Partir à l’aventure

Un autre genre de retraite

Parcours à vélo, voyage en famille, expédition solo… tout au long de l’été, Débats vous présente différents récits d’aventure. Aujourd’hui, Daniel Trépanier raconte avoir tout vendu pour partir à l’aventure en sac à dos… à 69 ans !

Voilà bientôt deux ans que je voyage sur différents continents en solo avec un sac à dos. La décision s’est prise en prenant ma retraite à 69 ans après avoir œuvré dans le domaine de l’immobilier au Québec. 

On dit qu’on est à la bonne place lorsqu’on n’a jamais envie de regarder en arrière. C’est mon cas. Depuis le début du voyage, j’ai passé pas mal de temps en Europe, j’ai aussi visité quelques pays en Amérique du Sud et centrale. Je vais bientôt quitter l’Afrique après avoir visité l’est du continent pendant près de sept mois : le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda et, depuis plus de trois mois, Kigali, capitale du Rwanda très propre, prospère, accueillante et sécuritaire. 

Ce long séjour m’a permis de constater à quel point les informations qui sont transmises dans le monde occidental à propos de l’Afrique ne reflètent pas nécessairement la réalité. Ma perception a beaucoup changé : évidemment, la culture africaine est très différente de celle du monde occidental, mais ce n’est pas dangereux comme on le prétend. On est très bien accueillis et respectés. 

Je compte poursuivre mon périple autour du monde pendant les prochaines années. J’ai la chance de jouir d’une excellente santé et je crois que c’est un prérequis, autant de déplacements sur une longue période nécessitant une bonne forme physique et de la résistance. Je me suis même permis de faire le pèlerinage de Compostelle en marchant entre Porto au Portugal et Santiago en Espagne, un parcours de 300 kilomètres. 

Un court séjour au Québec est prévu bientôt pour voir la famille, les enfants. Ensuite, ce sera l’Asie pour une année environ et l’Amérique du Sud pour une autre année aussi. Je me suis donc mis à l’apprentissage de l’espagnol en prévision de ce périple. 

Ce long voyage solo n’a absolument rien à voir avec les voyages de touriste que j’ai faits par le passé. 

Dans presque tous les pays que j’ai visités jusqu’à maintenant, soit une vingtaine, je me suis porté volontaire pour effectuer des travaux de toutes sortes en échange de l’hébergement et de repas. Cette façon de faire procure deux grands avantages : le premier est de réduire beaucoup les dépenses, ce qui me permet de voyager avec un budget somme toute assez raisonnable. Le deuxième, qui n’est pas négligeable, est de pouvoir vivre avec les populations locales. Vivre parmi elles permet de mieux les connaître, de connaître leur culture. Et de me faire des amis partout dans le monde. 

Ayant tout vendu avant mon départ du Québec (maison, meubles, auto, etc.), tous mes biens sont dans mon sac à dos. Cela permet une liberté totale de bouger où je veux, sans soucis et sans stress. 

Les réactions dans mon entourage ou chez les personnes que je rencontre sont assez variées. En général, on me dit que c’est inspirant et les gens sont plutôt admiratifs. Parfois, on me parle d’audace et de courage. Je ne suis pas certain que ce soit vraiment le cas, puisqu’il s’agit en réalité d’avoir la motivation de réaliser ses rêves. Le reste se fait assez facilement, beaucoup plus qu’on peut le penser.

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