Nord-du-Québec

Trois morts dans un accident d’hydravion

Jacques Bissonnette allait souffler ses 70 bougies en octobre et sa famille lui préparait déjà une grande célébration. Mais le conseiller municipal de La Minerve ne verra pas l’automne. Pas plus que son ami Claude Laplante, ancien pilote septuagénaire. Les deux hommes, ainsi qu’une troisième victime, ont péri dans l’écrasement de leur hydravion près du lac Boulène, alors qu’ils se rendaient en voyage de pêche, vendredi soir.

Jacques Bissonnette était un mordu de pêche. « Il devenait [comme] un enfant quand il était question de chasse et de pêche », témoigne sa petite-fille, Marie-Soleil Perras. C’est en se rendant dans le Nord-du-Québec pour s’adonner à son activité préférée, avec trois de ses amis, qu’il a perdu la vie.

Cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas laissé tenter par une telle excursion, malgré son amour pour le plein air, raconte Mme Perras. Elle décrit l’homme de 69 ans comme une personne dévouée, passionnée et un « grand blagueur ».

Le conseiller municipal de La Minerve était apprécié des habitants de la région. Sa femme a informé un groupe Facebook de citoyens de la mort de M. Bissonnette. Les messages de condoléances ont afflué, laissant paraître le deuil de toute une communauté, en plus de celui de sa femme, de ses deux filles et de ses six petits-enfants.

Un « excellent pilote »

Claude Laplante, l’une des autres victimes, était pilote, selon un message publié sur Facebook par sa sœur, Suzanne Edward. La Presse n’a pas pu établir s’il était aux commandes de l’hydravion, de modèle Beaver. Mais sa famille se console en sachant que « si on [lui] avait demandé de choisir sa façon de partir, il aurait vraisemblablement choisi celle-ci ».

L’homme, qui allait célébrer ses 78 ans, a piloté toute sa vie et était un « excellent pilote », écrit encore la sœur de M. Laplante.

Un orage inattendu aurait causé l’écrasement, toujours selon Suzanne Edward. Du côté de la Sûreté du Québec, on ne peut pas encore indiquer avec certitude quelles ont été les circonstances de l’accident. « Une enquête a été ouverte », a fait savoir la porte-parole Anne Mathieu.

La Presse n’a pas pu confirmer l’identité de la troisième victime, un homme dans la soixantaine.

Quant au quatrième compagnon de pêche, un septuagénaire originaire de La Minerve, il a été découvert encore en vie par les équipes de recherche et transporté à Chibougamau par un hélicoptère de l’Aviation royale canadienne. Il a déjà obtenu son congé de l’hôpital et sera rencontré par des enquêteurs.

Retrouvés pendant une autre mission de recherche

Le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage de Trenton avait dépêché vendredi soir un avion Hercules après avoir reçu un signal provenant d’une balise de localisation d’urgence.

Des équipes de recherche et de secours étaient actives dans le secteur pour retrouver l’homme d’affaires québécois Stéphane Roy et son fils, portés disparus depuis jeudi, quand elles ont entendu le signal de détresse, a indiqué le capitaine Trevor Reid.

« Le signal provenait d’un peu à l’extérieur du secteur des recherches, mais les équipes ont pu le localiser », a souligné l’officier.

Des secouristes ont été parachutés à l’endroit de l’écrasement, où ils ont retrouvé les trois hommes ne montrant aucun signe vital, ainsi que le quatrième, blessé, mais vivant.

— Avec La Presse canadienne


Contrairement à ce que La Presse affirmait dans une version précédente de cet article, l'avion qui s'est écrasé était de modèle Beaver et non pas Twin Otter.

Manifestation pour l’environnement

Sit-in devant le bureau de Legault, une vingtaine de militants arrêtés

Une vingtaine de militants écologistes ont été arrêtés après avoir pris part à un sit-in de plusieurs heures devant les bureaux montréalais du premier ministre François Legault, hier après-midi. L’intervention s’est déroulée sans trop de heurts. 

L’action de désobéissance civile, menée par le mouvement Extinction Rebellion, visait à dénoncer « l’inaction » et « le pseudo-virage vert » des gouvernements. Elle s’est déroulée au terme d’une marche en plein centre-ville de Montréal.

L’occupation a bloqué la rue Sherbrooke à la circulation durant plusieurs heures, entre les rues University et Metcalfe. Une vingtaine militants, dont de nombreux « rebelles » d’Extinction Rebellion, y ont pris part. Une demi-douzaine d’entre eux étaient enchaînés les uns aux autres. « Ils ne bougeront pas tant que la police ne les y forcera pas », a indiqué une représentante après trois quarts d’heure de sit-in.

