VIRÉE DES GALERIES

En bref

Casques du Canadien pour la cause

Dix casques de hockey portés par des joueurs du Canadien de Montréal et peints par des artistes sont exposés à la galerie Station 16 jusqu’au 15 novembre, date à laquelle ils seront vendus au profit des Impatients, l’organisme qui vient en aide depuis 1992 aux personnes ayant des problèmes de santé mentale en les éveillant à l’art lors d’ateliers. Les artistes qui ont peint les casques sont Stikki Peaches, Whatisadam, Jason Botkin, Ryan Labrosse, Éric Clément, Jason Wasserman, MC Baldassari, Jeremy Shantz, François Arès et Steven Spazuk. Ces casques, qui protègent les joueurs des chocs, rappellent que plus d’un Québécois sur cinq est touché par des problèmes de santé mentale au cours de sa vie. 

Nos belles têtes, à la galerie Station 16 (3523, boulevard Saint-Laurent, Montréal), jusqu’au 15 novembre

Lisa Jackson

Après New York, Vancouver et Toronto, l’œuvre interactive Biidaaban : Première lueur, de Lisa Jackson, est présentée pour la première fois en version française et gratuitement, dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), par l’Office national du film. L’œuvre de réalité virtuelle comprend également des dialogues dans les langues des Premières Nations wendat, kanien’kehá:ka (Mohawks) et anichinabé (ojibwé). Lisa Jackson sera présente pour une projection guidée de l’œuvre, dimanche à 20 h.

Biidaaban : Première lueur, de Lisa Jackson, aux RIDM, du 9 au 17 novembre, à la Cinémathèque québécoise (335, boulevard De Maisonneuve Est)

Cicatrix imprimé

La galerie de l’Atelier circulaire propose, à partir de demain et jusqu’au 15 décembre, Cicatrix imprimé, une expo itinérante qui commémore les 100 ans de la fin de la Première Guerre mondiale. Avec les œuvres de six femmes artistes du Commonwealth : Henny Burnett, Susan Francis et Prudence Maltby (Royaume-Uni), Sophie Cape (Australie), Catherine Farish (Canada) et Caro Williams (Nouvelle-Zélande). Cicatrix imprimé explore les liens entre l’histoire et le paysage en s’inspirant du passé de Salisbury Plain, en Angleterre, lieu de vestiges tant du néolithique que de l’époque de la Première Guerre mondiale. Les artistes seront présentes au vernissage, demain dès 17 h 30.

Cicatrix imprimé, à la galerie de l’Atelier circulaire (5445, avenue de Gaspé, espace 105, Montréal)

Caroline Hayeur et D. Kimm

Élégance laotienne

Dans le cadre du festival Phénomena, Caroline Hayeur et D. Kimm ont créé une exposition poétique, somptueuse, ludique et extravagante avec une vingtaine de portraits de femmes laotiennes de Montréal. Un hommage à une communauté bien intégrée au Québec et une ode à l’élégance naturelle.

La photographe Caroline Hayeur et l’artiste interdisciplinaire D. Kimm ont déjà collaboré en 2014 pour une exposition de « tableaux vivants » avec des femmes haïtiennes. Aimant rencontrer des femmes immigrées pour des projets de médiation culturelle, elles refont une expérience dans le même esprit, cette année, avec des femmes laotiennes. Une façon de faire connaître une communauté bien implantée à Montréal. 

Présentée à la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal, l’exposition Portrait de femmes laotiennes sur paysages imaginés comprend 21 photographies dans lesquelles les femmes posent devant des paysages variés issus d’une banque d’images.

Ces femmes ont été choisies parmi les membres de la Coopérative d’habitation Santisouk et de l’Association des femmes laotiennes du Québec. Les deux artistes ont ensuite laissé ces femmes choisir les vêtements qu’elles souhaitaient porter et le décor dans lequel elles voulaient figurer.

Rencontrer l’autre

Caroline Hayeur et D. Kimm aiment ce genre de projet où l’art prend autant de place que la rencontre de l’autre. Elles expliquent que les femmes laotiennes ont participé avec bonheur à la séance de photographie dans l’atelier de D. Kimm, fondatrice de Phénomena et de la compagnie de création Les Filles électriques.

« Pour ces femmes, c’était un événement, dit-elle. Le maquillage, les enfants qui étaient présents, les maris venus voir ça. Elles avaient apporté un lunch laotien. C’était très beau et très communautaire. »

Les portraits sont très colorés grâce à la luxuriance des vêtements, souvent des costumes traditionnels laotiens, mais pas toujours, car l’idée n’était pas de rendre hommage à tout prix à leur culture d’origine. 

Plusieurs de ces femmes sont arrivées au Québec dans les années 70 et 80, fuyant les soubresauts politiques du Laos (bombardement des Américains, guerre civile, puis installation d’un régime marxiste-léniniste à partir de 1975). D’autres femmes, plus jeunes, sont nées ici et souhaitent incarner une modernité imprégnée de traditions laotiennes. 

« Toutes ces femmes sont des travailleuses, dit D. Kimm. Elles ne viennent pas de la bourgeoisie. Elles ont aimé participer au projet, combiner une part de traditionnel à leur imagination propre. Notre idée était d’abord qu’elles soient belles. » 

Et c’est vrai qu’elles sont belles, ces femmes laotiennes. Toutes ont belle allure. Une allure distinguée et fière. Et une sorte d’élégance naturelle. 

Après les femmes laotiennes, Caroline Hayeur et D. Kimm aimeraient rencontrer des femmes autochtones. Tout un défi, mais elles pensent qu’il s’agit avant tout de faire preuve de doigté, comme elles l’ont fait pour leur corpus Abrazo (sur le milieu du tango à Montréal et à Buenos Aires). 

« Avec ces photos de femmes laotiennes, on veut montrer qu’on peut faire des choses poétiques sans appropriation culturelle, dit D. Kimm. En allant chercher les personnes avec humour et respect. Comme on l’a fait pour Abrazo. En s’intégrant dans le milieu, en étant en connexion avec ces femmes, tellement heureuses de participer. » 

« Moi, je n’ai jamais pensé à ça, l’appropriation culturelle, ajoute Caroline Hayeur. Faisant du documentaire, est-ce que chaque fois que je vais faire une photo, ce sera de l’appropriation culturelle ? Moi, je rencontre les gens, j’échange avec eux. Je partage du bonheur. C’est ça qui est intéressant. » 

Portrait de femmes laotiennes sur paysages imaginés, de Caroline Hayeur et de D. Kimm, à la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal (465, avenue du Mont-Royal Est, Montréal)

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