Secteur minier

Barrick retire son offre sur Newmont pour mieux s’en rapprocher

Le géant mondial de l’or, le canadien Barrick Gold, a retiré son offre publique d’achat hostile sur le numéro deux du secteur, l’américain Newmont Mining, les deux groupes annonçant s’être entendus pour exploiter en commun leurs riches gisements dans le Nevada.

Barrick et Newmont ont ainsi fait part de la création prochaine d’une coentreprise regroupant leurs principaux actifs dans le Nevada, dans l’Ouest américain, et appelée à devenir « le plus grand producteur d’or au monde », selon un communiqué commun.

« Nous éliminons finalement les barrières pour fonctionner au Nevada comme une seule entité, de façon à maximiser pleinement l’avoir de nos actionnaires, tout comme celui de nos partenaires dans l’État, en assurant l’avenir à long terme de l’exploitation aurifère au Nevada », a dit Mark Bristow, PDG de Barrick.

« Nous avons écouté nos actionnaires et conclu qu’il s’agit de la meilleure façon de mettre en valeur l’énorme potentiel des gisements d’or inégalés du Nevada et de maximiser le retour sur investissement de nos opérations là-bas », a-t-il ajouté dans le communiqué.

Le canadien et l’américain possèdent au Nevada leurs principaux gisements, voisins ou très rapprochés les uns des autres, et cet État est réputé être le district aurifère le plus prometteur de la planète.

La nouvelle entité doit voir le jour « dans les prochains mois » après le feu vert des autorités de régulation. Avec une production pro forma de plus de 4 millions d’onces d’or en 2018, elle regroupera trois gisements de taille mondiale, peut-être même un quatrième, et disposera de réserves estimées à 48 millions d’onces, ont indiqué les partenaires.

Elle sera détenue à 61,5 % par Barrick, le reste par Newmont, et permettra de réaliser des économies d’échelle de 500 millions US par an, avant impôts, dans les cinq années suivant sa création. Les synergies doivent atteindre 5 milliards US sur 20 ans.

Une offre d’achat hostile

Cet « accord historique » survient un peu plus de deux semaines après le lancement par Barrick d’une offre publique d’achat (OPA) hostile sur Newmont, valorisant ce dernier à environ 18 milliards de dollars.

Newmont avait rejeté cette proposition en actions, réitérant plutôt sa propre offre d’achat sur un autre grand acteur du secteur, le canadien Goldcorp, pour environ 10 milliards US.

Goldcorp s’est félicité hier du mariage annoncé des actifs de Barrick et Newmont au Nevada, affirmant soutenir « entièrement » la création de la nouvelle entité dans un communiqué séparé.

Goldcorp continue par ailleurs de recommander à ses actionnaires de voter en faveur de l’offre de rachat que Newmont lui a présentée en janvier, lors d’un vote prévu le 4 avril. L’acquisition de Goldcorp permettrait à Newmont de détrôner Barrick au premier rang mondial du secteur.

Barrick et Newmont ont souvent cherché à fusionner dans le passé, la dernière tentative remontant à 2014. L’opération avait alors échoué au dernier moment car les deux géants n’étaient pas parvenus à s’entendre sur la gouvernance de la nouvelle entité et sur la localisation du siège social.

Les deux groupes ont plusieurs actionnaires en commun et la semaine dernière, l’un d’entre eux, Van Eck International Investors Gold Fund, premier actionnaire de Barrick et troisième de Newmont, les a exhortés à travailler ensemble au Nevada, selon le quotidien The Globe and Mail.

Ces grandes manœuvres accentuent le mouvement de consolidation en cours dans l’industrie aurifère, alors que les gisements à forte teneur se font plus rares et que les coûts d’exploration augmentent.

En décembre, Barrick avait ainsi avalé son concurrent britannique Rangold.

L’initiative de Barrick a été saluée par les investisseurs, l’action du groupe progressant de 2 % à la Bourse de New York, à 13,18 $US, tandis que celle de Newmont baissait de 27 cents US (- 0,8 %), à 33,35 $US.

Revue boursière

Wall Street aidée par les technos

La Bourse de New York a terminé en nette hausse hier malgré le repli de Boeing, le marché se réjouissant de données solides sur la consommation aux États-Unis et profitant de la dynamique de plusieurs poids lourds de la tech. L’indice Dow Jones a gagné 0,8 % et le NASDAQ s’est pour sa part apprécié de 2 %.

Bourse

Les jeans Levi’s veulent lever jusqu’à 587 millions US

Les jeans Levi’s, qui avaient annoncé en février leur intention de revenir en Bourse 34 ans après avoir claqué la porte de Wall Street, comptent récolter jusqu’à 587 millions US lors de cette opération, selon des documents financiers publiés hier. Le groupe, fondé à San Francisco en 1853 par Levi Strauss, souhaite mettre en vente 36,7 millions d’actions au total, à un prix compris entre 14 et 16 $US l’unité. Cela valoriserait l’entreprise entre 5,4 et 6,2 milliards US. Levi Strauss avait connu un premier baptême boursier en 1971, mais avait quitté Wall Street en 1985 par un « LBO » (rachat par endettement), orchestré par la famille du fondateur Levi Strauss. — Agence France-Presse

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