Vers 16 h, les agents du Service de police de la ville de Montréal ont donné une demi-heure aux militants pour libérer la chaussée. Une poignée de manifestants sont alors partis. Lorsque l’heure a sonné, cernées par une dizaine de policiers, les militants ont refusé de bouger, a constaté La Presse. L’équipe de médiation, composée de deux agents, n’avait pas réussi à les dissuader.

À partir de 17 h, un par un, les manifestants ont été traînés jusqu’aux fourgonnettes des forces de l’ordre par des agents du Groupe d’intervention. La plupart se sont légèrement débattus, mais l’intervention n’a mené à aucune éruption majeure de violence.

Deux militants, résistant avec force, ont été menottés avant d’être à leur tour embarqués. Les policiers ont coupé les chaînes de ceux qui étaient attachés les uns aux autres à l’aide de pinces, avant de les arrêter également. Certains avaient glissé leurs bras enchaînés dans des tuyaux de PVC pour rendre la tâche plus difficile aux policiers. Ces derniers ont eu recours à une scie pour les libérer. 

Tous les manifestants ont été relâchés hier soir. Les organisateurs parlent de 26 personnes détenues. Le SPVM a pour sa part indiqué avoir procédé à 25 arrestations, soit 13 femmes et 12 hommes, pour entrave au travail des policiers.

Attirer l’attention

« On a vu ce que les activistes d’Extinction Rebellion en France, à Paris, ont vécu comme violence policière dernièrement, disait, peu de temps avant son arrestation, la militante Charlotte Doucet, 21 ans, enchaînée à une autre militante. On est conscients du risque, mais on est prêts à le prendre. »

Pour elle et Martha, militante de 31 ans attachée à sa gauche par une lourde chaîne de métal, il faut prendre des moyens « plus radicaux » pour faire plus de pression et déranger le business as usual ici, à Montréal. 

« L’intention derrière le mouvement est d’attirer l’attention le plus possible, a dit Charlotte. Il est minuit moins une. »

Les regroupements écologiques La planète s’invite au Parlement, La planète s’invite à l’université, Extinction Rébellion et Pour le futur Montréal se sont associés hier pour cette manifestation pour exiger des actions contre le réchauffement climatique. 

Même si l’action de désobéissance a eu un impact non négligeable sur la circulation de l’une des principales artères du centre-ville, la foule durant la marche était loin d’être aussi imposante que lors de précédentes manifestations pour le climat ces derniers mois. Selon les organisateurs, 500 manifestants ont pris part à l’action qui avait débuté devant le monument à George-Étienne Cartier du parc du Mont-Royal, en début d’après-midi.

Actualités

Les funérailles de Laurent McCutcheon célébrées à Montréal

Les funérailles de Laurent McCutcheon, figure de proue de la lutte pour les droits des personnes LGBT au Québec, ont été célébrées hier à 11 h en l’église Saint-Pierre-Apôtre à Montréal.

M. McCutcheon s’est éteint le 4 juillet, à l’âge de 76 ans, après avoir reçu l’aide médicale à mourir, selon ce qu’a indiqué son conjoint Pierre Sheridan. Il était atteint d’un cancer depuis décembre 2016.

Plusieurs personnalités publiques ont assisté à la cérémonie, dont l’animateur et humoriste Dany Turcotte, les ministres Sonia LeBel et Chantal Rouleau, l’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe et l’ex-député bloquiste Réal Ménard, qui devait prononcer un éloge funèbre. M. Ménard a fait partie d’un groupe restreint d’amis du défunt, rassemblés pour une dernière fois, deux semaines avant sa mort.

« Un de nos amis avait organisé un souper avec son conjoint, moi, Dany Turcotte et j’ai eu la chance de lui parler avant qu’il décède. Il nous avait informés qu’il avait cessé ses traitements et que c’était le début de la fin », a raconté sobrement M. Ménard en entrevue à La Presse canadienne avant les funérailles.

Les deux hommes se sont connus dans les années 80 alors que Réal Ménard était attaché politique de Louise Harel. L’ancien haut fonctionnaire qu’était Laurent McCutcheon savait qu’un sommet sur la justice se préparait, lui qui amorçait alors un parcours pour défendre les droits des homosexuels et la diversité des genres qui s’est finalement étendu sur plus de 35 ans.

« confrère d’armes »

Pour Réal Ménard, il ne fait aucun doute que le style de son « confrère d’armes », un habile communicateur qui savait utiliser son réseau de contacts, a permis au mouvement d’opérer un virage à la fin des années 80 et au début des années 90.

« Il y avait une mouvance dans la communauté qui était plus près d’acteurs et de gens qui ne voulaient pas qu’il y ait de collaboration avec les gouvernements, qui étaient dans une attitude de confrontation et de revendications. Ils se méfiaient beaucoup des pouvoirs publics », s’est souvenu M. Ménard.

