Essence

Deuxième hausse en quatre jours

Le prix de l’essence a bondi pour la deuxième fois en quatre jours sur l’île de Montréal et à Laval, hier matin. La hausse s'est élevée à environ 0,10 $ du prix du litre de carburant ordinaire à certains endroits pour atteindre 1,44 $. En fin d’après-midi, jeudi, plusieurs postes d’essence affichaient un prix de 1,35 $ pour un litre d’ordinaire. — La Presse canadienne

Pétrole

Dur retour à l’équilibre de l’offre et de la demande

Les prix du pétrole ont atteint cette semaine leur niveau le plus élevé depuis la fin de 2014 et cette remontée marque le retour de l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché. Explications.

Tensions géopolitiques

Cette semaine seulement, le prix du baril de brut de référence en Amérique du Nord, le WTI (West Texas Intermediate), a bondi de 8,6 % et fini la journée hier à 67,39 $US. Le Brent, prix de référence ailleurs dans le monde, a passé le cap des 70 $US le baril, en hausse de plus de 8 % en une semaine.

La tendance à la hausse du prix du pétrole depuis un an a été accélérée par le fait que les marchés n’apprécient pas du tout la possibilité de frappes américaines en Syrie et le durcissement de la position des États-Unis envers l’Iran, explique Matthieu d’Anjou, économiste de Desjardins.

Ces tensions géopolitiques ont pris le dessus sur le risque d’une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, qui pourrait briser l’élan de la croissance économique mondiale et qui pesait sur le prix du pétrole.

Diminution de l’offre

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui s’étaient entendus à la fin de 2016 pour limiter leur production afin de réduire le déséquilibre entre l’offre et la demande, semblent avoir gagné leur pari. L’Agence internationale de l’énergie a constaté, hier, que les réserves de pétrole des pays industrialisés sont en recul et ont atteint leur plus bas niveau depuis 2015, ce qui permet aux prix de remonter.

Les efforts de l’OPEP, l’Arabie saoudite en tête, ont été appuyés par la réduction involontaire de la production d’un autre membre du cartel, le Venezuela, où la crise économique et politique a fait chuter la production de pétrole et contribué à réduire l’offre de pétrole.

Le monde n’est donc plus inondé de pétrole, malgré la hausse de la production américaine, qui atteint des records.

Croissance économique

La hausse des prix du pétrole s’appuie aussi sur la croissance économique mondiale, qui s’est accélérée et s’est généralisée. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande de pétrole devrait encore augmenter de 1,5 million de barils par jour en 2018.

« La demande croît à un très bon rythme, estime l’économiste de Desjardins, qui précise que l’appétit pour le pétrole vient surtout des économies émergentes. Il n’y a à peu près pas de croissance dans les pays de l’OCDE. »

Desjardins, qui prévoyait que le prix moyen du baril de pétrole serait de 60 $US en 2018, a révisé à la hausse sa cible, à 63 $US.

Pendant ce temps, à la pompe…

Tous les automobilistes le savent, la hausse du prix du brut commence à se répercuter à la pompe. Le prix de l’essence est à un niveau jamais atteint depuis 2014, et le choc est parfois brutal.

À Montréal, le prix à la pompe fait souvent des bonds soudains et inexplicables. Ç’a été le cas hier, alors que le litre d’essence s’affichait à 10 cents de plus que la veille. Selon CAA-Québec, le prix de 1,44 $ le litre affiché hier par certaines stations-service n’est pas justifié par l’augmentation du prix du brut ou des autres composantes du prix de détail.

Selon la Régie de l’énergie, qui surveille les prix au jour le jour, la principale cause de la hausse d’hier est l’augmentation de la marge des détaillants, qui est passée de 7,1 cents le litre à 12,5 cents le litre pendant la nuit.

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