d’État a réalisé un profit net de 286,1 millions pour le trimestre clos le 31 mars, ce qui se compare à un profit net de 316,4 millions pour la même période un an plus tôt. Ses revenus ont reculé à 662,7 millions, alors qu’ils avaient été de 733,7 millions un an plus tôt. Pour l’ensemble de l’exercice, les revenus totaux de Loto-Québec ont grimpé de 3,1 % par rapport à l’exercice précédent pour atteindre 2,83 milliards, tandis que le profit net annuel a progressé de 5,4 %, à 1,41 milliard. Loto-Québec verse ainsi au ministre des Finances du Québec un dividende de 1,38 milliard, une augmentation de 72,7 millions par rapport à celui de l’exercice précédent.

— La Presse canadienne

Cotes de satisfaction des entrepreneurs

La Régie du bâtiment veut dénouer l’impasse

C’est finalement par une table de travail que devrait se résoudre le différend entre l’APCHQ et Garantie de construction résidentielle concernant l’accès des consommateurs aux cotes techniques et de satisfaction de la clientèle des entrepreneurs.

La Régie du bâtiment du Québec a en effet annoncé, hier, qu’une table de travail avait été mise sur pied pour favoriser le rapprochement entre les parties. Elle réunira des associations de constructeurs, de consommateurs, des gestionnaires et Garantie de construction résidentielle, qui administre le Plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs.

Un coup de frein

Le différend entre les parties prend sa source dans l’annonce voulant qu’à compter du 6 juin, les consommateurs pourraient avoir accès aux cotes des entrepreneurs en consultant le Registre des entreprises accréditées sur l’internet.

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation (APCHQ) s’était opposée, craignant que des réputations d’entrepreneurs ne soient ainsi ternies. Garantie de construction résidentielle avait donc donné un coup de frein à la demande du ministère de l’Habitation.

Finalement, le différend sera discuté au sein de cette table de travail.

En entrevue hier, François-William Simard, vice-président aux communications de Garantie de construction résidentielle, s’est dit satisfait de l’issue. Il se dit prêt à écouter les préoccupations des entrepreneurs, mais continue de croire qu’il est dans l’intérêt des consommateurs d’avoir accès à ces cotes.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.