« Laurent, je pense que son héritage a été d’inverser ce mouvement, particulièrement dans ces années-là, où on était dans des revendications pour des changements législatifs. » 

« Laurent était à la fois capable d’être stratège, crédible dans ses interventions auprès des gouvernements et capable de passer très habilement et efficacement un message quand il était au micro. »

— Réal Ménard, ancien député du Bloc québécois et ami de Laurent McCutcheon

« Il était très apprécié et reconnu par l’ensemble des partis politiques et des pouvoirs publics, et c’est comme ça qu’on a enfilé une série de victoires sur une quinzaine d’années, que ce soit des modifications à la loi canadienne des droits de la personne ou l’adoption », a ajouté M. Ménard.

Un parcours impressionnant

Dans les médias, Laurent McCutcheon ne se vantait pas de ses bons coups, malgré des états de service impressionnants. Laurent McCutcheon a été président de Gai Écoute de 1982 à 2013. Il a mis sur pied la Fondation Émergence, qui favorise l’inclusion sociale des personnes homosexuelles, et contribué à créer la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

En 2007, il a reçu le Prix Droits et Libertés de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et, en 2010, le Prix de la Justice du Québec, la plus haute distinction au Québec dans le monde de la justice.

Il était membre du Conseil de l’Ordre de Montréal depuis 2017 et était devenu, plus récemment, vice-président de l’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité.

Actualités

Maniwaki frappé par un séisme de 4,0

Un séisme de magnitude de 4,0 a été ressenti hier après-midi dans les Laurentides, a indiqué Séismes Canada sur son site internet. Le séisme s’est produit vers 13 h 56 à 70 km au nord-ouest de Maniwaki. Selon Séismes Canada, le tremblement de terre a été « légèrement ressenti » à Maniwaki et à Mont-Laurier. Aucun dégât n’a été rapporté. En janvier, la région avait été frappée par un séisme d’une magnitude de 3,3, selon Séismes Canada. Il s’agit du plus fort séisme à toucher le Québec depuis 28 décembre 2017, lorsqu’un tremblement de terre d’une magnitude de 4,1 avait secoué le secteur de Mont-Laurier. Sur son site, Séismes Canada rappelle que « l’est du Canada est situé dans une région continentale stable de la plaque de l’Amérique du Nord, entraînant par conséquent une activité sismique relativement faible. Néanmoins, des séismes dévastateurs de forte magnitude s’y sont produits dans le passé et se produiront inévitablement dans l’avenir ». — La Presse canadienne

Disparition en hélicoptère du président de savoura

Les recherches pour trouver Stéphane Roy se poursuivent

Les recherches aériennes ont repris hier pour retrouver le président des Serres Savoura, Stéphane Roy, et son fils de 14 ans, disparus lors d’un vol en hélicoptère il y a trois jours. Ce sont les Forces armées canadiennes qui coordonnent les recherches aériennes, auxquelles collaborent notamment la Sûreté du Québec (SQ) et d’autres organisations. « La superficie totale du secteur où s’effectuent les recherches est d’environ 20 000 km2. Cela dit, les appareils suivent les trajets qu’aurait pu emprunter [l’hélicoptère de M. Roy], a dit le capitaine Trevor Reid. Cela réduit la zone des recherches. » Stéphane Roy et son fils avaient décollé de la municipalité de Lac-De La Bidière, dans les Hautes-Laurentides, à l’ouest de La Tuque, mercredi dernier vers midi et demi, dans le cadre d’un voyage de pêche. Ils devaient se rendre à Sainte-Sophie, dans la couronne nord de Montréal. À ce jour, les autorités n’ont trouvé aucune trace de l’hélicoptère R44 piloté par M. Roy, un pilote d’expérience, selon la direction de son entreprise. 

— La Presse canadienne

Actualités

Fin de la grève à la TÉLUQ

En grève depuis la fin janvier, les tuteurs de TÉLUQ, l’ancienne Télé-Université, ont accepté vendredi soir les recommandations du conciliateur, a annoncé le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université, affilié à la CSN. Les membres du syndicat ont entériné les recommandations dans une proportion de 62 % lors d’une assemblée générale. Dans un communiqué de presse, hier, le syndicat indique que l’entente permettra d’encadrer plusieurs enjeux jugés « cruciaux » comme la rémunération et la sous-traitance et qu’elle établira également des balises pour protéger les emplois des tuteurs. Plus tôt vendredi, le conseil d’administration de TÉLUQ avait approuvé l’entente. Les tuteurs seront de retour au travail en début de semaine prochaine. Les informations pour les étudiants au sujet de la correction des travaux et examens en attente et de la réouverture des inscriptions seront disponibles sur le site web de l’Université (teluq.ca) au cours de la journée de mardi. La nouvelle convention collective prendra fin en 2024. — La Presse canadienne

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